10 décembre 1898

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Fin de la guerre hispano-américaine

Les États-Unis mettent fin à leur guerre contre l'Espagne par le traité de Paris du 10 décembre 1898.

La guerre hispano-américaine fait suite à une révolte à Cuba. L'île était restée fidèle à l'Espagne lorsque les autres colonies d'Amérique latine avaient pris leur indépendance. Elle en avait été mal récompensée par un surcroît d'impôts et d'arbitraire.

Les préludes de la guerre

En 1895, les Cubains se décident à proclamer leur indépendance. Le gouverneur militaire espagnol, le général Weyler, réagit avec brutalité en regroupant les paysans dans des camps de concentration. Un demi-million d'entre eux y mourront de maladie et de faim. C'est déjà le XXe siècle et ses horreurs qui se profilent.

Perdant de vue leurs idéaux démocratiques, les États-Unis voient dans l'insurrection cubaine l'occasion de s'approprier des colonies comme les vieilles nations d'Europe. Les hommes d'affaires américains, qui ont beaucoup investi à Cuba, militent en faveur d'une guerre contre l'Espagne.

Le projet d'intervention a le soutien du Royaume-Uni, qui combat de son côté l'insurrection des Boers, en Afrique du Sud.

En prélude à la première guerre mondiale (1914-1918), l'Allemagne se place en rivale des Anglo-Saxons. Elle apporte un soutien actif aux Boers et manifeste des visées sur les colonies espagnoles du Pacifique.

Elle rachète à Madrid les îles Mariannes et Carolines et convoite les Philippines, une colonie en état d'insurrection comme Cuba.

Triomphe américain

 < Le président McKinley et le général Wheeler pendant la guerre >Le 25 avril 1898, le président William McKinley déclare la guerre à l'Espagne. 200.000 volontaires prennent aussitôt les armes et l'armée régulière est portée à 55.000 hommes.

Le 1er mai, l'escadre américaine du Pacifique, sous les ordres du commodore Dewey, entre dans les eaux du port de Manille, aux Philippines. Il détruit la flotte espagnole de l'amiral Montojo... sans perdre un seul homme!

A Cuba, la flotte espagnole de l'amiral Cervera est également détruite par les escadres américaines le 3 juillet.

Les troupes américaines débarquent aux Philippines, à Cuba et à Porto-Rico.

L'Espagne, en proie à des troubles politiques, accepte les conditions de paix imposées par le président McKinley. Elle se sépare de ses dernières colonies d'Amérique ainsi que des Philippines en échange d'une indemnité de 20 millions de dollars.

Les Étatsuniens prennent la place des Espagnols à Porto-Rico, aux Philippines et sur l'île de Guam. Ils annexent au passage les îles Hawaï.

Cuba obtient une indépendance factice sous la haute surveillance de leur puissant voisin. Le 20 mai 1902, le général américain Wood remet l'administration de l'île à son premier président, Estrada Palmer.

Avec le traité de Paris, les États-Unis font leur entrée sur la scène internationale. Ils commencent d'afficher sur le continent latino-américain une politique «impériale», parfois au service d'intérêts privés.

Le film «Citizen Kane» (1941) du réalisateur Orson Welles montre comment le magnat Randolph Hearst excita l'opinion américaine à propos de l'explosion du cuirassé Maine dans le but de déclencher la guerre et de relancer ainsi ses ventes de journaux.

 

Mise à jour le 22 février 2003