MEMORANDUM
à propos de l'histoire du Régime Rectifié et des relations désormais caduques
entre le G.P.D.G. et la G.L.N.F.
Historique du Rite Ecossais Rectifié
1. La caractéristique historique de la Franc-Maçonnerie française, c'est qu'elle s'est constituée, dans le temps, sous la forme de plusieurs Systèmes (ou Juridictions) distincts les uns des autres, pratiquant chacun son propre Rite : c'est autour de la pratique d'un Rite spécifique que chaque Système s'est organisé.
a) Le plus ancien est le Système appelé Régime Ecossais Rectifié, pratiquant le Rite Ecossais Rectifié, avec ses six grades - quatre maçonniques (Apprenti, Compagnon, Maître, Maître Ecossais) et deux chevaleresques (Ecuyer Novice, Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte). Il date de 1774-1778.
b) Vient ensuite le Rite Français, avec ses sept grades, qui date de 1786-1787 (dans son organisation finale).
c) Vient enfin le Rite Ecossais Ancien et Accepté, avec ses trente-trois degrés, qui date de 1804 (dans son état ultime).
Ce sont là les Systèmes les plus importants.
2. Il est essentiel de souligner que ce type d'organisation en Systèmes comportant une série de grades maçonniques (qui sont toujours en nombre supérieur à trois), série à laquelle s'ajoute une série de grades chevaleresques, est encore maintenant celui des Grandes Loges Scandinaves (Suède, Danemark, Norvège, Finlande), qui pratiquent le Rite Suédois. C'est logique, puisque ce Rite tire son origine de la France, d'où il est provenu au XVIIIe siècle.
C'est aussi l'organisation d'une des Grandes Loges Unies d'Allemagne, la Große Landesloge der Freimaurer von Deutschland, qui pratique le Rite de Zinnendorf, transposition allemande du Rite Suédois.
Ces deux Rites, Rite Suédois et Rite de Zinnendorf, sont extrêmement voisins - par leur esprit, par leur structure et par leurs grades - du Rite Ecossais Rectifié.
Or, la régularité de ces Grandes Loges n'est contestée par personne, bien qu'elles ne se conforment pas au " modèle anglais " (trois grades seulement). En effet, ce " modèle anglais " est beaucoup plus récent, puisqu'il date seulement de l'Acte d'Union de 1813.
3. La situation a été exactement la même pendant plus d'un siècle pour le Grand Orient de France, depuis sa fondation en 1773 jusqu'en 1877.
Les différents Systèmes (et Rites) qui coexistaient en France ont toujours eu une existence autonome. Au début, ils étaient totalement indépendants les uns des autres, ils se concurrençaient, et quelquefois même ils se combattaient.
Toutefois, dès 1776, le Rite Ecossais Rectifié avait passé un Traité d'Alliance avec le Grand Orient de France - dont le Rite propre était ce qui devait devenir plus tard le Rite Français. Ce Traité d'Alliance a été renouvelé en 1811, sous le Premier Empire.
A la même époque, en 1804, à cause de la volonté unificatrice de l'Empereur Napoléon Ier, tous les Systèmes maçonniques existant en France (ceux qui ont été mentionnés, et plusieurs autres) ont été réunis sous l'autorité d'un seul Grand Maître, le Prince Cambacérès, Archichancelier de l'Empire, Grand Maître du Grand Orient de France.
Cependant tous ces Systèmes, quoique réunis sous le même Grand Maître, demeuraient autonomes ; ils continuaient à pratiquer chacun son propre Rite et à s'administrer chacun selon ses propres règles.
Depuis lors, le Grand Orient de France a fonctionné comme une " Fédération de Rites ". Bien que ne se conformant pas, lui non plus, au " modèle anglais ", sa régularité n'a jamais été contestée pendant plus d'un siècle.
4. Si le Grand Orient de France a perdu, en 1877, sa reconnaissance comme Obédience régulière par la Grande Loge Unie d'Angleterre, puis par les autres Grandes Loges régulières, ce n'est pas à cause de son organisation structurelle avec des grades multiples, c'est parce que, cette année-là, il a supprimé l'invocation du Grand Architecte de l'Univers et la présence de la Bible en Loge.
Le Grand Orient de France, étant devenu athée, antireligieux et anticlérical, a évidemment abandonné à cette époque le Rite (et le Régime) Ecossais Rectifié, qui est un Rite chrétien, tout comme le Rite Suédois et le Rite de Zinnendorf.
En conséquence de cela, le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (Suisse) s'est trouvé rester la seule Puissance régulière détentrice du Régime Ecossais Rectifié - le Grand Orient de France ayant cessé de l'être de jure et de facto.
Le Grand Prieuré d'Helvétie avait lui-même été constitué au XVIIIe siècle par les instances dirigeantes du Régime Ecossais Rectifié en France. Son autorité et ses pouvoirs ont été officialisés au Convent des Gaules (Lyon, 1778) et au Convent de Wilhelmsbad (réunissant des délégués de toute l'Europe continentale, 1782).
5. En 1910, plusieurs Maçons du Grand Orient de France, menés par Edouard de Ribaucourt et Camille Savoire, désireux de rétablir le Rite Ecossais Rectifié au sein du Grand Orient de France, allèrent se faire armer Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte (CBCS) à Genève.
Ils tentèrent ensuite de réveiller, au Grand Orient de France, une très ancienne Loge de Rite Rectifié qui y avait existé au début du XIXe siècle, le Centre des Amis. Cependant, ils se heurtèrent à une hostilité tellement violente, que Ribaucourt et la plupart de ses amis durent, en octobre 1913, quitter le Grand Orient de France avec leur Loge.
Le Centre des Amis fut alors rejoint par une Loge de Bordeaux, l'Anglaise n° 204. En novembre 1913, la Loge le Centre des Amis et la Loge l'Anglaise se constituèrent en Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les Colonies françaises (GLNIR), qui fut reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre ; elle devait devenir en 1948 l'actuelle Grande Loge nationale Française (GLNF).
6.
En 1910, trois ans avant de quitter le Grand Orient de France,
Ribaucourt avait reçu du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie (GPIH) - détenteur
du Régime Ecossais Rectifié dans son intégralité - une patente en vue de
pratiquer les grades chevaleresques et, éventuellement plus tard, lorsque les
circonstances le permettraient, et sur autorisation du GPIH, ce qui ne s'est
jamais produit, tous les grades maçonniques (cf. 4).
Cette patente ne fut donc pas accordée à la GLNIR, qui n'existait pas encore
et ne fut créée que trois ans après, mais à un groupe de Frères membres du
Grand Orient de France en tant que Maçons, et membres du Grand Prieuré Indépendant
d'Helvétie en tant que CBCS. Ni la GLNIR ni la GLNF n'ont jamais reçu aucune
patente les autorisant à pratiquer le Rite Ecossais Rectifié d'aucune Autorité
ayant qualité et pouvoir pour accorder une telle patente. (A l'époque, seul le
Grand Prieur d'Helvétie avait cette qualité et ce pouvoir, et il ne l'a jamais
fait).
7. Au passage, il est intéressant de lire dans une note officielle adressée le 13 janvier 1992 " à tous les Vénérables Maîtres qui président les Loges du Rite Ecossais Rectifié " par le Grand Secrétaire Yves Trestornel les lignes suivantes :
" Il faut savoir que la Grande Loge Nationale Française a été régulière parce qu'elle a été formée à partir de deux Loges symboliques régulières, à savoir le Centre des Amis, ayant une filiation régulière du Grand Orient de France... "
Affirmation stupéfiante !
Le Grand Orient de France étant, en 1913, irrégulier depuis trente-six ans, on ne voit pas comment il aurait pu transmettre une " filiation régulière " à une Loge et, a fortiori, à une autre Obédience !...
8. Si donc quelques Loges de la GLNIR ont alors pratiqué le Rite Ecossais Rectifié, cela a été sans avoir reçu l'autorisation de la seule autorité légitime et ayant qualité pour la donner, le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie. Bien plus, en avril 1924, le Grand Prieuré d'Helvétie déclara irrégulière, en tant que Puissance rectifiée, la GLNIR.
9. Au contraire, en 1935, le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie - rendant ainsi à la France le Régime Ecossais Rectifié qu'il avait reçu d'elle - a créé le Grand Prieuré des Gaules et lui a accordé des " lettres patentes pour le réveil du Régime Ecossais en France ".
Cette patente n'a jamais été contestée ni abrogée.
Bien plus, elle a été complétée et renforcée quelques mois plus tard par un Traité d'alliance et d'amitié par lequel " les deux Puissances contractantes se reconnaissent réciproquement comme seules et uniques Puissances Souveraines du Régime Ecossais Rectifié dans leurs pays respectifs, savoir : le Grand Directoire des Gaules pour la France et ses Colonies et le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie pour la Suisse, et n'admettent comme ateliers réguliers du Régime Rectifié que ceux constitués en France par le Grand Directoire des Gaules, et en Suisse que ceux relevant directement du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie ".
(Comme le montre le reste du texte, Grand Directoire des Gaules est synonyme de Grand Prieuré des Gaules).
Enfin, elle a été de nouveau confirmée par le Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie le 27 janvier 1954.
Relations GPDG-GLNF
10. En 1958, le Grand Prieuré des Gaules et la Grande Loge Nationale Française se sont rapprochés et ont conclu une Convention.
Par cette Convention, le GPDG a remis à la GLNF l'administration de ses Loges " bleues " (trois premiers grades), à deux conditions :
a) que la pratique de ces trois premiers grades se fasse conformément aux règles constitutionnelles propres au Régime Ecossais Rectifié, édictées dans le " Code maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France " approuvé par le Convent des Gaules (Lyon) de 1778 ; et dans le " Code des Règlements généraux de l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", approuvé par le même Convent et régissant de son côté les grades chevaleresques ;
b) que les rituels pratiqués soient les rituels authentiques, sous l'approbation expresse du Grand Prieuré des Gaules.
L'"exposé des motifs " de cette Convention est très clair.
Il rappelle :
- que la Charte de 1935 (cf. 7), octroyée par le Grand Prieuré Indépendant
d'Helvétie au Grand Prieuré des Gaules, a habilité celui-ci " à régenter
la pratique du Rite Ecossais rectifié en France ",
- que les lettres patentes de 1910 (cf. 6) avait été accordées en vue de " créer sous la jurisprudence du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie une Commanderie à Paris ".
Il ajoute :
" Les deux Codes de Lyon sont les seules lois constitutives du Rite
Ecossais Rectifié et qui en organisent le Régime. Ces Lois, non seulement le
Grand Prieuré des Gaules n'a pas le pouvoir de les modifier, mais son premier
devoir est de les respecter et de les faire respecter ".
D'où " l'entente " avec la Grande Loge Nationale Française, destinée à permettre d'y " régulariser la pratique du Rite Ecossais Rectifié aux trois premiers grades ".
11. Le plus difficile à admettre, pour un esprit qui ne connaît que le " modèle anglais " d'organisation maçonnique, c'est la notion de délégation de pouvoirs qui caractérise la situation française et continentale (cf. 1 à 3). Dans cette situation, un Système, unique détenteur légitime d'un Rite dans tous ses grades, délègue à une Grande Loge le droit et le pouvoir de pratiquer les trois premiers grades de ce Rite. C'est ce qui s'est passé en France avec la Convention passée en 1958 avec le Grand Prieuré des Gaules, qui a donné à la GLNF le droit et le pouvoir de pratiquer les trois premiers grades du Rite Ecossais Rectifié ; puis avec l'accord de 1965 avec le Suprême Conseil, qui a donné à cette même GLNF le droit et le pouvoir de pratiquer les trois premiers grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
12. Ces délégations de pouvoir assurent en principe une coopération harmonieuse sans empiètements réciproques : la Juridiction gérant les " hauts grades " (Grand Prieuré, Suprême Conseil) ne s'immisce pas dans le fonctionnement de la Grande Loge, tant que celle-ci respecte les termes des accords. Si, en revanche, elle ne le fait pas, il a le devoir de signaler ces manquements, pour préserver le Rite dont il est le dépositaire et le garant, comme il était dit dans l'exposé des motifs de la Convention de 1958.
Or, il faut noter que la GLNF n'a jamais respecté la première des deux conditions de la Convention de 1958 (application du Code de 1778) et qu'elle n'a que partiellement respecté la seconde, puisqu'elle a autorisé l'usage de rituels qui n'étaient pas les rituels authentiques.
Pourtant, le GPDG a fait preuve de patience, afin de préserver l'harmonie, autant que possible, en s'efforçant d'amener la GLNF à un meilleur comportement, notamment à chaque changement de Grand Maître. C'est ainsi que la Convention de 1958 (qui avait subi des modifications mineures en 1965) a été solennellement confirmée en 1984, à l'initiative de l'actuel Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules, Daniel Fontaine, par accord entre lui et le Grand Maître de la GLNF, à l'époque Jean Mons.
C'est ainsi, aussi, qu'en janvier 1991, le Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules Daniel Fontaine et le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française André Roux ont échangé un " document de synthèse ", établi par une Commission de travail GLNF/GPDG (à laquelle participait, du côté Grande Loge Nationale Française... Claude Charbonniaud), dont, dans un courrier adressé au Grand Maître et Grand Prieur Daniel Fontaine, le Grand Maître André Roux saluait l'heureuse issue.
Enfin, en 1996, après sa deuxième élection à la Grande Maîtrise de la GLNF, l'actuel Grand Maître Claude Charbonniaud, sur sa demande instante, a été reçu avec tous les honneurs en Grand Chapitre du Grand Prieuré des Gaules, à l'occasion de la Fête de l'Ordre ; le Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules a alors solennellement affirmé sa volonté d'établir avec lui des rapports d'autant plus confiants que le Grand Maître Claude Charbonniaud était CBCS depuis longtemps.
14. Malheureusement, en dépit de la bonne volonté des Grands Maîtres successifs de la Grande Loge Nationale Française, jusqu'à Claude Charbonniaud, les relations entre la GLNF et le GPDG se sont progressivement dégradées, avant tout sous l'influence néfaste du tout-puissant Grand Secrétaire de la GLNF depuis une vingtaine d'années, Yves Trestournel. Celui-ci a constamment oeuvré pour faire échouer les tentatives de rapprochement et d'apaisement, notamment en diffusant des circulaires négatives à l'encontre du Rite Ecossais Rectifié. Et même, dans certaines Provinces de la GLNF, des Frères furent l'objet d'agressions verbales, de vexations, et même de sanctions, de la part de Dignitaires de la GLNF, à cause de leur appartenance au GPDG.
15. Pour tenter de mettre un terme à cette situation inadmissible, et dans un ultime effort d'apaisement, une Commission de conciliation, comportant deux représentants de la GLNF et deux représentants du GPDG, fut constituée par accord entre les Grands Maîtres de la GLNF et du GPDG. Elle fonctionna d'avril 1996 à février 1998.
Elle se révéla vite un leurre car, de la part de la GLNF, il n'y avait rien à négocier : il fallait accepter ses diktats, même lorsqu'ils étaient en complète contradiction avec les conditions de la Convention de 1958 qu'elle-même avait pourtant acceptées (Code de 1778, rituels). En fait, il apparut que son objectif réel était d'obtenir que le Grand Maître Claude Charbonniaud soit accueilli solennellement ès-qualités en Grand Chapitre. Cet objectif atteint, le climat se dégrada très vite.
La Commission dut donc cesser ses travaux - d'autant qu'un des représentants de la GLNF se trouva impliqué dans les activités d'une secte poursuivie en justice pour mauvais traitements à enfants.
16. Malgré ces difficultés intérieures, le rayonnement international
du Grand Prieuré des Gaules n'a cessé de grandir.
En particulier, il a reçu en 1992 du Grand Prieuré d'Angleterre et du Pays de Galles une patente pour pratiquer l'Ordre de Malte (Ordre de St Jean de Jérusalem, Palestine, Rhodes et Malte).
Puis, en 1999, il a reçu du Grand Prieuré d'Ecosse une patente pour pratiquer l'Ordre du Temple (Knights Templar).
Dans ces deux cas, les Grands Maîtres respectifs de ces deux Grands Prieurés se sont rendus en France, accompagnés d'importantes délégations pour présider aux cérémonies de consécration et d'installation.
Entre temps, en 1995, le Grand Prieuré des Gaules a reçu de l'Ordre des Hauts Grades des Pays-Bas (Rite Français) une patente pour constituer un Grand Chapitre des Hauts Grades du Rite Français et créer des Chapitres de Souverains Princes Rose+Croix. (Le Régime Ecossais Rectifié en France possédait de tels Chapitres au moment de sa constitution en 1774-78, mais ceux-ci n'avaient pas été transmis au Grand Prieuré d'Helvétie. Il fallait donc les reconstituer, ceux du Grand Orient de France étant devenus irréguliers avec lui).
Enfin, en 1998, le Grand Maître du Grand Prieuré des Gaules accompagné d'une importante délégation s'est rendu à Lomé pour consacrer et installer, en présence et avec la participation du Grand Prieur du Grand Prieuré Indépendant d'Helvétie, le premier Grand Prieuré Rectifié d'Afrique, celui du Togo, immédiatement reconnu par le Grand Prieuré d'Ecosse, puis par tous les autres.
17. Ces succès, qui auraient dû réjouir la GLNF, puisqu'ils servaient la réputation de la Maçonnerie régulière et qu'ils correspondaient tout à fait au but des signataires de la Convention de 1958 tel qu'il est formulé dans son annexe I, l'ont au contraire irritée.
Pour deux raisons :
a) Première raison : sa volonté de domination.
Depuis plusieurs années, la GLNF a implanté en France un très grand nombre de " Side Degres " anglais, américains et autres, et en a pris le contrôle - ce qu'une Grande Loge ne peut en principe pas faire.
Seul a échappé à sa mainmise l'Ordre du Temple et de Malte, qu'elle avait en projet d'établir en France sous son contrôle. Plusieurs tentatives en ce sens avaient eu lieu dès 1992, qui avaient toutes échoué. Le fait que ce soit le Grand Prieuré des Gaules, et non la Grande Loge Nationale Française, qui ait reçu l'Ordre du Temple et de Malte, a donc causé à cette dernière un vif dépit et une grande irritation.
Autre exemple significatif de l'esprit de domination de la GLNF : elle a reconnu au début de 1999 un Grand Chapitre de Rose+Croix qui fonctionnait dans la clandestinité depuis vingt ans, d'abord sans patente, puis avec une patente obtenue d'un Organisme brésilien non reconnu, et dont, en 1989, le Grand Secrétaire Yves Trestournel avait obtenu la révocation. Dix ans plus tard, la GLNF reconnaissait ce même Grand Chapitre et le plaçait sous son contrôle ! ! !
Ce même esprit de domination avait entraîné, en 1983-84, un grave conflit entre la GLNF et le Suprême Conseil du REAA, conflit exprimé dans des termes très voisins de celui d'aujourd'hui entre elle et le Grand Prieuré des Gaules.
Cela avait conduit le Souverain Grand Commandeur du Rite Ecossais Ancien et Accepté à réaffirmer ce qui est la position constante de la Maçonnerie française (cf. 1, 2 et 3) en déclarant officiellement le 18 décembre 1982 : " Quelles que soient les délégations de gestion dues aux circonstances historiques et aux nécessités administratives, notre Ordre n'a de sens que compris dans sa totalité, c'est-à-dire dans la hiérarchie des trente-trois Degrés ".
Cette affirmation s'applique parfaitement au Régime Ecossais Rectifié, avec ses six grades.
Toutefois, en la circonstance, le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française de l'époque, Jean Mons, empêcha le conflit d'aller jusqu'à la rupture, contrairement à aujourd'hui.
b) Deuxième raison : l'antichristianisme de plus en plus affirmé des dirigeants de la GLNF.
Les preuves sont nombreuses. Dernier exemple en date : en avril 1999, à l'assemblée annuelle de la Grande Loge de Côte d'Ivoire, à Abidjan, devant de nombreux Grands Maîtres et Grands Dignitaires africains, le Grand Secrétaire Yves Trestournel s'est livré, en présence du Grand Maître Claude Charbonniaud, à une attaque en règle contre les Rites chrétiens, ce qui lui a valu une vive réplique du Grand Maître du Grand Prieuré du Togo, qui était présent.
C'est dans ce contexte qu'est intervenue la rupture du 13 juin 2000.
La situation actuelle
18. A cette date, par une " décision " personnelle (non soumise au Souverain Grand Comité de la GLNF) le Grand Maître Claude Charbonniaud a annoncé que la GLNF dénonce la Convention de 1958 et qu'elle ne " reconnaît plus le caractère d'Institution franc-maçonnique " au Grand Prieuré des Gaules.
19. Cette dénonciation a été faite en violation des lois de l'Etat qui régissent le droit des contrats. Selon le texte formel de la Convention, celle-ci ne pouvait être dénoncée qu'en juillet 2005, avec effet un an plus tard, en juillet 2006.
Le GPDG a donc saisi les tribunaux de ce qui est qualifié par la loi de " rupture abusive de contrat ". En effet, le fait de renier sa signature est un délit puni par la Justice.
20. En vertu de ce qui a été expliqué plus haut (cf. 4, 7, 8, 9 et 10), la GLNF, en rompant cette Convention, a mis fin à la délégation de pouvoirs que lui avait donnée le GPDG (seul détenteur légitime et régulier en France du Régime Ecossais Rectifié) pour pratiquer les trois premiers grades du Rite Ecossais Rectifié. Elle s'est privée elle-même du droit de les pratiquer.
21. Bien plus, aggravant encore son comportement hostile et illégal, la GLNF vient de créer, le 19 juin 2000, deux organismes irréguliers et illégitimes, pour concurrencer le Grand Prieuré des Gaules :
a) un pseudo-" Directoire " (en concurrence de l'organisme qui, sous l'égide du Grand Prieuré gère le quatrième grade maçonnique, celui de Maître Ecossais de Saint-André) ;
b) un pseudo-" Grand Prieuré régulier (sic) de France ".
Ces deux créations sont explicitement mentionnées dans une " lettre d'information " du 30 juin 2000 signée du Grand Maître de la GLNF.
Elles violent à la fois :
- la loi maçonnique internationale, puisque la Grande Loge s'autorise à agir dans un domaine où, en vertu du " modèle anglais " dont elle se réclame, et qu'elle viole ainsi délibérement, elle n'a aucune compétence ;
- et le droit maçonnique particulier du Régime Ecossais Rectifié rappelé plus haut (1, 8 et 9) qu'elle s'était engagée à respecter et qui est, lui aussi, préservé par la loi. Ce dernier manquement va donc également faire l'objet d'une action en justice.
22. Ce coup de force de la GLNF cause un tort immense, non pas tant au Grand Prieuré des Gaules, qu'à la Franc-Maçonnerie tout entière.
Il cause un grand trouble, un grand désarroi et un grand désordre parmi les Frères, qui ne connaissent pas les raisons profondes (expliquées plus haut, cf. 16) de cette attaque brutale.
Beaucoup, même parmi ceux qui n'appartiennent pas au Rite Ecossais Rectifié, s'en scandalisent. Nombre d'entre eux, écoeurés, sont prêts à quitter la GLNF, voire à abandonner purement et simplement la Franc-Maçonnerie.
La publicité que la presse donnera inévitablement aux procès mentionnés en 18 et 20 n'arrangera rien.
23. Or, ces faits interviennent alors que les médias (presse, télévision) sont de plus en plus remplis de délits très graves reprochés à un nombre grandissant de membres, parfois très haut placés, de la GLNF, auxquels la police et la justice s'intéressent de très près (un cahier spécial de 12 pages dans un hebdomadaire tout récent - juin 2000 - y était encore consacré).
Ces délits étaient suffisamment connus à l'intérieur, depuis plusieurs années, pour avoir provoqué la démission de la GLNF de très nombreux policiers, avocats, magistrats, etc. afin de ne pas être compromis avec des malfaiteurs.
Cette situation avait conduit le Frère Prince Alexandre de Yougoslavie - par ailleurs Dignitaire de la Grande Loge Unie d'Angleterre - à donner spectaculairement sa démission d'Assistant Grand Maître de la GLNF, le 14 octobre 1995, ce qui avait entraîné sa radiation par le Grand Maître Claude Charbonniaud...
La " décision " de rupture du 13 juin 2000 s'inscrit dans cette logique destructrice pour la Franc-Maçonnerie.
24. Pour sortir de cette logique destructrice, il serait souhaitable que les Grandes Loges convainquent la GLNF de revenir à une attitude plus conforme à la raison et au droit, ce qui implique qu'elle annule sa décision de rupture et celles qui l'ont suivies.
Cela aurait déjà pour avantage immédiat d'éviter des procès où la réputation de la Franc-Maçonnerie serait gravement atteinte.
25. Le retour pur et simple au statu quo ante n'est cependant pas envisageable car il s'est révélé incapable d'assurer une coexistence harmonieuse. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, de nouvelles difficultés ne manqueraient pas de se produire.
26. Il faut impérativement trouver d'autres formules pour assurer que chaque Rite, et en particulier le Rite Ecossais Rectifié, puisse exister et s'épanouir sans contraintes, sans conflits, sans ingérences de quelque nature que ce soit.
Entre Frères de bonne volonté, ces formules peuvent facilement être mises au point.
27. Celle qui a la préférence du GPDG et qu'il a maintes fois proposée à la Grande Loge Nationale Française, mais celle-ci a toujours refusé, afin de maintenir sa domination sur tous les rites, c'est :
Une Fédération des Grandes Loges Unies de France
C'est la formule qui fonctionne avec succès en Allemagne et qui a reçu la reconnaissance de toutes les Grandes Loges régulières.
28. Au sein de cette Fédération, chaque Grande Loge serait organisée conformément à ses règles propres et pratiquerait son propre Rite, exactement comme en Allemagne ou coexistent de façon harmonieuse les Rite anglais, américain, de Schröder et de Zinnendorf, ce dernier étant cousin germain du Rite Ecossais Rectifié.
29. Le Régime Ecossais Rectifié,, représenté par le Grand Prieuré des Gaules, est profondément attaché à l'authenticité et à la liberté de chaque Rite, celle des autres Rites comme les siennes propres. Il veut que chacun vive librement et en paix avec les autres.
30. Il souhaite vivement l'aide de la Franc-Maçonnerie internationale, afin que la Grande Loge Nationale Française revienne à la raison et à la justice, et qu'ensuite puisse s'établir cette Fédération qui rétablirait l'équilibre, la paix et l'harmonie
