| Ce jour-là... |
Le 4 janvier 1935, le ministre français des Affaires
étrangères, Pierre Laval, se rend à Rome, capitale de l'Italie fasciste.
Pierre Laval a succédé à Louis Barthou aux Affaires étrangères après l'assassinat de ce dernier à Marseille aux côtés du roi de
Yougoslavie.
De la gauche pacifiste à la Collaboration
Né à Châteldon (Puy-de-Dôme) en 1883, dans la
famille d'un modeste cafetier, Pierre Laval a d'abord brillé dans les rangs de
l'extrême-gauche révolutionnaire. Il est député socialiste d'Aubervilliers en 1914 et
ne cesse de militer pendant la Grande Guerre en faveur d'une paix de compromis.
De manières frustes mais habile manoeuvrier, il devient plusieurs fois ministre après la
guerre, notamment ministre de la Justice dans le gouvernement de gauche de Briand, en
1926, et ministre du Travail dans celui de Tardieu en 1930. Président du Conseil en 1931,
il tente mais en vain de sortir le pays de la crise économique.
En 1935, comme ministre des Affaires étrangères, il cherche à protéger la France
contre la menace allemande en négociant des alliances avec l'Italie de Mussolini puis
avec l'URSS de Staline. L'invasion de l'Ethiopie par
l'Italie signe son échec.
Pacifiste invétéré, Laval critique la déclaration de guerre à l'Allemagne en 1939. La
défaite de l'année suivante semble lui donner raison et lui vaut d'entrer dans le
gouvernement du maréchal Pétain.
Intimement convaincu de l'inéluctable victoire de l'Allemagne, il prend le parti d'en
atténuer le prix pour la France et s'engage ce faisant dans une collaboration de plus en
plus sordide avec l'occupant. Il est condamné à mort à la Libération et fusillé le 15
octobre 1945 à la prison de Fresnes (ayant tenté de s'empoisonner dans sa cellule, il
est traîné moribond au poteau d'exécution).
Pierre Laval a emprunté
à son prédécesseur aux Affaires étrangères l'idée d'un système de sécurité collective destiné à contenir la
menace hitlérienne en Europe.
Il avise le Duce, Benito Mussolini, d'un projet d'alliance avec l'Union
soviétique et se propose de signer avec lui un traité qui réglerait le contentieux
colonial franco-italien. Ce contentieux concerne notamment la Tunisie, que revendique
l'Italie fasciste.
Mais dans son désir de consolider l'alliance entre la France et l'Italie, Pierre Laval va
jusqu'à rassurer Mussolini sur l'attitude de la France dans le cas où l'Italie
déciderait de conquérir le dernier pays africain indépendant, l'Éthiopie.
Un peu plus tard, à Moscou, le 2 mai, Pierre Laval
signera également avec le gouvernement de Staline un traité d'assistance mutuelle,
donnant du crédit à son rêve pacifiste de créer une ceinture sanitaire autour de
l'Allemagne nazie.
Mais quand l'Italie attaquera l'Ethiopie en octobre de la
même année, la France ne pourra pas empêcher la Société des Nations de la
sanctionner.
L'Italie fasciste se rapprochera alors de l'Allemagne nazie et les calculs de Pierre Laval
se retourneront contre les intérêts français...
Écarté de la scène politique par la victoire du Front Populaire en 1936, Pierre Laval reviendra au pouvoir dans la plus sinistre des
circonstances, celle de la défaite.
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