Le rêve
d'unité italienne se fracasse à Novare
Le 23 mars 1849, le feld-maréchal Josef Radetsky (83 ans) met en déroute une
armée piémontaise à Novare, sur la route qui mène de Turin à Milan.
Cette défaite calamiteuse fait l'effet d'un séisme chez les patriotes italiens.
Ces derniers, regroupés dans le mouvement du «Risorgimento» (le Sursaut),
rêvent de libérer Milan et Venise de la tutelle autrichienne et de réaliser dans la
foulée l'unité politique de la péninsule, divisée en plusieurs principautés depuis...
la fin de l'empire romain.
Suite à la défaite de Napoléon 1er, en 1815, l'Italie s'est retrouvée partagée entre
le pape (États pontificaux autour de Rome et Ravenne), le roi de Piémont-Sardaigne, le
roi des Deux-Siciles (Naples et Palerme), les grands ducs de Modène, Parme et Toscane
(Florence) et l'empereur d'Autriche (Lombardie et Vénétie). Ce dernier exerce un
protectorat de fait sur les duchés limitrophes.
Les patriotes italiens espèrent atteindre leur objectif en 1848, quand toute
l'Europe entre en révolte contre l'absolutisme.
Déçus par le pape, ils reportent leurs espoirs sur le
roi de Piémont-Sardaigne, Charles-Albert. Celui-ci reprend à son compte leur devise: «L'Italia
fara da sè» (L'Italie se fera toute seule).
Allié aux autres princes de la péninsule, il déclare la guerre
aux Autrichiens.
Et déjà, en 1848, le vieux feld-maréchal le contraint à un armistice.
En son honneur, le compositeur autrichien Johann Strauss père écrit à cette occasion la
célèbre «Marche de Radetzky».
Au soir de Novare - nouvelle défaite -, le roi Charles-Albert perd tout espoir et
démissionne en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II.
Comme il faut une victime expiatoire, le général Girolamo Ramorino est fusillé quelques
semaines plus tard à Turin, capitale du Piémont, sous l'inculpation d'avoir fui devant
l'ennemi.
Le nouveau roi du Piémont se rend compte que l’unité
de l’Italie ne pourra se faire sans un concours extérieur. Pour chasser l'Autriche
de la péninsule, il attendra opportunément l’intervention à ses côtés de
Napoléon III.