8000 ans avant JC

Sédentarisation des hommes et naissance de l'agriculture

Ce jour-là...

Entre l'an 12.500 et l'an 7.500 avant JC, de petites communautés humaines ont commencé de se grouper dans des villages permanents.

Puis, elles ont développé l'agriculture en complément de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Elles ont ensuite pratiqué l'élevage et enfin cultivé les arts du feu, notamment la poterie.

C'est ainsi que les hommes ont cessé d'être seulement des prédateurs qui puisaient leur subsistance dans la nature, sans se soucier de son renouvellement. Ils sont lentement devenus des producteurs.

Ce changement a été observé au Proche-Orient et presque simultanément en Chine du nord, au Sahara et dans la Cordillère des Andes. 

Il caractérise l'entrée dans l'Âge nouveau de la pierre polie, aussi appelé Néolithique. Ce mot a été forgé en 1865 par sir John Luddock à partir du grec neos, nouveau, et lithos, pierre. 

Au début du XXe siècle, le préhistorien Gordon Childe a pu parler d'une «révolution néolithique» comparable par ses conséquences à la révolution industrielle de notre époque.

Le Néolithique est à l'origine d'une première expansion démographique qui a porté l'humanité de quelques centaines de milliers à quelques dizaines de millions d'hommes.

Lente transition

Les premiers hommes, tels ceux de Lascaux et d'Altamira, vivaient dans des abris sous roche et tiraient leur subsistance de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

Comme ils utilisaient des outils en silex, on a appelé leur longue relèvent de l'Âge ancien de la pierre taillée, aussi appelé Paléolithique (du grec palaios, ancien, et lithos, pierre).

Peu nombreux, ils jouissaient sans trop de mal des fruits de la Terre, d'autant qu'après la dernière glaciation, qui remonte à 16.000 ans avant JC, le réchauffement du climat avait sans doute favorisé dans les zones tempérées la prolifération du gibier, des céréales et des légumineuses (pois ou lentilles).

Au Proche-Orient, «on a pu calculer qu'une personne pouvait récolter en deux semaines assez d'engrain sauvage pour nourrir une famille de quatre personnes pendant un an» (1).

Le premier bouleversement qui va mener au Néolithique apparaît entre le Sinaï et l'Euphrate avec les premiers villages permanents. C'est le début d'une période charnière appelée Mésolithique (du grec mesos, du milieu).

L'archéologue Jean Perrot met à jour le site de Mallaha, au nord d'Israël, en 1955. Il s'agit d'un hameau de cinq ou six maisons rondes, semi-enterrées et en dur, construit entre 12.500 et 10.000 avant JC.

Des hameaux similaires sont aussi mis à jour près du Mont Carmel et sur le site de Ouadi en-Natouf, d'où l'appellation de Natoufiens donnée par les savants aux représentants de cette lointaine culture.

Ces Natoufiens avaient choisi de vivre groupés sans rien changer à leur pratique de chasseur-cueilleur.

Avec eux, nous découvrons aussi le plus ancien ami de l'homme: le chien. C'est le premier exemple de domestication animale (les hommes du Mésolithique ont attendu trois mille ans avant de domestiquer un nouvel animal: la chèvre).

«Par leur sédentarité, ces groupes accrus s'enracinent en outre dans un milieu stable, où la société des morts, dont témoignent les premiers cimetières mêlés aux habitants, renforce métaphoriquement celle des vivants et peut légitimer en quelque sorte son implantation fixe»,  écrit Jacques Cauvin (2).

Au demi-millénaire suivant (10.000 à 9.500 avant JC), dans la même région, l'épisode des Khiamiens se signale par l'apparition des premières représentations féminines (auparavant, les hommes ne représentaient que des animaux).

Il s'agit de figurines en calcaire dans lesquelles on imagine une déesse Mère. Ces figurines cohabitent avec des représentations de taureaux, le taureau étant le symbole de la force virile et indomptable.

De tous temps, les hommes du Paléolithique avaient deviné qu'une graine tombée dans le sol générait une nouvelle plante mais ils n'avaient pas exploité cette observation.

Sur le site de Mureybet, au bord de l'Euphrate (Irak actuel), l'exploration archéologique menée dans les années 1970 par Jacques Cauvin.

La sédentarisation et l'agriculture ont imposé de nouvelles règles de vie. Il a fallu en effet que chacun se prémunisse contre le risque de se faire dépouiller de ses cultures et de ses provisions. Ainsi sont nés la propriété et le droit qui s'y attache.

Plus tard est venu l'Âge des métaux. Puis, l'écriture, apparue presque simultanément en Mésopotamie et en Chine, 3 à 4.000 ans avant notre ère, a permis la naissance des premiers États avec un embryon d'administration. L'humanité est alors entrée dans l'Histoire.

Bibliographie


Jacques Cauvin est l'auteur d'un essai décapant et bien écrit, accessible à un assez large public: Naissance des divinités, naissance de l'agriculture (Champs/Flammarion, 1997).

Il tire les enseignements des dernières fouilles au Proche-Orient et formule des hypothèses audacieuses sur la révolution culturelle qui a donné naissance au Néolithique.

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(1) cité par George Willcox, in Premiers paysans du monde, Naissance des agricultures, p. 127 (sous la direction de Jean Guilaine), édition Errance, 2000 [retour]

(2) Jacques Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l'agriculture, p. 41, Champs/Flammarion, 1997 [retour]

 

Mise à jour le 24 février 2003