| Ce jour-là...
|
|
Le 11 mai 330,
Constantinople devient officiellement la nouvelle capitale de l'empire romain, en
remplacement de Rome.
L'empire romain avait atteint ses plus grandes dimensions au siècle précédent. Il
était devenu ingouvernable et résistait mal à la pression des Barbares.
En 293, l'empereur Dioclétien déplace le siège du
gouvernement dans quatre villes proches des frontières les plus exposées (Milan,
Nicomédie, Sirmium et Trèves).
Il instaure un gouvernement collégial pour mieux tenir les frontières mais sa tentative
fait long feu.
Son successeur Constantin s'établit à Nicomédie, sur
les bords du Bosphore, après avoir rétabli à son profit l'unité de l'empire.
Il cherche un site propice à une nouvelle capitale.
En 324, il jette son dévolu sur la ville grecque de Byzance, sur le détroit du Bosphore
qui sépare l'Europe de l'Asie. Il donne son propre nom à la nouvelle capitale, Constantinopolis
ou Constantinople.
Le choix du site est judicieux. C'est un promontoire à l'entrée du Bosphore. Cet étroit
chenal ouvre sur la mer Noire, à l'est, et sur la mer de Marmara, à l'ouest.
Cette mer fermée débouche elle-même sur la mer Egée et la Méditerranée par le
détroit des Dardanelles.
Constantinople surplombe la mer de Marmara et le Bosphore. Elle est délimitée à l'est
par un estuaire étroit qui remonte vers le nord et auquel sa beauté a valu d'être
appelé la Corne d'Or (aujourd'hui, les bords de l'estuaire sont une zone
insalubre).
Contantinople commande les passages entre l'Europe et l'Asie. Elle est également proche
des frontières du Danube et de l'Euphrate. Elle est enfin située au coeur des terres de
vieille civilisation hellénique.
Comme il en est allé de Rome à ses lointaines origines, le périmètre de la ville a
été d'abord délimité par un sillon tracé à la charrue. Puis, des dizaines de
milliers de terrassiers se sont mis à l'oeuvre.
Dédicace
L'inauguration solennelle (ou «dédicace») est empreinte de rites païens, avec
un sacrifice à la Fortune et une dédicace du philosophe néoplatonicien Sopâtros.
Mais Constantinople naît à l'époque où le christianisme s'impose dans l'empire romain
et, à la différence de Rome, elle sera dépourvue de temples païens et presque
exclusivement chrétienne.
Les habitants reçoivent les mêmes privilèges que les Romains, notamment l'exemption de
l'impôt et les distributions gratuites de froment. Un Sénat est constitué à l'image du
Sénat romain. Des patriciens romains et grecs bénéficient de palais. Constantin
lui-même réside dans la nouvelle capitale jusqu'à sa mort en 337.
Un Empire de mille ans
Mêlant avec bonheur les cultures hellénique et latine, la
ville va se développer très vite et surpasser Rome. En 395, avec la scission de l'empire
romain entre un empire d'Orient et un empire d'Occident, elle deviendra la capitale de
l'Orient.
Sa population atteindra un million d'habitants à son apogée deux siècles plus tard,
sous le règne de l'empereur Justinien, le constructeur de la basilique Sainte Sophie (Haghia
Sofia ou Sainte Sagesse comme l'appellent encore les Turcs).
Avec l'empereur Héraclius, Constantinople abandonnera ses
références latines et deviendra exclusivement grecque. L'empire prendra alors
l'appellation de byzantin, en référence au nom grec de la ville.
Après plus de mille ans d'existence (un record!), l'empire byzantin cèdera le pas à l'empire ottoman. Constantinople en sera la capitale sous le
nouveau nom d'Istanbul.
Istanbul (ou Istamboul) est une déformation phonétique de l'expression
qu'employaient les Grecs pour dire: (je vais) eis tin Polin (à la Ville).
On retrouve la même évolution dans le nom grec de Smyrne, devenu en turc Izmir.
|
|