9 février 1801

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Paix de Lunéville entre la France et l'Autriche

Le 9 février 1801, la République française signe à Lunéville un traité de paix avec l'Autriche.

Faisant fi du traité de Campoformio (1797) qui mettait fin à une première coalition contre la France révolutionnaire, l'empereur François II en avait formé une deuxième avec la Russie et l'Angleterre.

La coalition remporte quelques succès qui font craindre le pire aux Français.

Le général Bonaparte rentre alors d'Egypte, renverse le Directoire et devient Premier consul. Il bat les Autrichiens à Marengo, en Italie.

Les Autrichiens entament des négociations à Lunéville. Mais ils hésitent à signer la paix sans l'Angleterre... jusqu'au moment où le général Moreau bat leur armée à Hohenlinden, en Bavière, et menace Vienne.

Le traité de Lunéville confirme à la France la possession de la Belgique et de la rive gauche du Rhin. Le dogme révolutionnaire des frontières naturelles devient une réalité, au risque de rompre l'équilibre des forces en Europe continentale.

La France récupère aussi la Louisiane (pour quelques mois).

L'Autriche reconnaît la République batave (Pays-Bas) ainsi que la République helvétique.

En Italie, elle est évincée et reconnaît l'indépendance des républiques Cisalpine (Piémont) et Ligurienne (Gênes), inféodées de fait à la France. La Toscane est livrée à un prince de Bourbon-Parme.

Bonaparte, fort de ce succès qui consolide le nouveau régime du Consulat, tourne ses regards vers l'Angleterre, ultime ennemie de la France.

Il ambitionne de recréer à ses dépens un grand empire colonial en Amérique. Après la récupération de la Louisiane, il envoie un puissant corps expéditionnaire à Haïti, une colonie française devenue indépendante.

Mais l'échec du général Kléber en Egypte et celui, plus retentissant encore, du général Leclerc à Haïti vont porter un coup dur à ces ambitions.

En Russie, le tsar Paul 1er, grand admirateur du Premier consul, menace de se retirer à son tour, après l'Autriche, de la deuxième coalition. Il est opportunément assassiné, avec la complicité de l'Angleterre. Son fils, Alexandre 1er, bien que décidé à poursuivre la lutte, se retire de la coalition le 8 octobre 1801.

L'Angleterre, isolée, est menacée d'asphyxie économique du fait de l'établissement de très strictes frontières douanières sur le continent européen.

Le gouvernement du jeune Pitt, inflexible, doit céder la place à un gouvernement plus conciliant qui ouvre à Londres, le 1er octobre 1801, des préliminaires de paix avec la France. 

La paix sera signée à Amiens le 25 mars 1802. En apparence victorieuse sur tous   les théâtres d'opérations européens, la France du Consulat paraît en mesure d'offrir une paix durable au continent.

Illusion... Avant la formation d'une troisième coalition, Bonaparte aura tout juste le temps d'installer l'Empire.  

 

Mise à jour le 24 février 2003