9 février 1849

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Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

Mazzini fonde la République romaine

Le 9 février 1849, à Rome, Giuseppe Mazzini proclame la déchéance du pouvoir temporel du pape et instaure la République.

Un demi-siècle plus tôt, les révolutionnaires français avaient semé en Italie les germes de la démocratie et du nationalisme.

Les bourgeois et les intellectuels, sous l'influence du romantisme, s'exaltent au théâtre et à l'opéra, comme leurs homologues belges. Ils se prennent à rêver à l'unité politique de la péninsule.

L'avocat Giuseppe Mazzini est de ceux-là. Né à Gênes en 1805, ce romantique complote dans la Charbonnerie, une association secrète née dans le royaume de Naples au temps de l'occupation française. 

Après plusieurs soulèvements infructueux des «carbonari», en 1821 et en 1831, par manque de soutien populaire, Mazzini se réfugie à Marseille où il crée son propre mouvement, Jeune Italie (Giovine Italia). Son programme est simple: l'unité dans la République, avec une devise, «Dieu et Liberté».

Ses tentatives de soulèvement ne réussissent pas mieux que les précédentes malgré le soutien d'un hardi combattant, le Niçois Giuseppe Garibaldi.

Arrive l'élection du pape Pie IX. Il réforme aussitôt les États pontificaux dans un sens libéral et les espoirs des patriotes italiens se reportent vers lui.

L'abbé piémontais Vincenzo Gioberti préconise une fédération autour du pape (dans la tradition des Guelfes qui, au Moyen Âge, s'opposaient aux Gibelins partisans de l'empereur d'Allemagne).

De son exil de Londres, Mazzini appelle, mais en vain, le pape à prendre la tête du mouvement italien.

La Révolution de Février 1848, à Paris, semble enfin apporter l'occasion tant attendue. Chacun évoque le «printemps des peuples» et rêve d'une Europe fraternelle et républicaine.

A Milan, la population se soulève pendant les Cinq Jours des 18 au 23 mars 1848. Elle chasse de la ville les troupes autrichiennes du feld-maréchal Radetsky.

Le roi de Piémont-Sardaigne, Charles-Albert, veut profiter des troubles civils pour chasser l'Autriche d'Italie... et s'emparer du Milanais.

Cependant, les autres souverains et surtout le pape refusent de s'engager dans la guerre à ses côtés. Charles-Albert signe un armistice le 3 août 1848 et se retire piteusement dans ses États.

Les patriotes, cependant, ne renoncent pas. Venise et Florence se soulèvent. A Rome, un ministre du pape est assassiné et Pie IX s'enfuit dans la citadelle de Gaète, au sud de Rome, en laissant sa capitale aux mains des démocrates. 

Giuseppe Mazzini, de retour d'exil, institue un triumvirat avec deux autres républicains, Aurelio Saffi et Carlo Armellini.

Mais le vent tourne. Le roi Charles-Albert reprend imprudemment la guerre contre l'Autriche. Il est battu à plate couture à Novare et doit abdiquer.

La situation devient des plus confuses... comme le rappelle l'expression «fare un quarantotto» (faire un 48 ou en d'autres termes, semer la pagaille).

Les armées rétablissent partout l'ordre ancien. A Rome, le souverain pontife fait appel à la République française.

Celle-ci envoie une armée sous les ordres du général Oudinot. Elle se heurte à la résistance de 10.000 volontaires républicains, commandés par Garibaldi, les Chemises rouges.

Le représentant de la France, le diplomate Ferdinand de Lesseps, tente de négocier avec le triumvirat romain mais il est désavoué par le ministre des Affaires étrangères, Alexis de Tocqueville (ces personnages s'illustreront dans d'autres domaines que la politique).

C'est seulement le 2 juillet 1849 que tombe la République romaine.

Giuseppe Mazzini, une nouvelle fois, prend le chemin de l'exil et reporte ses espoirs sur l'union de l'Europe. En 1872, il a la satisfaction de revenir mourir dans une Italie enfin réunifiée.

 

Mise à jour le 24 février 2003