29 janvier 1635

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Fondation de l'Académie française

La France de Richelieu et Louis XIII en marche vers l'absolutisme


Conspiration de Cinq-Mars

Le siège de La Rochelle

Académie française

La journée des Dupes

Guerre contre l'Espagne

Portrait du cardinal de Richelieu, par Philippe de Champaigne
Le cardinal de Richelieu

Le 29 janvier 1635, le cardinal de Richelieu signe les lettres patentes qui fondent l'Académie française.

Son nom vient du jardin Akademos, à Athènes, où Platon enseignait la philosophie. Sous la Renaissance, on a pris l'habitude d'appeler ainsi les sociétés savantes où l'on discutait de belles lettres et de sciences.

L'Académie française est issue d'un petit groupe de lettrés et d'érudits qui se réunissaient chaque semaine chez l'un d'eux, Valentin Conrart, secrétaire du roi Louis XIII.

L'un d'eux, le seigneur de Boisrobert, est secrétaire du Premier ministre, Richelieu. Il l'entretient de ces réunions.

L'habile cardinal a alors l'idée de s'attacher les gens de lettres et de les mettre au service de l'État et du pouvoir monarchique. Il veut promouvoir l'esthétique classique au détriment de la préciosité et du baroque.

Richelieu invite les érudits à se constituer en corps officiel et leur accorde sa protection.

De 9, ils portent leur nombre à 28 avant que les lettres patentes ne limitent définitivement à 40 le nombre d'académiciens.

Les académiciens sont cooptés par leurs pairs et demeurent en fonction jusqu'à leur mort (d'où le surnom quelque peu ironique d'«Immortels»).

La nouvelle Académie se voue à la langue française. L'article 24 de ses statuts énonce: «La principale fonction de l'Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et la science...»

Valentin Conrart, premier secrétaire perpétuel de l'Académie, avalise la pratique des réunions hebdomadaires destinées à la rédaction d'un Dictionnaire de la langue française et au perfectionnement de la langue.

En 1638, Richelieu, soucieux de faire taire les railleries autour de la jeune Académie, l'engage à donner son sentiment sur la tragédie du Cid, qu'a représentée Corneille l'année précédente.

C'est l'unique fois où l'Académie prétend s'ériger en arbitre littéraire.

Après la mort du cardinal, l'Académie sollicitera la protection du chancelier Séguier puis du roi lui-même.

Sous la Convention, en 1795, l'Académie française et quatre autres académies royales seront supprimées et remplacées par un Institut national des sciences et des arts, l'actuel Institut de France.

Le Premier consul Napoléon Bonaparte puis Louis XVIII et Louis-Philippe rétabliront l'Académie française dans sa plénitude.

L'habit vert des académiciens sera officialisé par un décret du Premier Consul Napoléon Bonaparte en date du 23 floréal an IX (15 mai 1801).

L'épée, qui désignait sous l'Ancien Régime les gens de la Maison du Roi, deviendra, à travers ses décorations, l'expression de la personnalité de chaque académicien.

  Des traditions solides... et vaines

Depuis la fin du XVIIe siècle, l'Académie française a une activité de pure forme et son travail sur le fameux Dictionnaire suscite le sourire plus que l'admiration.

L'entrée sous la Coupole reste toutefois très prisée car elle permet de rencontrer des personnes de toutes origines dans une fraternité intellectuelle de bon aloi. Elle correspond parfois à une fin de carrière et la moyenne d'âge élevée des impétrants n'encourage guère au dynamisme.

Certains s'interrogent sur l'opportunité de donner à cette institution respectable plus d'initiative dans la promotion de la langue française.

La moindre des réformes serait que les nouveaux élus aient un statut actif pendant quelques années durant lesquelles ils pourraient travailler et faire des propositions. Au terme de ce mandat, ils se cantonneraient dans un rôle honorifique et laisseraient le travail à leurs nouveaux collègues.
  

 

Mise à jour le 24 février 2003