ÉPITOMÉ - été 2000
Constatations
Le Rite Écossais Rectifié , depuis sa création, n'a eu de cesse
d'affirmer son caractère chrétien qui est, non point d'exclure, mais au
contraire de rassembler en son sein tous ceux pour qui le Christ est bien le
Fils de Dieu. Recevoir dans notre Ordre, qui " est chrétien " et qui
fait prêter serment de " fidélité à la Sainte Religion Chrétienne
" ceux qui professent une religion ne reconnaissant pas ce principe
fondamental du Rite, serait les conduire à blasphémer leur religion, ce qui
serait indigne.
Le Rite Écossais Rectifié n'a jamais eu la prétention d' être le seul Rite
maçonnique chrétien ; mais, compte tenu de sa spécificité doctrinale , qui
consiste en un ésotérisme initiatique chrétien, il estime être un
enrichissement pour la Maçonnerie universelle.
Le G.P.D.G. , dépositaire et gardien du Rite Écossais Rectifié en France, a
le devoir de le protéger contre toutes les tentatives, sournoises ou brutales,
pour le dénaturer en lui faisant perdre sa véritable essence, et finalement le
faire disparaître. Ce devoir est réaffirmé dans l'exposé des motifs de la
Convention de 1958. C'est pourquoi cette dernière pose le principe du respect
par la G.L.N.F. du Code Maçonnique de 1778 et des rituels approuvés par le
G.P.D.G.
L'ingérence reprochée dans la " décision " du 13 juin dernier n'a
été, de la part du G.P.D.G. , que le rappel au respect de la lettre et de
" l'esprit " de la Convention , si souvent violés par la G.L.N.F. Les
Grands Maîtres prédécesseurs de Claude Charbonniaud, en particulier Jean Mons
et André Roux, avaient pourtant manifesté de la bonne volonté, mais celle-ci
était restée sans résultats. L'accession d'un C.B.C.S. à la Grande Maîtrise
de la G.L.N.F. , saluée par le G.P.D.G. comme de nature à mettre fin aux
difficultés, n'a au contraire fait que les aggraver dramatiquement !
Il est temps de commenter les divers griefs avancés par la G.L.N.F. à l'appui de la " décision " du 13 juin.
" Expansionnisme "
· Fin 1999, dans son courrier non daté, la G.L.N.F. feint de découvrir ce qu'elle savait parfaitement depuis plusieurs années : la titulature d'ORDRES UNIS, en vigueur depuis sept ans et semblable à celle de la plupart des Grands Prieurés !
· Toujours dans ce même courrier, la G.L.N.F. prétend s'étonner de l'existence d'un Grand Chapitre des Hauts Grades du Rite Français alors qu'elle-même s'en était " réjouie " par un courrier de son Grand Maître du 6 février 1995 !
· La G.L.N.F. n'a même pas pris la peine d'informer le G.P.D.G. de sa décision - autrement que par la publication du protocole dans G.L.N.F. Actualités en février 1999 - de s'unir à un autre Grand Chapitre Français, dépourvu de toute reconnaissance internationale, faisant fi de l'antériorité de celui du G.P.D.G. qu'elle avait salué avec " bienveillance " cinq ans plus tôt !
· Toujours dans ce même courrier non daté , la G.L.N.F. demande à quel
titre le G.P.D.G. a reçu une patente de Knights Templar, alors qu'elle n'a
aucune compétence pour ce qui est du domaine exclusif des Grands Prieurés !
Peut-être est-ce le fait de rassembler ce qui est chrétien qui constitue un
frein au propre expansionnisme de la G.L.N.F. ! Expansionnisme qu'il est
ridicule de reprocher au G.P.D.G. En effet, sur les 1200 membres que celui-ci
compte aujourd'hui, seulement une trentaine constituent les deux chapitres des
Hauts Grades du Rite Français ! De même, l'unique Préceptorie de Chevaliers
du Temple n'est à ce jour composée que d'une vingtaine de Chevaliers. Est-ce
cela l'expansionnisme ?
Que faut-il au contraire penser du foisonnement de Chapitres créés en un an
par ce Grand Chapitre Français qui s'est asservi à la politique de recrutement
en masse de la G.L.N.F. ?!
" Autonomisme " et " Isolationnisme "
Il serait plus juste de dire que la G.L.N.F. a tout fait, depuis de
nombreuses années, pour tenter d'isoler et de dénaturer le Rite Écossais
Rectifié, en n'appliquant pas les accords de 1958, malgré la déclaration de
1984 ; en tentant de le diluer par la création de Loges qui n'ont de rectifié
que le nom , formées avec des Frères ignorant tout du Rectifié ; en
multipliant les déclarations hostiles à sa spécificité chrétienne sous les
accusations bien connues de " sectarisme " et d' " intégrisme
" ; sans parler des vexations, voire des sanctions, infligées à des
membres du G.P.D.G.
Nos relations internationales et notre collaboration avec tous les Grands Prieurés
internationaux sont-ils la marque d'un isolationnisme ?
La volonté d'accueil d'autres Rites chrétiens doit-elle être perçue comme
une volonté délibérée d'autonomisme ?
En quoi l'enrichissement d'une Obédience par un Rite marqué à la fois par sa
spécificité et par son rayonnement international peut-il nuire à l'unité et
à la cohésion de cette Obédience ?
L' "ingérence dans les trois premiers grades "
Qui s'ingère dans quoi ?
La G.L.N.F. a tenté de nous interdire notre rituel de Consécration des
Loges Écossaises de Saint-André : ce n'est pas une ingérence ?
Des responsables haut placés de la G.L.N.F. à la Loge Nationale de Recherche
Villard de Honnecourt, à la Loge Provinciale d'Instruction Jean de Turckheim d'Alpes-Méditerranée,
et ailleurs annoncent qu'il faut supprimer toute mention chrétienne dans les
rituels dont le G.P.D.G. , selon les termes de la Déclaration commune de 1984,
confirmant la Convention de 1958, est le " garant de l'authenticité "
(rôle réaffirmé par le Grand Maître André Roux en janvier 1991) : ce n'est
pas une ingérence ?
Les attaques publiques en Afrique contre les Grands Prieurés Rectifiés : ce
n'est pas une ingérence ?
En revanche, la Convention de 1958, l'Avenant de 1965 et la Déclaration commune
de 1984 partent tous du principe que le G.P.D.G. est le garant du Régime Écossais
Rectifié et qu'il a le devoir de veiller à la préservation de son authenticité
dans le cadre de la délégation consentie à la G.L.N.F. Tous ces textes ont été
acceptés et signés par les Grands Maîtres successifs. Le Grand Maître
Charbonniaud renierait-il la signature de ses prédécesseurs ?
" Propos hostiles à l'égard de la G.L.N.F. "
Certes, en réaction à des prises de positions hostiles, voire
diffamatoires, de la part de certains responsables de la G.L.N.F., et à des
vexations de plus en plus nombreuses, quelques membres du G.P.D.G. ont pu
manifester une irritation bien explicable dans certaines réunions , mais jamais
publiquement , alors que des Grands Maîtres provinciaux ont violemment attaqué
le G.P.D.G. en pleines Assemblées provinciales !
Conscientes de cela , depuis des années , par des demandes réitérées de
concertation , les instances du G.P.D.G. ont exprimé à maintes reprises leur désir
de conciliation ; mais toutes leurs tentatives sont restées sans réponse.
Il faut d'ailleurs remarquer que la décision de rupture de la G.L.N.F. a, étrangement,
été précédée de peu par une action concertée de ceux qui sont à la tête
du Grand Chapitre Français irrégulier et qui ont écrit tous en même temps au
G.P.D.G. pour lui signifier leur décision de " ne plus reconnaître
l'autorité du G.P.D.G. ni celle des Ordres Unis " , tout en annonçant
qu'ils continueraient à pratiquer le Rectifié.
Au même moment, ont démissionné du G.P.D.G. ceux qui, quelque temps plus
tard, se sont retrouvés à la tête d'un " Directoire National "
" ectoplasmique ", et d'ailleurs exsangue. Or, tous alignaient les mêmes
reproches que, quelques jours après, la G.L.N.F. !
