Paix de
Lunéville entre la France et l'Autriche
Le 9 février 1801, la République française signe à
Lunéville un traité de paix avec l'Autriche.
Faisant fi du traité de Campoformio (1797) qui mettait fin à une première coalition
contre la France révolutionnaire, l'empereur François II en avait formé une deuxième
avec la Russie et l'Angleterre.
La coalition remporte quelques succès qui font craindre le pire aux Français.
Le général Bonaparte rentre alors d'Egypte, renverse le Directoire et devient Premier
consul. Il bat les Autrichiens à Marengo, en Italie.
Les Autrichiens entament des négociations à Lunéville. Mais ils hésitent à signer la
paix sans l'Angleterre... jusqu'au moment où le général Moreau bat leur armée à Hohenlinden, en Bavière, et menace Vienne.
Le traité de Lunéville confirme à la France la possession de la Belgique et de la rive
gauche du Rhin. Le dogme révolutionnaire des frontières naturelles devient une
réalité, au risque de rompre l'équilibre des forces en Europe continentale.
La France récupère aussi la Louisiane (pour quelques
mois).
L'Autriche reconnaît la République batave (Pays-Bas) ainsi que la République helvétique.
En Italie, elle est évincée et reconnaît l'indépendance des républiques Cisalpine
(Piémont) et Ligurienne (Gênes), inféodées de fait à la France. La Toscane est
livrée à un prince de Bourbon-Parme.
Bonaparte, fort de ce succès qui consolide le nouveau régime du Consulat, tourne
ses regards vers l'Angleterre, ultime ennemie de la France.
Il ambitionne de recréer à ses dépens un grand empire colonial en Amérique. Après la
récupération de la Louisiane, il envoie un puissant corps expéditionnaire à Haïti,
une colonie française devenue indépendante.
Mais l'échec du général Kléber en Egypte et celui,
plus retentissant encore, du général Leclerc à Haïti
vont porter un coup dur à ces ambitions.
En Russie, le tsar Paul 1er, grand admirateur du Premier consul, menace de se retirer à
son tour, après l'Autriche, de la deuxième coalition. Il est opportunément assassiné,
avec la complicité de l'Angleterre. Son fils, Alexandre 1er, bien que décidé à
poursuivre la lutte, se retire de la coalition le 8 octobre 1801.
L'Angleterre, isolée, est menacée d'asphyxie économique du fait de l'établissement de
très strictes frontières douanières sur le continent européen.
Le gouvernement du jeune Pitt, inflexible, doit céder la place à un gouvernement plus
conciliant qui ouvre à Londres, le 1er octobre 1801, des préliminaires de paix avec la
France.
La paix sera signée à Amiens le 25 mars 1802. En apparence victorieuse sur tous
les théâtres d'opérations européens, la France du Consulat paraît en mesure d'offrir
une paix durable au continent.
Illusion... Avant la formation d'une troisième coalition, Bonaparte aura tout juste le
temps d'installer l'Empire.