!

30 avril 1863 

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

La Légion résiste à Camerone

Le 30 avril 1863, dans le village de Camerone, au Mexique, soixante cinq légionnaires français, sous les ordres du capitaine Jean Danjou, résistent à une armée mexicaine de plus de deux mille hommes.

La guerre du Mexique

Un an plus tôt, la France, l'Angleterre et l'Espagne étaient intervenues militairement au Mexique pour obliger le président Benito Juarez à honorer les dettes de son pays.

Tandis que les Anglais et les Espagnols se retirent, l'empereur français Napoléon III forme le projet de renverser le président mexicain et de transformer le Mexique en un empire latin et catholique. Il serait en Amérique du nord le pendant des États-Unis anglophones et protestants, au même moment à feu et à sang en raison de la guerre de Sécession.

La couronne mexicaine serait confiée à l'archiduc Ferdinand-Maximilien, le frère cadet de l'empereur autrichien François-Joseph 1er. Napoléon III compte de la sorte s'allier l'Autriche.

Cette «plus grande pensée du règne» de Napoléon III va sombrer dans le drame car l'armée française, d'abord placée sous le commandement du général Forey, se heurte à la résistance farouche des Mexicains.

Sacrifice

 < Légionnaires au Mexique, par Benigni >Tandis que l'armée française assiège la ville de Puebla, en vue de s'ouvrir la route de Mexico, une compagnie de légionnaires chargée de protéger ses lignes de ravitaillement voit surgir des cavaliers juaristes.

Après avoir repoussé une première charge, le capitaine Jean Danjou (35 ans) décide de placer ses hommes dans le village abandonné de Camerone (Camaron pour les Mexicains).

Suite à une démonstration de force, les Mexicains du colonel Milan offrent le reddition à la Légion Étrangère. Le capitaine refuse et jure de ne jamais se rendre. Ses hommes font de même. Danjou est bientôt tué en inspectant les positions.

Le colonel Milan lance un assaut auquel la Légion résiste héroïquement. Les huit derniers survivants se retranchent dans un hangar où ils tiennent encore plus d’une heure avant d'être faits prisonniers. Ils acceptent de se rendre à condition de conserver leurs armes et d’avoir leurs blessés soignés, ce qu'acceptent les Mexicains.

L'héroïsme de ces légionnaires n'empêchera pas l'échec final de Napoléon III.

Après l'entrée des Français à Mexico et l'octroi de la couronne à Maximilien, le général François Achille Bazaine prend le commandement de l'armée française.

Il doit faire face à la guerilla des partisans juaristes et peine à former une armée mexicaine au service de Maximilien.

En désespoir de cause, il demande au malheureux empereur le droit de faire fusiller tous les rebelles pris les armes à la main, décision qui a pour effet de relancer la guerilla.

Entretemps, les États-Unis, arrivés au terme de leur guerre civile, exigent le retrait de la France. En Europe même, la situation internationale se dégrade rapidement. Une guerre se profile entre la Prusse et l'Autriche.

Fiasco

En avril 1866, Napoléon III décide de rapatrier le corps expéditionnaire en catastrophe. Il laisse sur place quelques rares volontaires au service de l'armée mexicaine.

Après avoir longtemps hésité, l'éphémère empereur du Mexique refuse au dernier moment de s'enfuir, sur les instances de son épouse, l'archiduchesse Charlotte, fille du roi des Belges, Léopold. Ayant renoncé à ses droits sur la couronne d'Autriche, il n'a rien à espérer en Europe.

 Mort de Maximilien, par Edouard Manet (détail, musée du Louvre)Ferdinand-Maximilien (36 ans) est pris et fusillé par les juaristes le 19 juin 1867 à Queretaro, avec deux de ses généraux.

Son épouse sombre dans la folie la même année après avoir tenté de mobiliser  les souverains d'Europe et le pape en sa faveur.

Napoléon III est lui-même battu et fait prisonnier par les Prussiens à Sedan, trois ans plus tard. Bazaine, rentré du Mexique avec une épouse métisse et devenu maréchal, se rend aux mêmes Prussiens avec son armée à Metz.

Reste le souvenir de Camerone. Depuis 1906, l'anniversaire de ce fait d'armes est commémoré avec faste par la Légion étrangère. Les légionnaires réunis à Aubagne rendent à cette occasion les honneurs à... la main en bois du capitaine Danjou.

 

Mise à jour le 23 février 2003