Trois fois par semaine le récit d'un événement historique

5 janvier

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Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour des Invalides. Il sera ensuite envoyé à l'île du Diable, en Guyane...
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Autres anniversaires du jour

Le 5 janvier 1477, le duc Charles le Téméraire, «Grand Duc d'Occident», trouve une mort tragique et solitaire dans la neige en combattant la ville de Nancy.

Le 5 janvier 1649, Anne d'Autriche et Mazarin quittent Paris. Avec le jeune roi Louis XIV, ils se réfugient à Saint-Germain-en-Laye et attendent que la Fronde parlementaire se détruise par ses propres excès.

Le 5 janvier 1757, Robert Damiens blesse Louis XV. L'homme, un déséquilibré, frappe le roi d'un coup de canif devant le chateau de Versailles. La sanction est démesurée. C'est rien moins que le sort de Ravaillac, la mort par écartèlement. Ce supplice d'un autre temps horrifie les esprits sensibles. Le roi, que ses sujets surnommaient naguère le Bien-Aimé, commence à devenir très impopulaire.

Le 5 janvier 1875 est inauguré l'Opéra de Paris. La construction avait débuté sous le Second Empire, en 1862. À l'impératrice Eugénie qui s'interrogeait sur le style du projet, l'architecte Charles Garnier avait répondu : «Du Napoléon III, Majesté». L'Opéra demeure le seul représentant de ce style baroque et fantasque dont on retrouve des éléments dans les réalisations de la Troisième République (le Grand Palais par exemple).

C'est sa fête : Édouard

Le saint du jour, Édouard le Confesseur, fut le dernier roi anglo-saxon d'Angleterre. Après sa mort, en 1066, Guillaume le Bâtard (ou le Conquérant) imposa la domination normande sur le pays.

Adenauer

Le chancelier allemand Konrad Adenauer est né à Cologne le 5 janvier 1876.
 

 
Jean-Baptiste Say, un économiste clairvoyant

 Jean-Baptiste SayJean-Baptiste Say, né à Lyon le 5 janvier 1767, est l'un des plus grands économistes français.

A la veille de la Révolution, la lecture de l'ouvrage de l'Ecossais Adam Smith («Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations», 1776) décide de sa vocation.

Il clarifie et enrichit la pensée d'Adam Smith en tirant les premiers enseignements de la révolution industrielle naissante.

JB Say fait un bref passage au Tribunat, sous le Consulat, et publie en 1803 son ouvrage majeur: «Traité d'économie politique ou Simple exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses». Démissionnant du Tribunat pour conserver sa liberté de penser, l'économiste fonde une filature dans le Nord, ce qui lui vaut la fortune, et finit sa carrière au Collège de France. Il meurt le 15 novembre 1832 à Paris.

JB Say affiche sa confiance dans la capacité de l'économie industrielle à surmonter les crises. Il est à l'origine d'une loi qui porte son nom et est parfois dite «loi des débouchés», selon laquelle les produits s'échangent contre des produits, la monnaie ne jouant qu'un rôle d'intermédiaire neutre. Cette vision libérale et optimiste, qui réprouve toute intervention de l'Etat, a été plus tard violemment critiquée par des économistes comme John Maynard Keynes.

Jean-Baptiste Say a fait preuve d'une intelligence et d'une lucidité hors du commun comme le prouve la réflexion suivante, relative aux conquêtes coloniales:
«Les vraies colonies d’un peuple commerçant, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde. Tout peuple commerçant doit désirer qu’ils soient tous indépendants pour devenir plus industrieux et plus riches, car plus ils seront nombreux et productifs, plus ils présenteront d’occasions et de facilités pour les échanges. Les peuples deviennent alors pour nous des amis utiles et qui ne nous obligent pas de leur accorder des monopoles onéreux, ni d’entretenir à grands frais des administrations, une marine et des établissements militaires aux bornes du monde. Un temps viendra où on sera honteux de tant de sottise et où les colonies n’auront plus d’autres défenseurs que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout aux dépens du peuple».

Ce texte prémonitoire a été publié en 1830 dans le «Cours complet d'économie politique». Il conserve toute son actualité dans la France du XXIe siècle qui peine à sortir de l'ère coloniale.
 

Mise à jour le 24 février 2003

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