Fin de la
guerre hispano-américaine
Les États-Unis mettent fin à leur guerre contre
l'Espagne par le traité de Paris du 10 décembre 1898.
La guerre hispano-américaine fait suite à une révolte à Cuba. L'île était restée
fidèle à l'Espagne lorsque les autres colonies d'Amérique latine avaient pris
leur indépendance. Elle en avait été mal récompensée par un surcroît d'impôts et
d'arbitraire.
Les préludes de la
guerre
En 1895, les Cubains se décident à proclamer leur indépendance. Le gouverneur militaire
espagnol, le général Weyler, réagit avec brutalité en regroupant les paysans dans des camps de concentration. Un demi-million d'entre eux y mourront de maladie
et de faim. C'est déjà le XXe siècle et ses horreurs qui se profilent.
Perdant de vue leurs idéaux démocratiques, les États-Unis voient dans l'insurrection
cubaine l'occasion de s'approprier des colonies comme les vieilles nations d'Europe. Les
hommes d'affaires américains, qui ont beaucoup investi à Cuba, militent en faveur d'une
guerre contre l'Espagne.
Le projet d'intervention a le soutien du Royaume-Uni, qui combat de son côté
l'insurrection des Boers, en Afrique du Sud.
En prélude à la première guerre mondiale (1914-1918), l'Allemagne se place en rivale
des Anglo-Saxons. Elle apporte un soutien actif aux Boers et manifeste des
visées sur les colonies espagnoles du Pacifique.
Elle rachète à Madrid les îles Mariannes et Carolines et convoite les Philippines, une colonie en état d'insurrection comme Cuba.
Triomphe américain
Le 25 avril 1898, le président William McKinley déclare la guerre à
l'Espagne. 200.000 volontaires prennent aussitôt les armes et l'armée régulière est
portée à 55.000 hommes.
Le 1er mai, l'escadre américaine du Pacifique, sous les ordres du commodore Dewey, entre
dans les eaux du port de Manille, aux Philippines. Il détruit la flotte espagnole de
l'amiral Montojo... sans perdre un seul homme!
A Cuba, la flotte espagnole de l'amiral Cervera est également détruite par les escadres
américaines le 3 juillet.
Les troupes américaines débarquent aux Philippines, à Cuba et à Porto-Rico.
L'Espagne, en proie à des troubles politiques, accepte les conditions de paix
imposées par le président McKinley. Elle se sépare de ses dernières colonies
d'Amérique ainsi que des Philippines en échange d'une indemnité de 20 millions de
dollars.
Les Étatsuniens prennent la place des Espagnols à Porto-Rico, aux Philippines et sur
l'île de Guam. Ils annexent au passage les îles Hawaï.
Cuba obtient une indépendance factice sous la haute surveillance de leur puissant voisin.
Le 20 mai 1902, le général américain Wood remet l'administration de l'île à son
premier président, Estrada Palmer.
Avec le traité de Paris, les États-Unis font leur entrée sur la scène internationale.
Ils commencent d'afficher sur le continent latino-américain une politique «impériale»,
parfois au service d'intérêts privés.
Le film «Citizen Kane» (1941) du réalisateur Orson Welles montre comment le
magnat Randolph Hearst excita l'opinion américaine à propos de l'explosion du cuirassé Maine dans le but de
déclencher la guerre et de relancer ainsi ses ventes de journaux.