Le livre du Lévitique
Le lévite est un membre de la tribu de Lévi, une des douze tribus d'Israël. Chaque tribu est issue des fils de Jacob, lui qui deviendra Israël.
C'est encore la Septante qui donne, en français, le nom de ce livre. La tribu de Lévi est celle qui devra s'occuper du culte au sein du peuple hébreu. Ce livre va, en effet, parler de l'institution du culte. Comme à leur habitude, les Juifs nomment ce livre d'après les premiers mots : « il appela ». Le Talmud signale ce livre comme étant la loi des prêtres.
Par son contenu fait de réglementations diverses et multiples, le livre du Lévitique n'est pas le plus prisé par le lecteur moderne, tant s'en faut. Il est fastidieux et fixe ses objectifs sur le système rituel de la religion en gestation. Pourtant, ce livre occupe une place particulière dans la tradition juive pour laquelle il est le cœur symbolique du culte. L'étude de la Torah débute d'ailleurs par ce livre qui est pourtant placé en troisième position dans le Pentateuque. Mais il se situe aussi au centre de cette collection de cinq livres. Position symbolique, elle aussi !
Le livre du Lévitique est un livre où Dieu parle beaucoup, et surtout pour mettre en place une législation assez précise, pour ne pas dire implacable. En effet, après avoir donné les Dix Commandements, très synthétiques et pourtant précis, le Lévitique va entrer dans le détail. Et dans tous les détails. Il ne s'agit pas seulement de lois cultuelles, mais aussi de lois éthiques, sociales, hygiéniques, économiques, écologiques, sociétales. Rien ne semble être oublié.
Face à tant de lois auxquelles il faut que chaque membre du peuple se soumette, il devient impossible de demeurer innocent. Il y a toujours une loi pour vous rendre coupable de quelque chose. Pourtant, le livre insiste sur la nécessité d'être saint et pur. Mission impossible ! D'où le deuxième élément déterminant du livre, la mise en place de sacrifices qui permettent d'effacer les fautes qui ne manquent pas. Et les sacrifices sont gradués à l'échelle des erreurs commises, des péchés perpétrés.
Le non-respect de la loi a pour corollaire l'éloignement de Dieu. Pour revenir à Dieu, il faut réparer la faute en offrant un sacrifice qui doit coûter.
ü Le livre du Lévitique traite des lois dans tous les domaines. C'est un code pénal implacable. Il traite aussi bien des cas «« normaux » comme le meurtre avec ou sans préméditation, que du cas de la moisissure sur les vêtements, du viol et des viandes interdites, de l'homosexualité et du cadavre des animaux...
ü Exemple (Lévitique 11. 20) : « Toute petite bête ailée qui marche sur quatre pattes sera une horreur pour vous. Mais parmi toutes les petites bêtes ailées qui marchent sur quatre pattes, vous pourrez manger celles qui ont des jambes au-dessus de leurs pieds, pour sauter sur la terre. Voici celles que vous pourrez manger : les différentes espèces de criquets et de sauterelles. »
L'auteur
Comme pour les deux livres précédents, l'attribution classique va à Moïse. La date de rédaction est donc identique à celles déjà données pour les précédents textes. Errer quarante ans dans le désert permet de trouver le temps nécessaire pour noter de multiples détails législatifs !
Contenu
Le livre tente d'apporter deux réponses importantes dès lors que l'on se pose les questions essentielles, au pied du Sinaï, avec un Moïse brandissant les Tables de la Loi : Comment s'approcher de Dieu ? Comment demeurer saint comme il exige que nous le soyons ?
Le chemin qui mène à Dieu est celui de l'obéissance, mais comme il est difficile de ne pas être hors-la-loi, il faut passer par les sacrifices. D'où la mise en place d'intermédiaires entre le peuple et Dieu : les sacrificateurs, qui seront de la tribu de Lévi. Les premiers à remplir ce rôle de sacrificateurs seront Aaron (le frère de Moïse. Tant qu'à faire, le pouvoir reste dans la famille !) et ses fils. Le système met en place le clergé de l'Ancien Testament, un pouvoir théocratique (relié directement à Dieu) qui sera longtemps confondu avec le pouvoir politique. Il faudra attendre des siècles pour voir la séparation du clergé et de l'État !
Pour rester pur, il faut aussi mener une vie pure, faite de sanctification (être saint) et de communion (rendre un culte à Dieu).
Mais l'ensemble des lois touche aussi les relations humaines, familiales et sociétales. Ces lois vont distinguer les Hébreux des autres peuples, et même souvent empêcher une quelconque assimilation. Être pur, c'est être saint, et être saint, c'est être « séparé » (même étymologie dans le langage biblique).