21 novembre 1916

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Charles 1er échoue à faire la paix

Le 21 novembre 1916, en pleine guerre mondiale, s'éteint le vieil empereur d'Autriche, François-Joseph 1er.

Monté sur le trône après les révolutions libérales de 1848, il a rénové le vieil empire et l'a transformé en une double monarchie austro-hongroise.

Le long règne de cet empereur aux célèbres bacchantes a été jalonné par d'immenses tragédies personnelles. D'abord le suicide de son fils Rodolphe dans le pavillon de Mayerling puis l'assassinat à Genève de son épouse Élisabeth (Sissi).

Apprenant l'assassinat à Sarajevo, le 28 juin 1914, de l'archiduc François-Ferdinand et de sa femme Sophie, «rien ne m'aura donc été épargné», murmure d'un ton las le vieil empereur. Il ne sait pas à ce moment-là que le pire est à venir avec l'entrée de l'Europe dans la Grande Guerre.

Son successeur, Charles 1er, se montre très vite désireux de sortir son pays du conflit qui l'entraîne vers sa perte. Par son mariage avec la duchesse Zita de Bourbon-Parme, il est très proche des milieux français.

Les deux frères de sa femme, Sixte et Xavier, se sont eux-mêmes engagés dans l'armée belge dès le début de la guerre après avoir été rejetés par les Français en raison de leurs liens familiaux avec l'ancienne dynastie des Bourbons.

Pendant l'année 1917, Charles 1er entame donc des pourparlers secrets avec l'Entente franco-anglaise en vue de conclure une paix séparée. Il utilise pour cela les services de son beau-frère Sixte de Bourbon-Parme.

Ces pourparlers échouent en raison de la haine que vouent nombre de dirigeants occidentaux à la dynastie des Habsbourg (au premier rang desquels figure Georges Clemenceau).

Autres obstacles: difficulté d'un compromis franco-allemand sur l'avenir de l'Alsace-Lorraine, désir des Italiens et des Roumains de s'approprier quelques lambeaux de l'Autriche-Hongrie, manigances enfin des Tchèques de l'émigration en faveur de la création d'une «Tchécoslovaquie» indépendante, ce qui reviendrait à démembrer l'empire.

Il est permis de rêver à ce qui serait advenu si ces généreuses tentatives avaient abouti; aux morts épargnées et au coup d’État communiste évité en Russie.

 

Mise à jour le 22 février 2003