Les Espagnols se soulèvent contre les Français

Le 2 mai 1808, les habitants de Madrid se soulèvent contre l'occupant français.

Le 17 mars précédent, un coup d'Etat avait chassé le Premier ministre Manuel de Godoy, amant de la reine d'Espagne.

Dès 1795, cet intrigant avait entraîné l'Espagne dans un conflit avec l'Angleterre, aux côtés de la France révolutionnaire. Il s'ensuivit la ruine du pays, la perte de sa flotte à Trafalgar ainsi que des colonies sud-américaines, enfin l'occupation par l'armée française.

Sitôt Godoy évincé, le lamentable roi Charles IV de Bourbon abdique en faveur de son fils Ferdinand, futur Ferdinand VII.

L'empereur Napoléon 1er a l'idée alors de chasser les Bourbons d'Espagne et de donner le trône à son propre frère, Joseph.

Le maréchal Joachim Murat, qui représente à Madrid l'empereur des Français, convoque l'ancien et le nouveau roi à Bayonne pour leur signifier leur déchéance.

La foule madrilène, alertée, s'en prend aux troupes de Murat. Ce dernier réagit avec une extrême brutalité.

La répression, dès le lendemain, est impitoyable, ainsi qu'en témoigne le peintre Goya dans un tableau d'un stupéfiant réalisme («Tres de Mayo»). Un autre tableau  («Dos de Mayo») illustre le soulèvement populaire.

   Tres de Mayo (détail), par Francisco Goya (musée du Prado)

Mais les exécutions sommaires, les pillages et les viols n'empêchent pas la révolte de s'étendre à tout le pays à l'appel du clergé, de la noblesse et des libéraux.

Plusieurs armées françaises vont être anéanties du fait de cette «guerre de l'indépendance» d'un genre inconnu jusqu'alors; la plus terrible guerre qu'aient jamais eu à livrer les Espagnols.

On inventera l'expression «guerilla» (en espagnol, petite guerre) pour qualifier les attaques surprises des combattants de l'ombre qui ne laissent aucune chance aux groupes de soldats isolés.

Les Anglais en profitent pour débarquer en Espagne un corps expéditionnaire sous la conduite du général Arthur Wellesley, futur duc de Wellington (celui-là même qui vaincra Napoléon à Waterloo).

Par leur détermination et leur fanatisme, les Espagnols sont à l'origine du premier revers infligé à Napoléon 1er. Selon sa propre expression, l'Espagne sera pour lui comme un «ulcère» jamais guéri.

 

Mise à jour le 23 février 2003