Le livre de la Genèse

La plupart des titres français des livres de l'Ancien Testament sont des traductions immédiates de la version grecque de ce Testament (Septante). Genesis veut dire origine, commencement. En hébreu, le titre est simplement la reprise des premiers mots du livre (bere'chit/au commencement).

Le premier mot de la Bible étant un mot qui commence par la deuxième lettre de l'alphabet hébreu (Beth), des commentateurs juifs pensent que ce détail n'est pas autre chose qu'un enseignement important. Le commencement de l'histoire de l'humanité n'est pas le commencement de l'histoire de Dieu. La perfection divine voudrait que le texte commence par la première lettre (Aleph). Puisque tel n'est pas le cas, c'est que l'histoire de Dieu a un autre commencement, antérieur à la Bible. Cette explication consolide l'idée du Dieu éternel, sans commencement et sans fin !

Le livre de la Genèse raconte les origines de notre monde et de ce qui l'habite. Il raconte aussi l'origine de la faute originelle (le péché) et des pistes pour être pardonné de cette faute (le salut). On y ébauche l'histoire de la civilisation, de la notion de mariage et des premières activités de l'homme, lesquelles ne sont déjà pas glorieuses !

L'auteur

Comme pour l'ensemble des cinq premiers livres de la Bible, le Pentateuque (ou Torah), la tradition attribue à Moïse la responsabilité de cet écrit. Cette tradition s'établit sur le fait que de nombreux textes bibliques (autres que ceux constituant le Pentateuque) concèdent à Moïse la paternité de ces livres. Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, la précision est donnée. C'est ce que l'on présente comme étant des preuves internes.

On pense que Dieu s'est révélé directement à Moïse, pas seulement sur le Mont Sinaï pour lui donner les fameuses « Tables de la Loi », autrement dit les Dix Commandements, mais aussi pour lui faire connaître l'origine du monde. Moïse a sans doute aussi bénéficié de traditions orales transmises de génération en génération et collectionnées précieusement. De plus, il n'est pas impossible que certains documents antérieurs aient été incorporés dans ce texte de la Genèse, comme des informations complémentaires.

Date de rédaction

Les dates de rédaction des livres bibliques ne sont pas souvent précises et nous sommes obligés d'accepter des hypothèses que l'archéologie vient parfois confirmer ou infirmer. Sans vouloir privilégier telle ou telle hypothèse, ou nous abîmer dans des polémiques stériles, nous présentons ici des datations traditionnelles qui demeurent des indications aussi justes que possible.

Le livre a sans doute connu ses premières versions sur des tablettes d'argile ou sur du papyrus. Rédigé par Moïse, certainement durant le séjour de quarante ans dans le désert, il est alors possible d'envisager une date proche de 1450 avant Jésus-Christ. Certains spécialistes proposent une date proche du XIIIe siècle plutôt que du XVe. Le temps qu'il raconte s'étale, lui, sur plusieurs milliers d'années ; il est difficile de dater la création du monde relatée dans le premier chapitre de la Genèse. Cependant, pour les Juifs, cette création du monde se serait produite en 3761 avant Jésus-Christ.

Dans l'Évangile de Luc, Jésus rencontre deux disciples et il est obligé de mettre les points sur les i en ce qui le concerne, lui le Messie. Voici comment l'évangéliste relate l'épisode et comment, au passage, Jésus rappelle le contenu de l'Ancien Testament et qui est l'auteur du Pentateuque : Jésus leur expliqua ce qui était dit à son sujet dans l'ensemble des Écritures, en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des prophètes... (Évangile de Luc 24. 27)

Cette citation constitue, pour ceux qui attribuent le Pentateuque à la plume de Moïse, une preuve interne.

Contenu

Dix étapes sont mentionnées dans ce livre et introduites par une formule quasi répétitive : Voici le commencement, ou voici la postérité, ou encore voici l'histoire. Ces dix sections qui construisent le livre sont autant d'étapes et de présentations importantes : création de la terre et des cieux ; l'homme et la femme ; Noé ; les descendants de Noé ; Sem (les Sémites) ; Abraham (le père des croyants) ; Ismaël (l'ennemi héréditaire) ; Isaac ; Ésaü; Jacob (qui deviendra Israël).

Un autre schéma important et décisif se dessine dans le livre de la Genèse, un schéma réduit à la formule lapidaire : création, chute, rédemption. Pour la rime : génération, dégénération, régénération !

·        Avec l'histoire de Noé, nous trouvons aussi celle du déluge et de la fameuse Arche de Noé. Ce récit mentionne le déluge comme étant universel, mais nous ne possédons pas de données très précises à ce sujet. Cependant, il faut remarquer que des traces d'inondations importantes existent en Mésopotamie et que les Sumériens ont également, dans leurs écrits anciens, une histoire proche de celle de la Bible. Par ailleurs, le célèbre récit babylonien du déluge, qui se trouve dans l'Épopée de Gilgamesh, provient largement d'un autre récit, celui de l'Épopée d'Atrahasis akkadienne. Il raconte comment le héros reçut l'immortalité après avoir survécu au déluge. Son bateau se posa sur le mont Nesir au nord-ouest de la Perse, et il lâcha (comme Noé) des oiseaux pour déterminer le moment de débarquer.

·        Des rumeurs disent aussi, encore aujourd'hui, que les vestiges de l'Arche de Noé seraient quelque part sur le mont Ararat, en Arménie. Des recherches archéologiques sont toujours en cours aujourd'hui dans ce secteur, à la poursuite de l'Arche...