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«La femme de César ne doit pas être soupçonnée!»
(traduction française)
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Jules César,
à l'aube de son ascension, en 62 avant JC, avait formulé cette justification
pour répudier sa femme, Pompeia, petite-fille du dictateur Sylla.
Il ne voulait pas reconnaître qu'elle l'avait effectivement trompée,
qui plus est avec un homme qu'il tenait à garder dans le cercle
de ses fidèles!
Pendant la période des mystères de Bona Dea (la Bonne Déesse), il était de
coutume que des fêtes strictement réservées aux femmes se déroulent dans la maison du
grand Pontife (l'ordonnateur de la religion), qui n'était autre alors que César.
Guidé par la curiosité, le jeune amant de Pompéia, Publius Claudius Pulcher,
communément appelé Claude (ou Clodius), avait osé pénétrer dans la maison sous un
déguisement de femme mais sa voix l'avait trahi. L'incident fit scandale et Cicéron
lui-meme dénonça le sacrilège (G V-D).

«Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam
Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua,
institutis, legibus inter se differunt.
Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana dividit.
Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae
longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad
effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum
incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt.» (C. IULI CAESARIS, DE BELLO GALLICO,
COMMENTARIUS PRIMUS)
«La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée
par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre
langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre
eux par la langue, les coutumes, les lois.
Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la
Marne et la Seine.
Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés
de la civilisation et des moeurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont
très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les coeurs,
parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui
ils sont continuellement en guerre.» (traduction française de Maurice Rat,
Garnier-Frères, 1967)
Ces premières lignes du chef-d'oeuvre de Jules César («Commentaires sur la
Guerre des Gaules») sont essentielles à la compréhension de nos
origines. Elles nous enseignent notamment que les Gaulois, premiers habitants de
l'actuelle France, tenaient leur nom des Romains. Ils se reconnaissaient eux-mêmes
Celtes, tout simplement, comme les habitants d'une grande partie de l'Europe, du Bosphore
à la Grande-Bretagne.

«Alea jacta est» (en latin)
«Le dé est jeté» (traduction française)
À l'instant de traverser le Rubicon
avec son armée et de déclarer ainsi la guerre au Sénat de Rome,
Jules César aurait dit en grec, la langue des élites romaines de
l'époque: «Anerrifthô Kubos» (Que soit jeté le dé!). La
traduction latine de cette formule nous a été léguée par l'historien
Suétone: «Iacta esto alea», ou, selon l'opinion commune,
«Alea jacta est».

«Caesarem vehis caesarisque fortunam»
(en latin)
«Tu portes César et sa fortune [son destin]» (traduction
française)
Ayant franchi le Rubicon et chassé
son rival Pompée d'Italie, César entreprend de poursuivre celui-ci
en Grèce. Ses troupes étant restées en Italie, il tente de traverser
incognito le détroit qui sépare Apollonia d'Illyrie (Durrès) de
Brindes (Brindisi) pour aller les chercher.
Mais le frêle bateau à douze rames sur lequel il a pris place est
pris dans une tempête et le pilote donne l'ordre de revenir au port.
D'après l'historien Plutarque, c'est alors que César, se découvrant,
tente de rassurer le pilote par les mots ci-dessus!... Mais rien
n'y fait et le bateau devra faire route arrière.
En Illyrie, finalement, César aura la chance d'être rejoint par
ses troupes et son fidèle lieutenant Antoine. Il infligera alors
à Pompée la défaite de Pharsale.

«Tu quoque, fili» (en latin)
«Toi aussi, mon fils» (traduction française)
Le 1er jour des ides de mars de l'an 709 de la fondation de Rome (15 mars de l'an 44 avant
JC), Jules César est agressé par un groupe de sénateurs. Parmi les conjurés figure
Brutus, en qui César avait placé toute sa confiance.
En le voyant, il lui lance en grec: «Kai su teknon», ce que les
chroniqueurs latins ont traduit par un mot de dépit («Toi aussi, mon fils»).
Il pourrait s'agir au contraire d'une malédiction à l'adresse du traître au sens de: «Qu'il
t'arrive à toi aussi le même sort!». Là-dessus, César se recouvre de sa toge et meurt.
| Pompée le Grand |
(106 à 48 avant JC) |
«Mortuus non mordet!» (en latin)
«Un mort ne mord pas!» (traduction française)
Injonction de Théodoros de Chios au roi Ptolémée à propos de Pompée, en 48 avant JC
(in Plutarque, Vies des hommes illustres).
Cnaeus Pompeius Magnus, dit Pompée le Grand, fut triumvir
avec Crassus et César avant d'être vaincu par son rival
César à Pharsale, en Thessalie, en 48 avant JC.
Pompée s'enfuit jusqu'à Alexandrie. Mais dans la capitale de l'Égypte, le jeune roi
Ptolémée XII Philopator (13 ans) se laisse convaincre d'éliminer Pompée pour gagner
les faveurs du nouvel homme fort de Rome. Son général, Achillas, se charge de l'affaire.
Il monte à bord de la galère de Pompée avec deux anciens officiers romains et convainc
le général vaincu de l'accompagner dans son embarcation. Là, il est froidement
assassiné d'un coup d'épée dans le dos, sous les yeux de sa femme et de son fils.
César, lorsqu'il débarque à son tour à Alexandrie quatre jours plus tard, se voit
remettre avec horreur la tête de Pompée et son anneau. Faisant peu de cas de la bassesse
de Ptolémée, il se montrera surtout sensible au charme ravageur de sa grande sœur,
une certaine Cléopâtre.
Pierre Corneille a écrit une tragédie sur La mort de Pompée (G V-D).
| Saint Paul de Tarse |
(* - 67) |
«Il n'y a ni hommes ni femmes, ni Juifs
ni Grecs, ni hommes libres ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus-Christ»
(Epître aux Galates)
Saint Paul, deuxième fondateur du christianisme après le
Christ, est à l'origine d'un message autant révolutionnaire que religieux en proclamant
l'égalité de tous les êtres humains, indépendamment de leur sexe, de leur race, ou de
leur statut social.
Deux mille ans après, ce message garde sa force subversive dans la majeure partie de la
planète, y compris en beaucoup de régions officiellement chrétiennes.
«non olet» (en latin)
«Il ne sent pas» (traduction française)
Cette réplique est de l'empereur Vespasien, qui avait la
réputation d'être très économe. L'historien Suétone rapporte dans «Vies des douze Césars» que Titus, fils de
Vespasien, reprochait à son père d'avoir établi un impôt sur les urines que les
foulons employaient pour le dégraissage des vêtements. En guise de réponse, l'empereur
lui mit sous le nez la première somme rapportée par cet impôt et lui demanda s'il
était choqué par l'odeur.
Vers 1834-1835, en souvenir de cette lointaine anecdote, les latrines
publiques prirent à Paris le nom de... vespasiennes.

«Decet imperatorem stantem mori» (en latin)
«Il convient qu'un empereur meure debout» (traduction française)
C'est en se levant, à l'instant de mourir, que Vespasien prononça
cette fière formule.
«Berenicem invitus invitam Titus dimisit» (en latin)
«Malgré lui, malgré elle, Titus renvoya Bérénice» (traduction française)
Cette citation de l'historien romain Suétone (in Tito, ch. 7) se rapporte à l'empereur
Titus Flavius Sabinus Vespasianus. Celui-ci était le fils de Vespasien. Il acheva la
guerre de Judée qui nous est bien connue par la relation qu'en fit Flavius Josèphe. La
Ville Sainte fut ruinée et le deuxième Temple détruit
en 70.
Titus ramena à Rome une princesse juive, Bérénice, qui ne fit que ranimer les vieilles
préventions des Romains contre ce genre d'intrigante. Cette fatale beauté était la
fille d'Hérode Agrippa Ier et semble avoir atteint déjà l'âge intéressant de 50
ans... Quoi qu'il en soit, l'empereur ne put venir à bout de l'opposition populaire et se
décida à la congédier.
De la citation de Suétone, Racine a tiré l'une des plus célèbres
tragédies du répertoire français, «Bérénice»(G
V-D).

«Amici diem perdidi» (en latin)
«Mes amis, j'ai perdu ma journée» (traduction française)
Titus, que l'on qualifiait d'«amour et délices du genre humain» aurait fait
cette déclaration dans un moment de mélancholie pour souligner qu'il n'avait été
d'aucun secours à personne ce jour-là (in Suétone, De vita Cæsarum, Titus divinus,
8) (G V-D).
«Quis custodiet ipsos custodes?»
(Satires, vers 120)
«Mais qui va donc se charger de surveiller les gardiens eux-mêmes?»
(traduction française)
D'origine modeste, Decimus Junius Juvenalis vécut à Rome au temps des empereurs Domitien
et Hadrien. Son esprit critique impitoyable lui interdisit durablement l'accès aux
cercles établis qu'il poursuivait de ses traits acérés. Il aurait été chassé de la
cour dans sa jeunesse pour avoir tourné un favori du prince en ridicule. L'entourage de
l'empereur Domitien lui offrit dès lors une cible de choix.
Il écrivit seize Satires en vers de 100 à 128, lesquelles fustigent sans pitié les
moeurs dépravés de la bonne société et idéalisent par contraste la simplicité et la
vertu des anciens Romains. Juvénal dénonce ainsi le laxisme moral, le luxe et les excès
des puissants, la coquetterie et les intrigues des femmes, la brutalité et l'injustice
des grands. Ses vers sonnent juste et ont souvent pris valeur d'épigramme. (G V-D).
«In hoc signo vinces»
«Par ce signe tu vaincras»
(traduction française)
Le 28 octobre 312, Constantin, prétendant au titre d'empereur romain, bat son rival Maxence au Pont
Milvius, sur le Tibre, à la sortie de Rome.
Une légende postérieure, transmise par Eusèbe de Césarée,
assure qu'il aurait vu avant la bataille une Croix dans le ciel,
avec les mots ci-dessus!
Le futur empereur aurait alors fait
peindre ces mots sur les boucliers de ses soldats et sur son étendard,
le labarum, en les surmontant du chrisme, un symbole
désignant Jésus-Christ et constitué de la lettre X et du R grec.
L'avènement de Constantin, élevé dans le paganisme et mort dans
le christianisme, marque la conversion officielle de Rome à la nouvelle
religion.
«Prends et lis! Prends et lis!» (traduction française)
Saint Augustin raconte dans ses Confessions
qu'à l'âge de 32 ans, jeune homme doué pour la science et également pour la débauche,
il était accablé de doutes dans son jardin d'Hippone (Algérie actuelle). Il entendit
alors ces paroles, chantées par un enfant du jardin voisin.
Jetant les yeux sur un livre que tenait ouvert son ami Alype, il
lut une lettre de Saint Paul aux Romains: «Vivons honnêtement,
comme en plein jour, sans goinfreries ni beuveries,... Comme on
s'habille d'un nouvel habit, revêtons-nous du Christ et ne nous
soucions pas ainsi de notre corps». Cela décida de sa conversion.
Il fut baptisé, quelques mois plus tard, par l'évêque de Milan,
Ambroise.
«A Rome, fais comme les Romains»
Augustin aurait un jour demandé à Ambroise si le repos hebdomadaire
devait se célébrer le samedi comme à Milan ou le dimanche comme
à Rome. Il s'attira cette réponse devenue proverbiale.
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