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Mort de
Napoléon 1er à Sainte-Hélène
Le 5 mai 1821, Napoléon 1er s'éteint dans sa pauvre maison de
Longwood, à Sainte-Hélène, un îlot perdu au milieu de l'Atlantique sud où l'ont
exilé les Anglais en 1815 après la défaite de Waterloo
et son abdication. Il n'a pas 52 ans.
L'ex-empereur a été accompagné dans son exil par une petite troupe de fidèles, Las
Cases, Bertrand, Montholon, Gourgaud, ainsi qu'une poignée de domestique comme le faux
mamelouk Ali. Certains n'attendent pas sa mort pour rentrer en France. Ainsi du comte de
Las Cases, pressé de publier les confidences de l'empereur.
Selon le diagnostic publié par le gouverneur britannique de l'île après son autopsie,
sa mort aurait été provoquée par un cancer de l'estomac comme celui qui emporta son
père. Elle a été accélérée en tout cas par l'amertume de l'exil, auprès d'un nombre
de plus en plus restreint de fidèles.
Les vexations que lui a imposées le gouverneur, sir Hudson Lowe, terrorisé par la
crainte que son prisonnier ne s'enfuit, contribuent à embellir la légende de l'empereur
victime de la perfidie anglaise.
Napoléon a-t-il été empoisonné?
C'est en 1961 que l'empoisonnement à
l'arsenic est évoqué par un toxicologue suédois, sur la base d'une analyse de quelques
mèches de cheveux rapportées par l'entourage de Sainte-Hélène.
L'ex-empereur aurait absorbé jour après jour de petites doses de poison qui auraient eu
raison de sa santé. Dès 1816, quelques mois après son arrivée sur l'île, il aurait
présenté des symptôme de fatigue et d'usure anormaux compte tenu de son âge.
Les spécialistes consultés par le toxicologue suédois auraient affirmé par ailleurs
que les symptômes de maladie décrits par les médecins de l'île ne correspondaient en
rien à un ulcère de l'estomac et ressemblaient plutôt à un empoisonnement.
Reste à se demander pour quel motif un membre de l'entourage de Napoléon aurait versé
de l'arsenic dans ses aliments et ses boissons.
Il y a quelques années, René Maury, un universitaire français, a avancé l'hypothèse
d'un assassinat par le comte général de Montholon, l'un des derniers fidèles, dont
l'ex-empereur avait fait son exécuteur testamentaire et un... cocu
consentant !...
Le mystère s'est peut-être éclairci avec la
publication en novembre 2000 d'un nouvel essai de René Maury qui s'appuie sur la
correspondance privée de Montholon... Notons toutefois que le grand historien de
l'Empire, Jean Tulard, persiste à nier la thèse de l'empoisonnement.
Naissance d'une Légende
Pendant ses deux mille jours d'exil, l'ex-empereur a peaufiné sa légende en se confiant
en particulier au comte de Las Cases.
Celui-ci publie ses notes l'année qui suit la mort de l'empereur sous le titre: «Le
Mémorial de Sainte-Hélène». Cette hagiographie va contribuer à la naissance de
la légende.
Dans la France pacifiée, prospère et ennuyeuse de la Restauration, l'épopée
napoléonienne et les récits des demi-soldes font rêver la jeunesse romantique.
L'espoir d'une restauration de l'Empire s'éloigne avec la mort en 1832 du fils de
Napoléon et Marie-Louise, l'ex-roi de Rome. L'Aiglon, devenu Franz, duc de
Reichstadt, meurt de tuberculose, maladie romantique par excellence, au palais de
Schönbrunn, près de Vienne. Il a 22 ans.
En 1840, cependant, le président du Conseil, Adolphe Thiers, négocie avec Londres le retour des cendres de Napoléon à
Paris. Il veut, par cette initiative, redresser le prestige du roi Louis-Philippe 1er.
Le transfert des cendres donne lieu à une cérémonie populaire et grandiose à laquelle
assistent un million de Français enthousiastes qui n'hésitent pas à crier «Vive
l'Empereur!».
Le principal bénéficiaire de l'opération est le courant bonapartiste. Celui-ci reprend
vie et il ne lui faudra que huit ans pour amener au pouvoir Louis-Napoléon Bonaparte,
neveu du regretté empereur.
Napoléon 1er repose depuis lors aux Invalides, sur les bords de la Seine. C'est la
première fois que le tombeau d'un autocrate trône au centre d'une capitale et d'un pays.
L'idée a été reprise et amplifiée au XXe siècle, sous les régimes communistes, à
Moscou, Pékin, Sofia,... dans une tentative de remplacer les religions traditionnelles
par le culte d'une quelconque personnalité.
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