Le traité de Meaux-Paris (1229)
Une capitulation ruineuse et l’origine languedocienne de l’Inquisition
Par la signature du traité de Meaux-Paris entre Raymond VII de Toulouse et le Roi de France
Louis
IX, la capitulation du comté de
Toulouse est définitivement décidée. Le 12 avril 1229, au pied des tours de Notre-Dame de Paris, en présence du roi, de nombreux dignitaires de l’Eglise et de la cour,
Raymond VII, en chemise et en chausses, implore le pardon, promet fidélité au roi et son engagement sans retenue contre les dissidents cathares. Si la démilitarisation de la
région, le démantèlement des fortifications de la cité toulousaine et de lourdes sanctions pécuniaires marquent profondément la noblesse languedocienne, cette dernière conserve néanmoins ses terres malgré la promesse de mariage de Jeanne, fille de
Raymond VII, avec Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX. Cette union, profondément voulue par la Couronne, s’inscrira surtout comme la sombre promesse d’un rattachement futur des terres toulousaines aux possessions capétiennes, une grande partie du
Languedoc entrant déjà officiellement sous administration royale. La dure capitulation de
1229, tout en installant dans un apaisement relatif le pouvoir royal en
Languedoc, contraint dans un même temps le comte de Toulouse à s’intéresser au problème du
catharisme. Ce dernier se voit en effet obligé de poursuivre les hérétiques sur ses terres, de les priver de leurs biens et de les anéantir sous peine d’en payer le prix fort vis-à-vis du
roi de France. Il est admis comme un fait acquis pour la Couronne que la défense de l’orthodoxie et le soutien aux ordres mendiants - installés à
Toulouse depuis 1216 - sont des impératifs en
Languedoc sur lesquels aucune concession ne peut être faite. La lutte contre l’hérésie
cathare - encore bien vivante dans les contrées languedociennes - devient donc non seulement une nécessité mais un impératif politique pour
Raymond VII.
Le concile de Toulouse, réuni la même année au mois de novembre, prit acte de cette volonté, décrétant dix-huit canons concernant la lutte contre les hérétiques. Quant au
catharisme, son recul à Toulouse et dans les environs à partir de 1229 - les parfaits quittant la cité dès les lendemains de la signature du traité - résultera de ce manque de sécurité, renforcé par la présence dominicaine et la construction des églises des Jacobins et des Cordeliers. Les
cathares, devenus clandestins mais soutenus par des seigneurs dépossédés et hors-la-loi, les faydits, n’auront qu’une seule solution : organiser des réseaux, une résistance et trouver des soutiens parmi les seigneurs rebelles encore maîtres de leurs
châteaux. Si la paix avec la Couronne semblait définitivement faite, la paix de l’Eglise devenait une autre affaire ...
Les années charnières (1229-1271)
Les débuts de l’Inquisition
La répression de l’hérésie et le rappel d’une méthode
La fondation de l’université de Toulouse, sur l’initiative du cardinal Romain de Saint-Ange mais financée par
Raymond VII pour une période de dix ans, est décidée pour contribuer à cette lutte anti-hérétique, en se chargeant de la formation de prédicateurs professionnels issus de l’ordre dominicain. Dans cette orientation répressive, le concile de
Toulouse de 1229 avait entrepris de régler les détails des enquêtes contre les suspectés d’hérésie, reprenant les décrétales de la conférence de Vérone de 1184 et les canons anti-hérétiques du
IVe concile œcuménique de
Latran de
1215. L’Inquisition dite épiscopale en est son aboutissement avec l’élaboration d’une procédure accusatoire appelée procédure d’office. Mise progressivement en place dans le Toulousain, elle est appliquée par l’évêque ou le juge ecclésiastique, secondé en théorie par le pouvoir civil. Fondée sur la délation, le soupçon et rumeur notoire - la fama publica -, cette procédure permet dans un second temps de provoquer un procès sans que l’accusé soit l’objet d’accusations précises, le juge procédant lui-même à la recherche et à la preuve du délit. Les sanctions prévues par les juges ecclésiastiques se veulent en général sévères et sans appel : arrestation des suspects et de leurs proches, destruction des maisons ayant abrité des hérétiques, confiscation des biens des hérétiques et de leurs protecteurs au profit de la Couronne, exclusion des hérétiques arrêtés de toute fonction civile.
Si l’ordonnance royale Cupientes reprend et confirme ces décisions judiciaires, et si un climat de crainte s’installe sur les
terres languedociennes menacées par ces premières actions inquisitoriales, il faut attendre les
bulles du pape Grégoire IX
(1227-1241) pour voir la création officielle de l’Inquisition pontificale en avril
1233 par les bulles Ille humani generis. Cet instrument, confié dans un premier temps à l’Ordre des Frères Prêcheurs de
Dominique de Guzman, est en fait une mise en pratique des nouvelles techniques judiciaires forgées depuis Latran IV dans un contexte d’urgence, doublée d’un contrôle bureaucratique nouveau et systématique des populations languedociennes. Chargés de "l’affaire de la foi", les nouveaux inquisiteurs disposent rapidement de pouvoirs spéciaux. Ils sont choisis par le pape et ne rendent compte qu’à celui-ci, tout en détenant un pouvoir dit d’exception délégué par ce dernier. Un tribunal d’Inquisition se crée, ayant en charge de juger souverainement les crimes d’hérésie, sans appel possible et sans contrôle du pouvoir temporel. Un véritable code pénal appuie cette décision par la bulle Excommunicamus de
Grégoire IX de 1231, bulle prévoyant l’abandon de l’accusé au bras séculier, la prison perpétuelle et l’interdiction pour le déposant de recourir aux services d’un notaire ou d’un avocat. Dès 1234, des tribunaux fixes s’installent à
Toulouse et à Carcassonne dans l’hostilité générale, tribunaux auxquels sont rattachés des inquisiteurs dominicains, dont Guillaume Arnaud, puis franciscains comme Etienne de Saint-Thibéry, associés à cette date avant d’être définitivement intégrés dans l’institution en
1242.
Par cette toute puissance pontificale, les pouvoirs des notables et des religieux locaux
- les évêques jugés peu compétents ne conservent que leur pouvoir ordinaire - sont brutalement bridés ; l’Inquisition devenant dans un même temps très impopulaire. La nouvelle institution adopte de plus des méthodes et des moyens contestables, avec notamment les exhumations de cadavres des suspects de
catharisme afin de les brûler, zèle provocateur ne pouvant attirer que la vindicte populaire. Dans un même temps, elle outrepasse les franchises urbaines par une souveraineté qui dérange de plus en plus, allant jusqu’à demander au concile de
Béziers, présidé par l’évêque de Tournai, le concours des curés pour établir des listes de suspects. Contre les inquisiteurs parfois maladroits et un activisme frénétique des Dominicains et de leurs maîtres, les révoltes urbaines plus ou moins provoquées par les élites citadines ne tardent guère.
Narbonne en 1233, Albi en 1234, Toulouse en 1235 sont les principales cités qui prennent parti contre l’Inquisition. Leurs populations conspuent et malmènent les hommes du Saint-Office, chassent l’ordre dominicain de leurs murs et détruisent les premiers dépôts d’archives constitués. Ces réserves de registres de déposition, documents compromettants pour des familles entières, seront assez souvent et dans les années suivantes la cible des insurgés, que ce soit à
Narbonne ou encore à Caunes en Minervois en 1236. Les premiers conflits avec l’Inquisition sont d’une grande violence selon les sources. Dans la cité d’Albi, les excès de l’inquisiteur Arnaud Cathala provoquent des troubles dans lesquels ce dernier échappe de peu à la mort. À
Cordes, on affirme à qui veut l’entendre que trois inquisiteurs ont été massacrés par la populace. Dans
Toulouse, l’hostilité contre les dominicains et contre l’inquisiteur Pierre Sellan amènera
Grégoire IX à intervenir auprès du comte de Toulouse afin qu’ils rétablisse ces derniers dans leurs couvents. À
Narbonne, ce furent les populations du bourg qui se soulevèrent contre l’inquisiteur Ferrer et les Dominicains. Ces mouvements hostiles à l’Inquisition restent cependant éphémères . De nouvelles enquêtes sont lancées par l’institution dès l’année
1237. Désignés par l’archevêque de Narbonne et légat du pape Jean de Bernin, les inquisiteurs du Toulousain Guillaume Arnaud, ancien
vaudois de Montpellier, et Jean de Saint-Thibéry, franciscain de
Narbonne, condamnent ainsi sans retenue les suspectés d’hérésie et leurs protecteurs dans leur première campagne inquisitoriale (1237-1238). En juillet
1237, le viguier et les
consuls de Toulouse seront même excommuniés par les inquisiteurs, tout comme l’avaient été des habitants de
Toulouse quelques mois auparavant. Mais les sentences restent légères et leur application peu suivie d’effets. La majorité des punitions inquisitoriales concernent en fait des hérétiques décédés et connus dans les années précédant la création de l’Inquisition, hérétiques qui seront exhumés et brûlés. Quant aux croyants cathares, ils ne sont pas véritablement inquiétés par les inquisiteurs qui craignent par-dessus tout les représailles populaires. Un des dignitaires
cathares, Guilhabert de
Castres, a cependant compris la nécessité d’organiser un repère fort pour leur dissidence, sanctuaire qui serait à la fois religieux et militaire. La forteresse redoutable de
Montségur s’impose et sera choisie par les dignitaires cathares dès 1232.
Les révoltes des Trencavel (1240) et de Raimond VII (1242)
La rébellion occitane et le massacre d’Avignonet
Les événements déclencheurs de cette rébellion contre l’Inquisition et le pouvoir royal sont en fait provoqués et contrôlés par la noblesse languedocienne. Si la politique versatile de
Raymond VII, qui a abandonné le parti de l’Empereur Frédéric II et qui s’est rallié à
Grégoire IX, provoque l’arrêt de l’activité inquisitoriale en
Languedoc en 1238, le
Languedoc n’en reste pas pour autant calme. Les révoltes épisodiques des seigneurs languedociens, la brève excommunication de
Raymond VII en 1240 mais surtout l’insurrection et le siège de Raymond Trencavel devant
Carcassonne la même année, amènent l’Inquisition à relancer d’anciennes procédures à partir de mai
1241. Une grande enquête "sur la perversité hérétique" dans le Castrais, le Lauragais et le Vaurais se déclenche ainsi dès
1241 avec Guillaume Arnaud et Jean de Saint-Thibéry. Dans le Quercy, c’est l’inquisiteur Pierre Sellan, ancien prieur de
Toulouse, qui enquête en 1241-1242, prononce des pénitences mais condamne à des peines relativement peu sévères, freiné semble-t-il par les interventions du
comte de Toulouse y mandatant son bayle. Pierre Sellan n’en rassemble pas moins à lors de cette campagne plus de six cent soixante-dix dépositions – dont une majorité concernant des suspects vaudois - entreprenant, fort de cette expérience, la rédaction du premier livre de sentences que connaît l’Inquisition. Durant cette période, les documents que les inquisiteurs archivent prennent progressivement une importance capitale dans la procédure, notamment pour tous les suspectés d’hérésie. Dans la majorité des cas, une convocation ou une arrestation entraînait désormais une
inquisition
très serrée de la part des juges pontificaux. Des dépositions parfois anciennes permettaient de rechercher des preuves de culpabilité antérieures, confondant ainsi plusieurs années après des suspects ou leurs héritiers qui se croyaient oubliés par l’institution. Les livres contenant les dépositions, conservés avec soin dans les dépôts d’archives, contenaient de fait toutes les informations nécessaires aux poursuites et aux condamnations, informations restant résolument secrètes sous peine d’excommunication en cas de divulgation.
Dans la nuit du 28 mai au 29 mai 1242, un brutal coup d’arrêt - en lien avec les rébellions récentes des aristocrates languedociens - est mis au zèle inquisitorial dans le Languedoc. Les inquisiteurs Guillaume Arnaud et Jean de Saint-Thibéry, lors d’une enquête qui les mène à Avignonet, sont assassinés, ainsi que leur suite, par un commando venu de Montségur. L’assassinat, bien préparé, aurait été commis avec l’accord de
Toulouse et avait pour objectif d’enrayer l’action inquisitoriale dans la région. Afin de contrer les enquêtes en cours, les registres récupérés par les membres du commando seront remis à des
parfaits cathares. La réponse de Rome est cinglante : le pape prononce l’excommunication du
comte de Toulouse Raymond VII et de tous ses alliés parmi lesquels figurent les comtes de Comminges et de Rodez,
Raymond
Trencavel et Olivier de
Termes. Si les Dominicains restent dans leur ensemble effrayés par cet acte – refusant même un temps de poursuivre leur mission - la prise de position du souverain pontife les rassure. Dans un même temps, les défaites du roi d’Angleterre Henri III à Taillebourg et à Saintes devant les armées royales ruinent les espoirs du
comte de Toulouse qui avait mis la main sur Albi et Narbonne. La paix de Lorris de janvier
1243 oblige en effet
Raymond VII à se soumettre définitivement au Roi de France. Non seulement le comte s’engage à faire prêter serment au roi par tous ses barons, châtelains, chevaliers, et aux consulats mais il livre aussi au roi, pour cinq ans, différentes villes dont Penne d’Agenais, Najac, Laurac et
Penne d’Albigeois. De Lorris, Raymond VII écrivit à
Blanche de Castille et lui promit de purger ses états de la
dissidence cathare. Cette paix permet aux Frères Prêcheurs de répondre à l’attentat et de relancer avec détermination les enquêtes inquisitoriales en
Languedoc, avec le soutien du nouveau pape Innocent IV (1243-1254). En novembre 1243, malgré l’hostilité de l’évêque d’Agen et du
comte de Toulouse, Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre prennent ainsi en charge les diocèses d’Agen et Cahors, ainsi que la partie Nord du Toulousain, organisant des enquêtes jusqu’en
1247. Guillaume Raimond et Pierre Durand les rejoignent l’année suivante, avec l’inquisiteur de
Carcassonne Ferrer qui se chargera en partie des interrogatoires des assiégés de Montségur. Ce dernier avait déjà sévi dès
1242 dans le Lauragais où les interrogatoires qu’il avait laissés apportaient les informations les plus complètes sur le
catharisme connues à cette époque. L’assassinat d’Avignonet n’a pas servi la
dissidence cathare comme beaucoup l’auraient souhaité. L’Inquisition quadrille désormais les
diocèses languedociens, les derniers nids d’hérétiques sont connus par l’Eglise, ainsi que ses défenseurs. Isolés, ils ne reste désormais plus qu’à les détruire. Le sénéchal de
Carcassonne en est conscient : le danger vient de Montségur ; c’est donc cette forteresse, considérée par Rome comme le grand sanctuaire de l’hérésie, qui doit être réduite de force.
La grande offensive anti-cathare
Le drame de Montségur
Noyau hérétique identifié, Montségur devient alors le principal objectif des armées d’Hugues des Arcis, sénéchal de
Carcassonne, appuyées par les hommes de l’archevêque de Narbonne et de l’évêque Durand d’Albi. Commencé en avril-mai
1243, le siège de la forteresse, marqué surtout par de brefs combats et embuscades puis poursuivi par de longues négociations, s’achève en février
1244 après l’occupation d’une crête voisine du château. La reddition de la forteresse le 15 mars
1244 met fin à un long siège et se solde par la disparition du principal refuge de la hiérarchie cathare. Seuls ceux qui feront profession de foi catholique pourront sortir libres de la place forte. Quant aux autres, ils seront condamnés à mourir. Plus de deux cents
cathares seront ainsi brûlés le 16 mars 1244 au pied des remparts tandis que les inquisiteurs, sous la direction du dominicain Ferrer, devenu officiellement inquisiteur de
Toulouse après les événements d’Avignonet, interrogent les otages et les survivants selon une procédure inquisitoire originale rapportée dans les dépositions de
Montségur qui nous sont parvenues. Ce registre que laisse Ferrer sera le premier registre d’inquisition qui adopte un style dans la forme et l’organisation des dépositions. Ce sera cette norme de rédaction que Rome approuvera dans les années suivantes. C’est aussi le premier document qui, en marge des dénonciations et des accusations diverses habituellement rencontrées dans les dépositions, apporte les informations les plus intéressantes sur la vie quotidienne des
cathares à Montségur, leurs rites religieux et les événements marquants de l’histoire du mouvement dissident durant les précédentes années.
Un catharisme résistant
Les dernières solidarités familiales
À la suite de la chute de Montségur, le Lauragais subit de nouveau la présence inquisitoriale avec Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. L’enquête menée par l’Inquisition conclue paradoxalement à une présence hérétique relative qui ne touche plus que 10 à 15 % de la population, dans une région pourtant fortement
cathare dans les premières années du XIIIe siècle. Plus de 5 000 personnes seront interrogées par les inquisiteurs dans une centaine de localités de la région. Décapité par la chute de
Montségur, le catharisme subit un quadrillage serré de la part de l’Institution qui se professionnalise. Les
cathares clandestins et leur hiérarchie émigrent par vagues successives vers la Lombardie. Par ailleurs, la procédure inquisitoriale, construite et codifiée par les conciles provinciaux successifs, de
Narbonne en 1235 à Valence en 1248, se normalise au travers des manuels rédigés par des inquisiteurs pour leurs collègues. Fort de la série d’enquêtes sur Cahors, Agen,
Toulouse et le Lauraguais entre 1243 et 1247, l’inquisiteur Bernard de Caux élabore en
1249 un système de procédure inquisitoriale qu’il présente sous la forme d’un manuel, le Processus Inquisitionis. Dans cet ouvrage, à la demande du pape
Innocent IV, l’inquisiteur précisera les usages et les règles suivis par l’Inquisition dans le
midi de la France et proposera un processus type, procès-verbal d’interrogatoire basé sur une énumération de
visionnes
détaillées, permettant d’établir par le tribunal la liste précise des délits du déposant. Les dépôts d’archives et les tribunaux annexes de l’Inquisition jouent progressivement un rôle déterminant dans la poursuite et l’arrestation des communautés hérétiques, malgré les attaques contre l’Inquisition. Les dissidents en sont
conscients. En
1248, on apprend ainsi par une bulle pontificale qu’un clerc et qu’un courrier de l’Inquisition ont été assassinés à Caunes et leurs registres détruits.
La recherche de l’aveu devient une priorité pour l’inquisiteur qui, plutôt que la preuve par témoin, préfère utiliser la détention, devenue une pénitence canonique pour la participation active à l’hérésie. Ce sont les "mur large" (cellule commune) et "mur étroit" (cellule plus petite et chaînes pour le prisonnier) que l’on retrouve dans les prisons inquisitoriales carcassonnaises à la fin du
XIIIe siècle. La pratique de la torture, autorisée en mai
1252 par le pape Innocent IV, est modérée et le personnel inquisitorial sincèrement peu convaincu de ses résultats. Outils non négligés par l'Inquisition, les informateurs jouent leur rôle dans la traque de l’hérétique. Ce sont parfois d’anciens Cathares "retournés" par les inquisiteurs, tristes personnages comme Arnaud Sicre, proche de l’Inquisition dès
1274, Arnaud Pradier, ancien diacre cathare, Bernard de Lagarrigue, ancien fils majeur de la secte en l’Albigeois ou encore Sicard de Lunel, qui feront tomber jusqu’au début du
XIVe siècle les principaux dignitaires hérétiques, infiltrant les communautés clandestines et les réseaux de la diaspora
cathare. Le premier, notaire et témoin, cathare converti, sera un des plus constants informateurs de Jacques Fournier et sera félicité en
1322 par les inquisiteurs Jean de Beaune et Bernard Gui. Le dernier cité, ancien
cathare de l’Albigeois, converti et résidant à Toulouse aux frais de l’Inquisition, apparaîtra à plusieurs reprises dans les dépositions comme informateur et conseiller pour l’institution jusqu’en
1284.
Ce n’est plus le temps des comtes, c’est le temps du roi
Si les évêques obtiennent momentanément le contrôle des enquêtes inquisitoriales après
1251, leur incompétence fait revenir les Dominicains dans le giron de l’institution répressive, avec le soutien du pape Alexandre IV. Les évêques sont en effet trop occupés par leur charge pour gérer avec sérieux l’outil inquisitorial. Preuve en est leur gestion bien légère des dépôts d’archives : consultés sur le sujet en
1251 au concile de l’Isle-sur-Sorgue, ils décident de faire des doubles des registres inquisitoriaux lors du concile d’Albi de
1255 mais ne donnent aucune suite concrète à cette décision. En 1255, les Prêcheurs récupèrent logiquement l’outil inquisitorial devenu efficace et professionnel. Les consultations juridiques des années
1253 et 1255 ont renforcé le pouvoir de l’inquisiteur. Celui-ci dispose d’une codification précise pour mener à bien les enquêtes et élaborer une procédure inquisitoriale type. Les enquêtes inquisitoriales reprennent en
1273 avec les inquisiteurs Ranulphe de Plassac et Pons de Parnac dans le Toulousain, en lien avec la venue du roi de France Philippe III le Hardi en
Languedoc. Ce dernier, à la suite des disparitions successives d’Alphonse de Poitiers et de Jeanne de
Toulouse en 1271, a récupéré les territoires du Poitou, de la Saintonge, du Toulousain, de l’Agenais, du Quercy, du Rouergue et du marquisat de Provence. Quéribus, le dernier château favorable aux dissidents et tenu par Chabert de Barbaira, s’est rendu au sénéchal de
Carcassonne en 1255. Tous les seigneurs du Midi prêtent hommage aux représentants du roi. Tous ? Non , le comte
Roger-Bernard III de Foix défie l’autorité française et se tourne vers Pierre III d’Aragon. Ne pouvant laisser une rébellion se former dans un territoire hostile aux "français", le roi de France réunit l’ost et descend en
Languedoc. La mise au pas du rebelle et son pardon permettent aux inquisiteurs de remettre à jour leurs dossiers sur la région et sur les réseaux d’échanges avec la Lombardie. Leur enquête, cernant une présence vaudoise en Rouergue, s’intéressera principalement au Toulousain, dernier foyer actif du catharisme dont la hiérarchie a justement fuit en Lombardie. Outre le démantèlement de ces réseaux, les inquisiteurs tenteront de briser le système de transferts des fonds destinés à la résistance des dissidents et à l’organisation de
baptêmes de nouveaux parfaits. Le
catharisme marque le pas à cette période. Minoritaire, il est devenu en majorité urbain, hérésie de notables, recrutant dans les franges supérieures des classes moyennes, voire dans les classes les plus riches des villes. Ce sont les exemples d’Albi, de
Carcassonne ou de Castres, révélés par les archives inquisitoriales.
Malgré le soutien royal, Philippe III Le Hardi concédant à l’Inquisition une des tours de la cité de
Carcassonne en 1280, le fichage systématique des populations languedociennes provoque des troubles, en raison de la trop grande rigueur des inquisiteurs. À partir de
1283, les arrestations arbitraires décidées par l’inquisiteur de Carcassonne Jean Galand, soutenu par l’évêque d’Albi Bernard de Castanet, entraînent une mobilisation des autorités de la cité et des appels auprès du roi de France. Une enquête de l’inquisiteur, qui débute en
1283 et s’achève en 1286, lui a permis d’obtenir des dénonciations pour hérésie de près de neuf cents personnes dont une grande majorité de dignitaires ecclésiastiques, de nobles et de personnalités de premier plan pour
Carcassonne et
sa région. Les premières arrestations provoquent un grand émoi chez la population. Un appel est transmis au pape Honorius
IV, au prieur des Dominicains de Paris et au roi de France. Les consuls de la cité se mêlent alors de la situation insurrectionnelle que connaît
Carcassonne. Les archives de l’Inquisition manquent d’être détruites à cette occasion ; un familier des inquisiteurs ayant été soudoyé pour mettre le feu aux dépôts. Son aveu déclenchera une nouvelle action des carcassonnais qui tenteront, en vain, de détruire la salle des archives en
1285. La révocation de l'inquisiteur ne calme en rien les esprits ; son successeur Guillaume de Saint-Seine confirme les résultats des enquêtes passées ainsi que les détentions prononcées en menant de nouveaux interrogatoires en
1289. La liste des hérétiques présumés tend à s’allonger sous son mandat mais le roi de France, craignant une forte agitation dans la région, fera bloquer les procédures en interdisant au sénéchal de
Carcassonne d’obéir aux inquisiteurs pour toute arrestation. En 1293, Guillaume de Saint-Seine se retire, provisoirement remplacé par l’inquisiteur de
Toulouse, Bernard de Clermont. Son successeur désigné, Nicolas d’Abeville, poursuit les enquêtes engagées sans tenir compte des avertissements royaux qui dénoncent les arrestations et les procédures engagées. Forte de ce soutien, une insurrection menace une nouvelle fois le pouvoir de l’inquisiteur. Lors de ces troubles, les prisonniers des cachots de l’Inquisition sont libérés par la foule, les archives de l’Inquisition partiellement détruites et le couvent dominicain pillé malgré l’intervention du Commissaire du roi. L’Inquisition ne peut que se replier dans ses bâtiments. Le revirement de Philippe IV le Bel, qui a besoin du soutien de Rome, permet aux inquisiteurs de reprendre le contrôle de la situation. En
1298, le sénéchal de Carcassonne reçoit l’ordre du roi d’apporter une aide sans limites aux inquisiteurs pour l’arrestation des suspectés d’hérésie. En avril
1299, une réunion solennelle tente de trouver un compromis à la situation tendue entre l’Inquisition et les carcassonnais. L’excommunication contre la ville est finalement levée mais la cité doit financer la construction d’une chapelle dédiée à Saint-Louis dans le couvent des Prêcheurs. Les procédures et les enquêtes se poursuivent. Plusieurs notables d’Albi sont arrêtés en
1299. Une nouvelle enquête à Carcassonne en 1300 déclenche de nouveaux troubles. L’entrée dans le conflit des Franciscains et de leur lecteur Bernard Délicieux, puis le soulèvement des populations d’Albi et de
Carcassonne contre l’Inquisition, n’entame en rien l’action de Nicolas d’Abbeville. Les interventions de Bernard Délicieux auprès du roi de France en
1301 auront cependant pour effet l’envoi d’une mission royale . Cette mission aboutit en
1302 à la révocation de l’inquisiteur de Toulouse puis, en 1303, à la nomination d’un nouvel inquisiteur à Carcassonne. La situation reste tendue, la maison des anciens consuls favorables à l’Office est détruite la même année. En négociation avec Rome, Philippe IV donne des garanties aux prisonniers de l’Inquisition sur les traitements des dossiers mais refuse leur libération, craignant de nouveaux troubles politiques et une rébellion possible. Le roi de France a encore à l’esprit l’affaire de Bernard de Saisset, évêque de Pamiers, qui, inquiet pour sa juridiction, formait en
1295 un complot contre le roi, mettant en cause sa légitimité. Bien qu’arrêté et jugé, la papauté s’immisça dans le conflit, réaffirmant son droit à être seul juge d’un évêque, et obtint du roi l’exil pour le religieux.
Le soutien politique royal aux inquisiteurs entraîne les notables à se chercher un maître, se tournant logiquement vers le royaume de Majorque. Cette trahison, découverte par le roi, provoquera une répression brutale de la part de Philippe le Bel, les exécutions de quarante bourgeois à
Limoux en 1304 et de quatorze carcassonnais en 1305. Désormais soutenu par le roi, le théologien Geoffroy d’Ablis, devenu inquisiteur de
Carcassonne, aura pour mission de calmer les esprits et la "rage carcassonnaise", de ménager les susceptibilités locales et de mettre au pas les
Franciscains, Bernard Délicieux, et tout opposant à l’action de l’Inquisition. Excommunié publiquement en septembre 1303, le vidame Jean de Pecquigny, enquêteur réformateur, devra partir pour Rome pour plaider sa cause auprès du pape Benoît XI. Sa mort en chemin, peu après la disparition du pontife, conduira à sa réhabilitation en 1308 sous le pape Clément V. Sous l’impulsion de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis, ce seront les
parfaits cathares Jacques Authié et Prades Tavernier qui sont arrêtés, démantelant un peu plus la hiérarchie cathare agonisante. Geoffroy d’Ablis parvient aussi à mettre en marge des affaires languedociennes le turbulent Bernard Délicieux. Convoqué en 1304 à Rome, ce dernier ne fera reparler de lui qu’en 1317, en prenant une nouvelle fois la défense des Spirituels de
Narbonne et de Béziers. Si une commission pontificale s’intéresse aux prisons inquisitoriales en 1306, après l’intervention des villes d’Albi,
Cordes et Carcassonne, l’action menée par Geoffroy d’Ablis se poursuit malgré la mise en retraite en 1308 d’un de ses fidèles partisans, l’évêque d’Albi Bernard de Castanet. Le procès de l’évêque, provoqué en 1306 par l’hostilité croissante de la population d’Albi et les plaintes déposées auprès du pape Benoît XI, révèlera des fraudes et des emprisonnements injustifiés. Suspendu de ses fonctions sous Clément V, Bernard de Castanet sera cependant réhabilité par le pape mais déplacé du
Languedoc. L’ardeur de l’inquisiteur de Carcassonne n’en sera pas seulement tiédie. Geoffroy d’Ablis débutera la rédaction d’un recueil de documents utiles pour l’Inquisition, imposant dans un même temps ses connaissances juridiques aux décisions du tribunal jusqu’en 1316, date de sa disparition à Lyon. Il y avait trouvé un court refuge lors d’un nouveau conflit avec
Carcassonne et
Albi.
L’impact des procès de l’inquisition
Entre efficacité et propagande
En ce début de XIVe siècle, notamment avec Geoffroy d’Ablis, le personnel de l’Inquisition devient de plus en plus compétent. Notaires, clercs et évêques inquisiteurs - intégrés dans l’institution à partir de 1312 par la contestable décrétale Multorum querela - organisent une véritable recherche de l’hérétique. L’inquisition de
Carcassonne, forte à cette période de 17 diocèses, entraîne la création de succursales de l’Inquisition, notamment à
Albi, Pamiers ou encore Montpellier. Des charges de lieutenants de l’Inquisition sont créées vers 1305, avec les nominations de dominicains comme Jean de Faugoux ou encore Géraut de Blomac. Des personnages comme Bernard Gui, inquisiteur de
Toulouse en 1306, ou encore Jacques Fournier - futur pape sous le nom de Benoît XII en 1334 -, évêque inquisiteur délégué à Pamiers en 1317, marqueront profondément la profession d’inquisiteur. Car c’est désormais une administration organisée, une pratique établie, une procédure inquisitoire officielle, que défendent les inquisiteurs. La supplique et les revendications qu’ils envoient au pape Jean XXII en 1312 pour maintenir l’exclusivité de l’inquisition pontificale, le refus d’une redéfinition des modalités de l’activité inquisitoriale et la non-ingérence des évêques dans leurs dossiers en sont des preuves réelles. En 1312, le concile de Vienne qui décide d’un droit de regard des évêques sur les travaux des inquisiteurs et précise les nouvelles modalités de l’activité inquisitoriale, mettant en place une réforme du droit inquisitorial, provoquera durant plusieurs années la colère des inquisiteurs, Bernard Gui en particulier, qui dénonceront cette ingérence épiscopale dans les affaires de l’Inquisition.
En lien avec cette forte professionnalisation de la charge, des documents utiles aux inquisiteurs et à l’activité inquisitoriale seront rédigés et diffusés dans les tribunaux. Si Jean de Beaune, inquisiteur en 1316, réalise pour Carcassonne un livre des privilèges inquisitoriaux afin de diriger un interrogatoire, ce sont les travaux de Bernard Gui qui s’imposent dans ce
XIVe siècle. Ce dernier rédige entre les années 1314-1324 la Practica officii Inquisitionis heretice pravitatis. Traité complet pour la pratique de l’Inquisition, cet exposé très dense consigne les règles pratiques de l’exercice de l’Inquisition présente la procédure très moderne de l’enregistrement des dépositions et propose une lutte rationnelle contre le catharisme mais aussi contre toutes les formes de dissidences religieuses rencontrées par l’Inquisition en Languedoc. Fort de son expérience dans l’Office, disposant des archives de ses prédécesseurs, cet homme de métier réalisera un ouvrage exemplaire et précis, le premier du genre, qui affirmera pleinement les pouvoirs inquisitoriaux. Dans sa suite, Jacques Fournier marquera l’activité de l’Office par la précision et l’ampleur de ses enquêtes, révélant la maîtrise d’une procédure, la puissance d’une institution capable d’explorer tous les champs religieux dissidents et de faire dire l’indicible aux déposants, dans le cadre même de la procédure inquisitoire.
Le catharisme résiduel
Derniers sursauts hérétiques
Le catharisme n’est plus une dissidence active dans la fin du premier quart du
XIVe siècle. Les inquisiteurs languedociens en font le constat dans les registres que l’on connaît. Les derniers hérétiques isolés seront d’ailleurs brûlés à
Carcassonne en 1325 et en 1329, après la mort sur le bûcher en 1321 à Villerouge-Termenès du dernier
parfait Guilhem Bélibaste, dénoncé par un informateur de l’Inquisition, Arnaud Sicre. Les derniers soubresauts réels sont loin, provoqués par les frères Authié, Guilhem et Pierre, qui ne sont guère parvenus à susciter de nouvelles vocations et ont été arrêtés et brûlés en 1310. Les registres ne rapportent plus que la présence d’îlots hérétiques, plus ou moins pourchassés durant les années suivantes. L’Inquisition s’intéresse souvent plus aux événements des années 1283-1300. Mais si les dépositions de la période trouble de l’Inquisition ont été reprises par Geoffroy d’Ablis en 1309, puis par Jean de Beaune en 1320, peu de choses ont été remises en cause, fautes de témoins et de prisonniers survivants.
Jean de Beaune, successeur de Geoffroy d’Ablis, devant l’autorité rétablie de sa charge, réconcilie les habitants d’Albi en 1319, puis les dispense de toute pénitence l’année suivante. Le cas Bernard Délicieux sera réglé durant cette période, dans une
presque indifférence
générale de la part des notables languedociens, la lutte ayant cessé d’être une réalité politique des villes. Arrêté en 1317, le dossier d’accusation du Franciscain sera bouclé en 1319, mettant en avant dans sa condamnation son soutien aux Spirituels et provoquant sa détention à
Carcassonne. Sa mort l’année suivante en prison conclura l’époque d’agitation populaire dans la cité carcassonnaise et le triomphe définitif de l’Inquisition sur les dissidences du
catharisme et des Spirituels. Jean de Beaune poursuivra son action inquisitoriale, créant des lieutenants, tel Gaillard de Pomiés ; Pierre d’Arzens ou encore Arnaud de Floure, tout en réconciliant des villes, dont
Cordes en 1321.
Le normand Jean Duprat, inquisiteur de Carcassonne en 1324, sera une parenthèse dans l’activité inquisitoriale contre les dissidents religieux. Étranger à la région, c’est la gestion interne de l’Office qui est au centre de ses intérêts, notamment en raison des contentieux et des erreurs provoqués par les familiers de l’Inquisition, dont Menet de Robecourt, commissaire de l’Inquisition de
Carcassonne. Les dossiers de dissidents, clôts par Jean Duprat, resteront en majorité des condamnations posthumes.
Henri de Chamayo, inquisiteur de Carcassonne en 1328, qui officie le plus souvent avec son confrère de
Toulouse, Pierre Brun, reprend des procédures abandonnées et prononce des sentences d’exhumation. La charge d’inquisiteur pontifical trouve sa pleine utilisation avec Henri de Chamayo, celui-ci bénéficiant du soutien du pape Jean XXII, imposant ainsi son droit à Montpellier et à
Narbonne. Mais en novembre 1328, C’est aussi lui qui fait vider les prisons de
Carcassonne, libérant une majorité de prisonniers de cette période, qu’il punit par le port de croix ou par des pèlerinages. En 1330, il ouvre de nouveau les dossiers et convoque les héritiers des défunts. Les condamnations qui suivent pour
héréticité
déclenchent une consultation pontificale de 1331, consultation qui souligne le peu de clarté des registres, les manipulations probables de dépositions mais qui ne prononce pas de conclusion officielle.
Le XIVe siècle voit disparaître les objectifs d’une inquisition languedocienne qui, progressivement, n’aura plus lieu d’être, faute de dissidents religieux. Outil professionnalisé et intégré dans le paysage du
Midi, l’Inquisition devient plus l’enjeu de luttes politiques, d’influence sur tel personnage ou telle charge. En 1338, des
différends apparaîtront entre les habitants d’Albi, soutenus par leur évêque, et les commissaires de l’Inquisition. En 1371, des litiges entre l’inquisiteur de
Carcassonne, Durand Salvan, et les consuls du bourg sont finalement réglés par la signature d’un accord de non-ingérence. En 1423, les serments prêtés par les officiers de l’Inquisition d’Albi, à l’insu de leur évêque,
entraîneront leur révocation et les plaintes à Rome n’y feront rien. Les pontifes soutiendront en général leurs officiers, tel l’inquisiteur Pierre Turelure en 1441, en conflit avec les évêques languedociens et recevant l’appui officiel et ferme du pape Eugène IV. Il faudra attendre le
XVIe siècle pour voir l’Inquisition relever des tribunaux royaux, le titre d’Inquisiteur dans l’Église ne devenant que purement nominal.
Laurent Albaret / C.V.P.M.