3 février 1830

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

La Grèce assure son indépendance

Le 3 février 1830, à Londres, le sultan Mahmoud II reconnaît l'indépendance pleine et entière de la Grèce et entérine les protocoles qui définissent ses frontières.

Le nouvel État est limité au Péloponnèse, à la région d'Athènes et aux îles Cyclades. Pour les habitants de cette petite Grèce, c'en est fini de quatre siècles d'occupation ottomane.

Après la chute de l'empire byzantin et la prise de Constantinople en 1453, les sultans turcs avaient ménagé aux Grecs une large autonomie.

Mais, en Grèce comme ailleurs, leur administration s'est montrée incapable d'assurer la sécurité indispensable au développement économique et social.

Les Grecs profitent du déclin de l'empire ottoman et de l'immixion des Occidentaux dans les affaires turques pour réclamer une complète indépendance.

Le 25 mars 1821, l'archevêque de Patras donne le signal de la rébellion.

Il s'ensuit une très dure guerre. Elle est d'abord favorable aux Grecs. Mais les Turcs ne tardent pas à reprendre le dessus avec le concours de leurs vassaux égyptiens.
 

 < Les massacres de Scio, par Théodore Gericault (musée du Louvre) >
 
 Les massacres de Scio (musée du Louvre)
 
La célèbre toile d'Eugène Delacroix, présentée au Salon de 1824, évoque de cruels massacres qui firent 70.000 victimes en avril 1822. Elle va contribuer à faire pencher l'opinion occidentale en faveur des Grecs et déclenchera en 1827 l'opération anglo-franco-russe de Navarin.

 
La guerre est marquée par les célèbres massacres de Chio (illustrés de façon magistrale par le peintre Théodore Géricault) ainsi que par la prise de Missolonghi, au cours de laquelle meurt le poète anglais Lord Byron. A Athènes, le colonel français Fabvier apporte son concours à la défense de l'Acropole.

La guerre fait 200.000 morts parmi les Grecs quand les Occidentaux se décident à intervenir officiellement.

Après la destruction de la flotte turco-égyptienne à Navarin et un début d'invasion des troupes russes, le sultan se résigne à signer un traité à Andrinople, le 14 septembre 1829, par lequel il reconnaît à la Grèce une très large autonomie.

Il confirme enfin à Londres l'indépendance d'une partie de la Grèce historique.

Renaissance d'une Nation

Selon l'usage qui a déjà prévalu avec l'avènement de la Belgique indépendante, les Occidentaux imposent au nouvel État de renoncer à la République et lui donnent un monarque pur sang, le prince Othon de Bavière. Celui-ci est élu à Nauplie le 8 août 1832.

Au fil de plusieurs guerres contre les Turcs et ses autres voisins, le royaume finit par rassembler à l'intérieur de ses frontières la plupart des Grecs.

Un siècle plus tard, par le traité de Sèvres, les Grecs tentent mais en vain de prendre leur revanche sur l'ancienne puissance coloniale en prenant pied en Anatolie, au cœur même de la Turquie historique.

 

Mise à jour le 24 février 2003