Baptême et
mort de Constantin 1er
Malade, épuisé par un règne agité, l'empereur
romain Constantin 1er expire le dimanche 22 mai 337, jour de la Pentecôte
chrétienne. Il n'a pas encore soixante ans.
Il meurt à Ancyrona, dans les faubourgs de Nicomédie, tandis qu'il tente
de regagner en toute hâte sa capitale, Constantinople.
Avant de rendre le dernier soupir, Constantin a le temps de recevoir le baptême des mains
de l'évêque arien Eusèbe de Nicomédie.
Ce baptême tardif lui vaut d'être vénéré par les Grecs comme un saint bien qu'il
n'ait guère manifesté de vertus évangéliques sa vie durant.
Sa mère Hélène fut, quant à elle, une chrétienne sincère qui sera canonisée pour de
meilleures raisons que son fils.
Transformations de l'empire romain
Né à Nic (Serbie actuelle), Constantin est le dernier d'une longue suite d'empereurs
originaires d'Illyrie (l'actuelle Yougoslavie).
Ces empereurs ont redressé le vieil empire à la fin du IIIe siècle, lorsqu'il était
menacé par les premières attaques des Barbares. Ils ont fortifié les villes et
renforcé les légions des frontières.
Constantin Chlore, le père de Constantin était auguste dans la Tétrarchie, un gouvernement à quatre institué par
Dioclétien en 293. Il avait reçu en partage la Gaule et s'était établi
àTrèves.
C'est dans cette ville de Rhénanie que Constantin succède à son père en 306 comme auguste.
Comme la guerre éclate entre les héritiers des tétrarques, Constantin se lance avec ses
armées sur Rome, tranversant les Alpes au Mont-Genèvre.
Il bouscule l'armée de son principal rival Maxence au Pont Milvius,
près de Rome, en 312. Une légende
prétend qu'il aurait alors vu dans le ciel une croix et les
mots:
«In hoc signo vinces!» (Tu vaincras par ce signe).
Il réunifie l'empire à son profit et s'établit à Nicomédie, sur les bords du
Bosphore.
Bon politique, Constantin 1er constate les progrès du christianisme. Renonçant à la
politique de persécution de ses prédécesseurs, il prend le parti de s'appuyer sur la
nouvelle religion pour consolider l'unité de l'empire.
En 313, l'empereur publie à Milan un édit de tolérance qui lui rallie les chrétiens,
devenus prédominants dans l'empire.
Devant le succès de la doctrine du prêtre Arius, Constantin s'inquiète d'un schisme qui
remettrait en question l'unité de l'empire. Il convoque lui-même un concile à Nicée
pour apaiser les esprits.
Suite à la condamnation de l'arianisme par le concile,
l'empereur ordonne l'exil d'Arius. Il inaugurera ainsi une pratique césaro-papiste par
laquelle les souverains prendront l'habitude de se mêler des affaires religieuses...
Curieusement, oubliant son souci d'unité et ses précédentes décisions, l'empereur
cède à la fin de sa vie aux arguments d'un évêque arien, Eusèbe de Nicomédie,
celui-là même qui le baptisera sur son lit de mort.
La principale oeuvre de Constantin reste la fondation de
Constantinople, une nouvelle capitale qui remplacera Rome.