Le 5 juin 1305,
au conclave de Pérouse, un Français de 40 ans est porté à la tête de l'Église après
le bref pontificat de Benoît XI.
Le nouveau pape, Clément V, est issu d'une famille d'Aquitaine. Dénommé Bertrand de
Got, il s'est fait connaître comme archevêque de Bordeaux.
N'appartenant pas au Sacré Collège des cardinaux, il est resté neutre dans le conflit
qui a opposé le roi de France à Boniface VIII et a débouché sur l'attentat d'Anagni.
Cette neutralité lui a valu au conclave les faveurs de la majorité des prélats et le
roi Philippe IV le Bel a appuyé sa candidature par l'intermédiaire de Napoléon Orsini.
Le roi de France prend ainsi sa revanche sur l'ancien pape Boniface VIII qui prétendait
donner son avis sur le gouvernement du royaume.
Après
son élection, Clément V renonce à se rendre à Rome par crainte des intrigues locales.
Il s'établit à Lyon puis en Avignon, sur des terres d'Empire
qui lui sont cédées par le comte de Provence.
L'établissement de Clément V aux limites du royaume de France traduit l'abaissement de
la papauté depuis l'époque où Innocent III, un siècle plus tôt, prétendait soumettre
les rois à son autorité.
Clément V va très vite témoigner de sa faiblesse en abandonnant les moines de l'ordre
du Temple aux bourreaux de Philippe le Bel.
Les papes demeureront en Provence jusqu'en 1376 et au-delà, ce qui vaudra un rayonnement
inattendu à leurs terres constituées de l'État de la Cité d'Avignon et du Comté de
Venisse.
De 5.000 ou 6.000 habitants au début du XIVe siècle, la population d'Avignon va
s'élever jusqu'à 40.000 un demi-siècle plus tard (à la même époque, la principale
ville d'Europe est Paris avec 300.000 habitants).
Sous la Révolution française, Avignon et le Comtat Venaissin seront annexés par la
France.
Réunis à la principauté d'Orange et à quelques seigneuries du comté de Provence, ils
formeront le département de Vaucluse.