ÉPITOMÉ - été 2000
Histoire des relations entre le G.P.D.G. et la G.L.N.F.
Là encore, il faut évoquer les événements plus marquants :
· 7 juillet 1958 : en vertu d'une Convention conclue entre le G.P.D.G. et la G.L.N.F., le G.P.D.G. accepte la fusion de sa Grande Loge Rectifiée avec la G.L.N.F.
· 21 octobre 1965 : un Avenant à la Convention stipule que les Loges Écossaises de Saint-André, jusque là administrées par un Directoire indépendant, relèveront directement du G.P.D.G.
· 10 janvier 1984 : signature d'une Déclaration commune du Grand Maître de la G.L.N.F. Jean Mons et du Grand Maître National et Grand Prieur Daniel Fontaine, qui réaffirme " l'entente fraternelle entre les deux Juridictions " sur la base de la Convention de 1958.
· 21 janvier 1991 : échange entre le Grand Maître de la G.L.N.F. André Roux et le Grand Maître National/Grand Prieur Daniel Fontaine d'un " document de synthèse " élaboré par une Commission conjointe G.L.N.F./G.P.D.G. Le Grand Maître André Roux se déclare heureux du travail accompli et ajoute : " je vous confirme que je donne des instructions au Grand Secrétaire Yves Trestournel pour qu'il mette en activité avec votre aide la Loge d'Instruction Jean de Turckheim " ( lettre du 23 janvier).
· Décembre 1992 : élection de Claude Charbonniaud à la Grande Maîtrise de la G.L.N.F. ; il avait précédemment assuré l'intérim du Grand Maître André Roux, décédé accidentellement en janvier 1992.
· Septembre 1996 : visite officielle du Grand Maître Claude Charbonniaud au Grand Chapitre de la Saint Michel, Fête de l'Ordre dans le Grand Prieuré des Gaules. A cette occasion, le Grand Maître et Grand Prieur Daniel Fontaine se réjouit qu'un C.B.C.S. assume la Grande Maîtrise de la G.L.N.F. et affirme sa volonté d'entretenir avec lui des rapports confiants. Les relations semblaient dès lors placées sous les meilleurs auspices.
· Auparavant, en avril 1996, par accord entre les deux Grands Maîtres, avait été constituée une Commission de conciliation, composée, pour le G.P.D.G. , des Chevaliers Jean-François Var et Jean-Claude Tardivat et, pour la G.L.N.F. , des Frères Claude Mallo et Jean-François Berthon. Dans l'esprit du G.P.D.G. , il s'agissait d'aplanir les difficultés nées du non respect par la G.L.N.F. des clauses de la Convention de 1958, c'est-à-dire le gouvernement des Loges en conformité avec le Code Maçonnique des Loges Réunies & Rectifiées de 1778, et le respect scrupuleux des rituels approuvés par le G.P.D.G.
Mais cette Commission se révéla vite être un leurre, car toutes les demandes formulées par la délégation du G.P.D.G. se heurtèrent au refus systématique de la délégation de la G.L.N.F. et de son Grand Maître. La Commission survécut péniblement durant deux ans, sans aboutir à aucun résultat.
· 6 février 1995 : le Grand Maître et Grand Prieur Daniel Fontaine adresse un courrier - sur papier à en-tête des ORDRES UNIS - au Grand Maître Claude Charbonniaud pour l'informer du projet de constitution d'un Chapitre français de Rose+Croix par l'Ordre des Hauts Grades des Pays-Bas et de l'octroi par ce dernier d'une patente permettant de travailler régulièrement en France les Hauts Grades français, et en particulier celui de Rose+Croix.
· 14 février 1995 : le Grand Maître Claude Charbonniaud répond qu'il se réjouit
de cet événement " qui n'aura que des effets bénéfiques ", mais
qu'il n'a pas compétence pour " aller au-delà de ce constat et de ce
souhait ".
En complète contradiction avec cela, quatre ans plus tard,
le 9 février 1999, le Grand Maître Claude Charbonniaud donne son approbation
à un protocole sur la pratique des Hauts Grades du Rite Français, passé entre
la G.L.N.F. et un Grand Chapitre Français placé sous la direction du Frère
Roger Girard, jusque là clandestin. Il n'en informe pas le Grand Chapitre des
Hauts Grades du Rite Français du G.P.D.G. , qui ne l'apprend, après coup, que
par G.L.N.F.-Actualités. Le G.P.D.G. ne réagit pas publiquement pour ne pas créer
de tensions. La suite des événements prouve qu'il a eu tort de ne pas
protester.
· 16 décembre 1999 : le Grand Maître et Grand Prieur du G.P.D.G. ORDRES UNIS
informe le Grand Maître de la G.L.N.F. de l'octroi par le Grand Prieuré d'Écosse
au G.P.D.G. d'une patente de l'Ordre du Temple (Knights Templar) en complément
de celle de l'Ordre de Malte donnée par le Grand Prieuré d'Angleterre et de
Galles. Dans ce courrier , le Grand Maître et Grand Prieur Daniel Fontaine
propose au Grand Maître Charbonniaud une rencontre pour étudier ensemble la
possibilité d'ouvrir les portes de cet Ordre aux membres de l'Arche Royale,
comme c'est la règle en Écosse , en Angleterre et dans tous les pays
anglo-saxons.
Quelques jours plus tard, dans une lettre non datée, le Grand Maître Charbonniaud répond en s'interrogeant sur la dénomination " ORDRES UNIS " - qu'il paraît découvrir, au bout de sept ans ! - et sur l'existence des Hauts Grades du Rite Français pratiqués au G.P.D.G. Il s'étonne en outre de la patente octroyée par le Grand Prieuré d'Écosse. Ce courrier mentionne explicitement pour la première fois sous forme de reproche un " expansionnisme " qui n'aurait rien à voir avec " l'esprit des accords " de 1958 et 1984.
· 7 février 2000 : le Grand Maître et Grand Prieur du G.P.D.G. ORDRES UNIS répond au Grand Maître de la G.L.N.F. par une mise au point à propos de la patente de Knights Templar, en rappelant aussi le principe réaffirmé lors de la conférence des Grands Maîtres à Stockholm de la non ingérence des Grandes Loges dans les affaires qui sont de la compétence des Grands Prieurés.
· 10 février 2000 : le Grand Maître des ORDRES UNIS répond de même au Grand Maître de la G.L.N.F. en ce qui concerne la constitution de son Grand Chapitre des Hauts Grades du Rite Français et la dénomination " ORDRES UNIS " , et en lui rappelant l'échange de correspondance de février 1995.
Ces deux courriers n'ont reçu aucune réponse.
· Mais : le 23 février 2000 , le Premier Grand Principal de l'Arche Royale pour la France Claude Charbonniaud diffuse une note par laquelle il " n'autorise pas " les membres de ses Chapitres à pratiquer " le degré de Knights Templar " sur le territoire national.
· Et : le 23 mars 2000 , une communication du Grand Maître Charbonniaud sur papier à en-tête de la G.L.N.F. à l'intention de ses Grands Maîtres Provinciaux - pour diffusion à toutes les Loges - affirme que le Grand Chapitre Français avec lequel la G.L.N.F. a passé le protocole de 1999 (celui de R. Girard) est la seule puissance reconnue par l'Obédience, à laquelle peuvent s'affilier ses membres pour pratiquer les Hauts Grades du Rite Français dans leur intégralité.
· Fin mars 2000 : est adressé à tous les membres du G.P.D.G. un Épisome expliquant les nouvelles structures de l'Ordre votées en assemblée générale plénière du 29 janvier 2000. Il est rappelé que la pratique du Grade de Chevalier du Temple par les membres de l'Arche Royale ne se fera pas sans l'agrément des autorités de celle-ci.
· 28 avril 2000 : le Grand Maître Daniel Fontaine écrit au Grand Maître
Claude Charbonniaud pour lui demander un rendez-vous afin de dissiper le climat
d'incompréhension qui semble s'être installé entre les deux Juridictions.
Cette lettre sera sans réponse.
· 6 juin 2000 : le Grand Chancelier des ORDRES UNIS Serge Florence écrit au Grand Secrétaire de la G.L.N.F. Yves Trestournel pour lui proposer la création d'un comité préparatoire paritaire en vue de l'établissement d'un accord afin de permettre aux Compagnons de l'Arche royale qui désirent continuer logiquement leur démarche spirituelle, d'accéder à l'Ordre du Temple, puis à l'Ordre de Malte. Cette lettre est également restée sans réponse.
· 10 mai 2000 : le Grand Maître et Grand Prieur du Togo Richard Attipoe, dans une lettre au Grand Maître du G.P.D.G. Ordres Unis, s'émeut des propos tenus le 15 avril 2000, durant l'assemblée générale annuelle de la Grande Loge de Côte d'Ivoire, par le Frère Yves Trestournel. A cette occasion, devant tous les Grands Maîtres et Dignitaires africains présents, le Grand Secrétaire de la G.L.N.F. a déclaré que " c'est un scandale de voir des Africains pratiquer le Rectifié " , se lançant dans une " diatribe " contre le caractère chrétien du Rite et soutenant que " l'esclavage, oeuvre des chrétiens, a été aboli par les Maçons " , sans que le Grand Maître Claude Charbonniaud, qui était présent , réagisse. Ces propos ont entraîné une vive réplique du Grand Maître et Grand Prieur Richard Attipoe .
· 23 mai 2000 : le Grand Maître Daniel Fontaine adresse un courrier au Vénérable Maître de la Loge Nationale d'Instruction - Jean de Turckheim Joël Pontet, le priant d'informer le Frère Jean-Pierre Pilorge, Assistant Grand Maître de la G.L.N.F. chargé de la formation et de la communication, du compte-rendu de la réunion d'instruction du 28 mars 2000 de la Loge Provinciale d'Instruction Jean de Turckheim Alpes Méditerranée, établi par son Vénérable Maître Michel Ducas et diffusé le 9 mai 2000 sous le timbre de la Grande Loge Provinciale Alpes-Méditerranée. Il y est décrété qu'il est désormais obligatoire de : " supprimer le terme " chrétien ", nos loges étant ouvertes à tous les hommes libres et de bonnes murs ".
La démarche du Frère Joël Pontet est restée sans réponse.
· 13 juin 2000 : " décision " de la G.L.N.F. dénonçant les accords entre elle et le G.P.D.G.
· 20 juin 2000 : le Grand Maître Daniel Fontaine, dans un courrier recommandé avec accusé de réception, adressé au Grand Maître Claude Charbonniaud, conteste la " décision " du 13 juin tant sur la forme que sur le fond et lui signifie que les accords de 1958 étant rompus par la G.L.N.F., cette dernière se prive de son propre fait du droit de pratiquer les grades d'Apprenti , Compagnon et Maître du Rite Rectifié qu'elle ne détenait jusqu'alors que par délégation.
· 19 juin 2000 : création par la G.L.N.F. d'un " Directoire National des Loges Écossaises Rectifiées de France (D.N.L.E.R.) " et d'un " Grand Prieuré Régulier de France (G.P.R.F.) ", tous deux domiciliés " chez G.L.N.F., 65 boulevard Bineau, Neuilly-sur-Seine " (déclarations à la Préfecture des Hauts-de-Seine du 19 juin 2000, publiées au Journal Officiel du 22 juillet 2000, cf. Annexe N°10).
· 25 juillet 2000 : audience devant le Vice-Président du Tribunal de Grande
Instance de Paris, juge des référés. Celui-ci propose une médiation, immédiatement
acceptée par le G.P.D.G., ainsi que par la G.L.N.F.
Un Médiateur est aussitôt nommé.
· 30 août 2000 : première rencontre avec le Médiateur.
