Sortie du premier numéro de La Gazette

 Médecins et savants
au grand coeur:

François Rabelais
né près de Chinon, vers 1484
mort à Paris le 9 novembre 1553


Michel Servet
né en Navarre vers 1510
mort à Genève le 27 octobre 1553


Ambroise Paré
né près de Laval en 1510
mort à Paris en 1590


Théophraste Renaudot
né à Loudun en 1586
mort à Paris le 25/09/11653


Joseph-Ignace Guillotin
né à Saintes le 28 mai 1738
mort à Paris le 26 mars 1814


Edward Jenner
né à Berkeley en 1749
mort à Berkeley le 27 octobre 1823


Louis Pasteur
né à Dôle en 1822
mort à Villeneuve-L'Etang en 1895


Arthur Conan Doyle
né à Edimbourg le 22 mai 1859
mort le 7 juillet 1930


Alexandre Yersin
né près de Lausanne en 1863
mort au Vietnam en 1943

 

Le 30 mai 1631, sous le règne de Louis XIII, une poignée de privilégiés découvre le premier numéro de «La Gazette».

Cette feuille d'information hebdomadaire tire son nom d'une monnaie (gazetta) qui équivalait à Venise au prix d'un journal.

Un autre journal, joliment intitulé «Nouvelles ordinaires de divers endroits», circule depuis quelques mois déjà à Paris, à l'imitation des périodiques qui se répandent avec succès dans les pays germaniques.

Ce premier périodique français est l'oeuvre de deux libraires parisiens, Jean Martin et Louis Vendosme.

A la différence de ceux-ci, le fondateur de La Gazette, Théophraste Renaudot (45 ans), bénéficie du soutien de Richelieu.

Un médecin philanthrope

 Théophraste Renaudot, gravure du XVIIe siècleLe puissant cardinal, qui dirige le Conseil du roi, a deviné les qualités humaines de ce médecin originaire de Loudun.

Il l'a introduit auprès de Louis XIII puis lui a permis d'ouvrir à Paris un bureau d'assistance aux pauvres, le «Bureau et Registre d'adresses», avec le titre de Commissaire général des pauvres du royaume.

Le «Bureau» est rien moins qu'une agence pour l'emploi avant la lettre.

Théophraste Renaudot est aussi à l'origine du premier mont-de-piété français, imité d'une institution italienne. Il consent de petits prêts sur gages aux pauvres et aux familles ruinées.

 
Origine du mont-de-piété

À Pérouse (Italie), en 1462, le moine Barnabé de Terni entreprend de combattre l'usure, c'est-à-dire le prêt avec un intérêt à taux très élevé. Cette pratique est au Moyen Âge surtout le fait des juifs. Les principales victimes en sont les pauvres.

Le moine crée un établissement bancaire qui accorde sur gages des avances sans frais et sans intérêt. C'est ce qu'il appelle un «crédit de piété» (en italien, monte pietà, que les Français ont - mal - traduit par... mont-de-piété ou Mont de Piété; on trouve aussi mont-de-pitié!).

L'institution se répand dans les États pontificaux avant que Théophraste Renaudot ne l'acclimate en France en 1637. Mais l'expérience française tourne court dès1644. Louis XVI y revient en 1777.

On raconte que l'un des fils du roi Louis-Philippe 1er, le prince de Joinville, se trouva un jour contraint de laisser sa montre en gage au mont-de-piété pour payer des dettes de jeu. À la reine Marie-Amélie qui lui demanda ce qu'était devenue la montre, il dit l'avoir oubliée «chez sa tante». L'expression devint aussitôt synonyme de mont-de-piété.

En 1918, les monts-de-piété de France prirent le nom de Crédit municipal sous lequel ils sont connus aujourd'hui.
 

Le médecin de Loudun enseigne aussi la médecine à titre gratuit et donne des consultations gratuites aux indigents, non sans susciter de violentes oppositions parmi les médecins officiels.

Un organe de propagande

La Gazette reçoit un privilège d'exploitation qui lui permet d'absorber son concurrent. Son succès va grandissant. Bénéficiant de la modernisation du service des postes, le tirage atteint bientôt... 800 exemplaires.

Le journal compte quatre à douze pages selon les semaines. Il s'agit essentiellement de communiqués officiels et de nouvelles de l'étranger.

Richelieu et le roi Louis XIII en font un organe de propagande à leur service. Ils lui confient volontiers des articles où ils expliquent leur politique étrangère, notamment leur alliance avec les protestants allemands dans la Guerre de Trente Ans.

En 1638, à la mort du Père Joseph, un capucin conseiller de Richelieu en matière de diplomatie (l'«Éminence grise»), Théophraste Renaudot prend sa succession à la direction du Mercure français, un répertoire des événements survenus en France dans l'année.

En 1762, La Gazette est cédée par les descendants du fondateur au ministre Choiseul qui le rebaptise «La Gazette de France» et lui donne un caractère ouvertement gouvernemental.

Il disparaît dans l'indifférence le 30 septembre 1915, pendant la première guerre mondiale.

 

Mise à jour le 24 février 2003