29 novembre 1850

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Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

La reculade d'Olmütz

Le 29 novembre 1850, à Olmütz, la Prusse renonce provisoirement à fédérer autour d'elle l'Allemagne.

Deux ans plus tôt, à la faveur des révolutions de 1848, les représentants du peuple allemand s'étaient réunis en Assemblée nationale à l'église Saint-Paul de Francfort et avaient décidé de restaurer sous une forme constitutionnelle l'empire dissous en 1806 (le 1er Reich).

C'est ainsi que le 28 mars 1849, les 568 membres de l'Assemblée avaient élu à une petite minorité le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV à la dignité impériale.

Mais celui-ci n'avait pas voulu pas d'une «couronne ramassée dans la rue». De son côté, l'empereur d'Autriche avait protesté contre cette entorse à sa traditionnelle hégémonie.

Une fois les esprits apaisés, Frédéric-Guillaume IV choisit de solliciter les princes allemands. Un Parlement de l'Union est convoqué à Erfurt. S'y retrouvent surtout les petits États de l'Allemagne du Nord.

Leurs représentants élaborent un projet de Constitution fédérale autour d'une Union restreinte... L'Autriche, coupable d'être pluriethnique, n'est en effet pas invitée à en faire partie.

Encouragé par son ministre Radowitz, le roi Frédéric-Guillaume IV se propose naturellement de devenir le monarque de la nouvelle entité.

Mais l'initiative déplaît au nouvel empereur d'Autriche, le jeune François-Joseph 1er (20 ans), furieux d'être évincé.

Le roi de Prusse n'ose pas risquer une épreuve de force. Il se sépare de Radowitz et appelle le baron von Manteuffel.

Ce dernier rencontre son homologue autrichien Schwarzenberg à Olmütz, en Moravie (dans l'actuelle République tchèque).

Devant la menace d'une guerre, le Prussien doit renoncer au projet d'Union restreinte et accepte le rétablissement de la Confédération germanique, une entité sans pouvoir créée en 1815 et dominée par l'Autriche.

La reculade d'Olmütz convainc les nationalistes allemands qu'il n'y aura pas de fédération allemande sans une guerre préalable contre l'Autriche.

C'est la voie dans laquelle s'engagera Otto von Bismarck, dès sa nomination à la tête du gouvernement prussien, en 1862.

 

Mise à jour le 22 février 2003