Le livre du Deutéronome

Dernier livre de la série de cinq rouleaux formant le Pentateuque, c'est aussi le livre des adieux de Moïse, avec le rappel de la Loi. D'où le nom qui est une traduction du grec : deuxième loi. En hébreu, le livre commence par ces termes : « Telles sont les paroles que Moïse adressa à tout Israël... » Ces termes ont donné le titre du livre en hébreu.

ü      Même si ce texte est en partie une reprise de plusieurs chapitres déjà proposés dans les livres précédents, notamment l'énumération de lois diverses, c'est un livre original, traité de façon originale par les Juifs premièrement, par Jésus lui-même, puis par les auteurs des écrits du Nouveau Testament ensuite.

ü      La prière solennelle du Juif, le chema Israël, est composée de textes issus de ce livre du Deutéronome.

ü      Par ailleurs, Jésus, tenté par le diable dans le désert, au moment où il commence sa vie publique d'enseignant, répond au tentateur en citant, à chaque fois, des extraits de ce livre.

ü      Enfin, dans le Nouveau Testament, on trouve plus d'une centaine de citations venant de ce seul livre.

L'auteur

Moïse, encore !  D'autant que ce livre reprend trois discours du chef parfois contesté des Hébreux. Certes, les thèses critiques proposent parfois d'autres auteurs, sans les signaler de façon précise. Il y a, en tout cas, une partie qui n'est pas attribuée à Moïse et qui ne pose aucun problème, c'est la fin du livre lorsque l'on parle de la mort de Moïse et de quelle façon Dieu lui-même semble s'occuper de son corps. Là, pas de doute, Moïse ne pouvait écrire sa propre fin !

Les Hébreux qui ont quitté l'Égypte et dont on parle dans le livre de l'Exode, quarante ans plus tôt, sont presque tous morts. Ils avaient été témoins des premières interventions de Dieu dans le désert, notamment le don de la Loi avec les Dix Commandements, puis ils avaient entendu les nombreux détails législatifs que Moïse avait édictés. Maintenant, à la frontière de cette Terre Promise enfin atteinte et à portée de main, Moïse pense à l'avenir et il restitue cet ensemble de lois aux descendants. C'est la raison pour laquelle il va prendre le temps, dans ses discours d'adieux, de relater toute l'histoire précédente. Il ponctuera ses propos de « « Souviens-toi, Israël ! »

Contenu

Avec tous les rappels déjà mentionnés, le livre veut surtout insister sur la notion d'Alliance entre Dieu et son peuple. Moïse replante le décor et insiste sur le contexte historique avant de parler des lois de tous ordres. Face à ces lois et à cette action de Dieu qui a été fidèle durant quarante ans, le peuple est invité à se positionner. C'est le moment central du livre avec le contrat de confiance entre les Hébreux et le Dieu d'Israël. Puis, après la signature de ce contrat par une cérémonie solennelle, Moïse signale les termes du contrat et de l'alliance : il fait une longue liste de bénédictions liées à l'obéissance et une liste de malédictions liées à la désobéissance.

Un des textes essentiels du livre du Deutéronome montre bien le ton des derniers conseils du vieux Moïse (sans doute âgé de 120 ans) : « J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en l'écoutant et en t'attachant à lui : c'est lui qui est ta vie, la longueur de tes jours, pour que tu habites sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. » (Deutéronome 30. 19-20)

Puis, Moïse passe le relais à Josué. La fin du livre propose une image à la fois triste et tendre. Triste parce que Moïse est sur le sommet d'une montagne, apercevant enfin cette Terre Promise pour laquelle il a tant peiné. Mais il ne peut y entrer, sanction de son Dieu !  Pourtant on note aussi une dimension de tendresse puisque Dieu lui-même prend soin des derniers instants de Moïse. Et c'est le Dieu qu'il servit avec tant de fidélité qui ensevelit Moïse. L'hommage du peuple, quoiqu'un peu tardif, fut profondément sincère. Quant à la Bible elle-même, elle rend un hommage unique en ces termes : « Il ne s'est plus élevé en Israël de prophète comme Moïse que le Seigneur connaissait face à face ! »

ü      On peut trouver Dieu un peu injuste d'avoir privé Moïse de la Terre Promise. Mais les temps bibliques, comme les desseins de Dieu, sont parfois insaisissables du premier coup par les humains. Car en fait, Moïse eut l'occasion de se « télé-porter » au cœur même de la Terre Promise, et avec un privilège énorme : celui de se retrouver en Israël tant espéré, en même temps que Jésus-Christ, le sauveur par excellence. En effet, on ne peut ignorer cette étonnante visitation, sur la montagne dite de la Transfiguration, relatée dans trois des quatre évangiles : Jésus est soudain en présence de deux personnages clés de l'Ancien Testament : Moïse et Élie (voir notamment dans l'Évangile de Luc 9. 28-31).

ü      Moïse croyait qu'au bout de quarante ans, il foulerait enfin la Terre Promise. Il dut attendre, en fait, près de 1300 ans !  Mais comme le dit la Bible : Pour Dieu, mille ans sont comme un jour !