HISTOIRE

Origine et structure du Régime Écossais Rectifié
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Du point de vue formel, le Régime Écossais Rectifié a trois origines, du point de vue spirituel, il a deux sources ou inspirations. Pour ce qui est de la structure et de la symbolique tant maçonnique que chevaleresque, les trois origines du Régime sont :
Le Régime Écossais Rectifié a été organisé entre 1774 et 1782 par deux groupes de Maçons lyonnais et strasbourgeois, parmi lesquels on peut citer Jean et Bernard de TURKHEIM et Rodolphe SALTZMANN ( Strasbourg ) et surtout Jean-Baptiste WILLERMOZ ( Lyon 1730 - 1824 ) qui en fut l'âme pensante. L'architecture du Régime fut son oeuvre, et c'est lui qui mit en forme la doctrine que celui-ci véhicule. Les deux sources spirituelles sont :
Quoi que certains aient affirmé, ces deux doctrines, non seulement ne se contredisent pas, mais au contraire se corroborent l'une l'autre. Tous les textes prouvent la parfaite orthodoxie, au regard de l'ensemble des confessions chrétiennes, du Régime Rectifié, qui s'occupe, non de ce qui divise les chrétiens, mais de ce qui les réunit. Partant de là, Willermoz a donné à son Système ou Régime une architecture concentrique, en l'organisant en trois "classes" successives de plus en plus intérieures et en même temps de plus en plus secrètes, chaque classe étant inconnue de celle qui lui était extérieure. En outre, il a doublé le parcours initiatique de grade en grade par un enseignement doctrinal, progressivement de plus en plus précis et explicite, au moyen d' " instructions " " qui font partie intégrante du rituel de chaque grade. Cette conception d'ensemble - architecture du Régime et doctrine - a été officiellement approuvée en deux étapes. D'abord sur le plan national, par le Convent des Gaules, à Lyon ( novembre - décembre 1778 ) lequel ratifia, entre autres, le Code maçonnique des Loges réunies et rectifiées et le code de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, qui demeurent les textes constitutionnels, toujours en vigueur, du Régime. Puis sur le plan européen, par le Convent de Wilhelmsbad, en Allemagne ( août-septembre 1782 ), tenu sous la présidence du duc Ferdinand de Brunswick-Lunebourg et du prince Charles de Hesse, principaux dirigeants de la Stricte Observance, qui se rallièrent à ce qu'on appelait à l'époque la " Réforme de Lyon ". Dans sa structure d'origine, le Régime Écossais Rectifié comportait trois classes, deux ostensibles et une " secrète " :
Cette classe est elle-même subdivisée en quatre grades : Les grades pratiqués dans les Loges de Saint-Jean, dites " Loges bleues " à cause de la couleur de leurs décors; le grade de Maître Écossais de Saint-André, pratiqué dans les Loges de Saint-André ou Loges Écossaises, dites " Loges vertes " pour les mêmes raisons. Sans ce quatrième grade, l'initiation maçonnique demeure incomplète. La cérémonie de réception à ce grade récapitule et parachève le contenu initiatique et doctrinal des trois précédents, et le mène à son accomplissement. Il est donné au Maître Écossais de Saint-André de contempler tout ce qui l'attend jusqu'à sa réintégration dans la Jérusalem céleste, but de l'initiation chrétienne. Ces quatre grades sont axés sur la reconstruction intérieure de l'homme par l'approfondissement de la foi et la pratique assidue des vertus chrétiennes. Lorsque le Maître Écossais de Saint-André a atteint le degré requis de réalisation spirituelle prouvant qu'il a effectivement mis en oeuvre l'initiation maçonnique, il peut avoir accès à l'Ordre intérieur.
Il comporte deux étapes : Une étape préparatoire et transitoire : Ecuyer novice. La qualité d'Ecuyer novice est conférée par la cérémonie de la vestition. Cette qualité est cependant révocable. En effet, l'Écuyer novice a pour unique tâche de se préparer, durant un an au moins, à devenir Chevalier; mais s'il s'y révèle définitivement inapte, il peut, et même - selon la prescription du code des C.B.C.S. - il doit être rétrogradé et redevenir Maître Écossais de Saint-André. La seconde étape est celle de Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte ( en abrégé C.B.C.S. ). Ce n'est pas un grade, mais une qualité que confère la cérémonie d'armement. Celle-ci est en principe célébrée en présence du Grand Maître National par le Grand Prieur de l'Ordre des C.B.C.S. en personne, ou à défaut, par un dignitaire désigné. Le Chevalier a le devoir d' oeuvrer activement dans l'Ordre et dans le monde pour mettre en pratique les enseignements moraux, religieux et doctrinaux reçus dans les Loges de Saint-Jean et de Saint-André, qu'il n'abandonne pas pour autant mais où il doit, au contraire, et plus que jamais, se dévouer au service de ses frères et de tous les hommes, en particulier par l'exercice de la bienfaisance.
Les Chevaliers qui la composaient se répartissaient en deux catégories : les Profès et les Grands Profès, réunis en un Collège métropolitain. Tenus à un engagement total envers l'Ordre, sans exercer en tant que tels des fonctions de responsabilité ou de direction administratives, ces dernières incombant aux dignitaires de l'Ordre intérieur, les Profès et les Grands Profès se vouaient à l'approfondissement, par l'étude et la méditation, de la doctrine exposée dans les textes ( " instructions secrètes " ) conservées par le Collège métropolitain, à charge pour eux de vivifier l'Ordre à la fois par leurs connaissances et leur exemple de vie. Cette classe poursuit, comme d'ailleurs à l'origine, une existence très discrète. Selon les décisions prises au Convent des Gaules et confirmées au Convent de Wilhelmsbad, le Régime Écossais Rectifié - se démarquant ainsi de la Stricte Observance - avait renoncé à une filiation historique avec l'Ordre du Temple, tout en conservant avec lui une filiation spirituelle, illustrée par l'adoption, au même Convent, de la dénomination " Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", de façon à faire référence aux " pauvres chevaliers du Christ " des origines, et non à l'Ordre riche et puissant que leurs successeurs étaient devenus dans la suite des temps. De par sa filiation spirituelle, le Régime Écossais Rectifié revendique la double qualité chevaleresque et religieuse. Cette double qualité, qui apparaît déjà en filigrane dans les grades maçonniques et est conférée en plénitude par l'armement, est à mettre en oeuvre dans un monde qui n'est plus, ni celui du 12ème siècle, ni celui du 17ème siècle, mais pourtant par des moyens dont la nature essentielle reste immuable puisqu'ils consistent en la mise en pratique quotidienne et universelle des vertus théologales de foi, d'espérance et de charité. Cela s'exprime dans les devoirs imposés, non seulement au C.B.C.S., mais aussi au Maçon rectifié, dès le grade d'apprenti, de la défense de la sainte religion chrétienne et de l'exercice de la bienfaisance envers tous et particulièrement envers les plus faibles et les plus démunis. |
