15 janvier 1208

Début de la croisade des Albigeois

Ce jour-là...

La croisade des Albigeois:

15/01/1208: assassinat du légat Pierre de Castelnau

22/07/1209: sac de Béziers

12/09/1213: bataille de Muret

16/03/1244: le bûcher de Montsegur

30/10/1242: paix de Lorris

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Les grandes heures de Toulouse:

Brève histoire de la cité
 

Le 15 janvier 1208, le légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné sur une route du Languedoc par un écuyer du comte de Toulouse Raimon VI.

Le légat venait d'excommunier Raimon VI en raison de son excessive sollicitude pour les cathares (du mot grec katharos qui signifie pur) (1).

Une hérésie enracinée dans le Midi

Depuis un demi-siècle, ces hérétiques originaires de l'Italie du nord recueillaient un succès croissant dans le Midi toulousain en raison de leur doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal.

Elle s'inspirait de l'enseignement d'un prêtre perse du nom de Manès qui avait vécu mille ans tôt (d'où le nom de manichéisme donné aux différentes doctrines issues de sa pensée).

Les cathares considéraient que l'Église officielle avait trahi sa mission dès le pontificat de Sylvestre 1er, sous le règne de l'empereur Constantin le Grand, 900 ans plus tôt!

Ils se revendiquaient eux-mêmes chrétiens mais prétendaient que Jésus Christ était un ange et non pas Dieu fait homme. Ils tenaient pour indigne de considérer que Dieu pût subir le supplice de la croix.

Ils ne reconnaissaient qu'un seul sacrement, le «consolamentum», qui effaçait toutes les fautes passées et garantissait la vie éternelle. Les fidèles d'un naturel peu religieux faisaient en sorte de l'obtenir seulement dès qu'ils sentaient venir la mort.

Les prédicateurs cathares du Midi étaient servis par l'image déplorable que donnait du catholicisme le clergé local. Prélats et curés se vautraient volontiers dans la luxure mais ne s'en montraient pas exigeants à l'égard de leurs ouailles en termes de morale.

Au contraire, les Bonshommes (appellation usuelle des prédicateurs cathares) affichaient une austérité irréprochable, empreinte de douceur et de sérénité mais témoignaient d'une grande compréhension envers les écarts de conduite de leurs fidèles.

Contre eux, saint Bernard de Clairvaux, conseiller des rois et prédicateur de la deuxième croisade en Terre sainte, avait tenté sans succès de réveiller les consciences catholiques. Lui-même s'était plaint d'avoir trouvé des églises désertées par les fidèles.

Le vigoureux moine est relayé à partir de 1206 par l'évêque Diego d'Osma, en Castille, et par son chanoine, Dominique de Guzman (ou de Caleruega).

Le futur saint Dominique donne l'exemple de la pauvreté évangélique. Comme les Bonshommes parcourt pieds nus les campagnes. Il fonde une communauté de frères prêcheurs, dont les membres sont aujourd'hui connus sous le nom de dominicains. Mais ses prédications se révèlent malgré tout impuissantes à éradiquer l'hérésie.

Croisade et ruine du Midi

Le pape Innocent III décide en désespoir de cause de recourir à la force. Par l'intermédiaire de son légat, il tente de convaincre le comte Raimon VI de prendre la tête d'une croisade.

Mais le comte de Toulouse, qui descend du fameux Raimon IV de Saint-Gilles, chef de la première croisade en Terre sainte, refuse net de combattre ses propres sujets. Dispute, excommunication, départ du légat et de son escorte. Assassinat.

Ce drame de trop entraîne le pape à lancer l'appel à la croisade sans oublier de canoniser son légat. C'est la première fois qu'une croisade est officiellement dirigée contre des gens qui se réclament du Christ. Mais cet aspect ne gêne pas les contemporains tant il est vrai que l'hérésie cathare ne saurait être tolérée.

Cette première expédition débute par le sac de Béziers et le massacre de sa population, le 22 juillet 1209.

(1) Sur la croisade des Albigeois, on peut lire avec profit l'ouvrage régulièrement réédité de Zoé Oldenbourg, Le bûcher de Montségur, ou plus simplement le petit essai complet et didactique de Jacques Madaule, Le drame albigeois et l'unité française, Gallimard, 1973 [retour]

 

Mise à jour le 24 février 2003