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Solferino
donne naissance à la Croix-Rouge
Le 24 juin 1859, les armées de Napoléon III et du roi
de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II se heurtent aux armées autrichiennes à
Solferino, en Lombardie, dans une mêlée sanglante et désordonnée qui fait suite à
celle de Magenta, le 4 juin.
Près de 40.000 soldats restent sur le champ de bataille après une tuerie sans gloire
conduite de part et d'autre par des généraux incompétents, pour une cause fantasque.
Solférino inaugure une période de conflits très meurtriers, avec des batailles où
mouront des dizaines de milliers de soldats sans emporter la décision. La guerre de
Sécession, qui se profile aux États-Unis, sera le premier de ces conflits d'un nouveau
genre.
Naissance de la Croix-Rouge
Visitant le champ de
bataille de Solferino, un philanthrope et écrivain genevois, Henri Dunant, s'indigne du
sort fait aux blessés. Ses écrits émeuvent l'opinion européenne. Lui-même
s'entretient avec l'empereur et entreprend derechef de créer une organisation
internationale et neutre destinée à secourir les victimes de guerre. Ce sera la
Croix-Rouge, issue en 1864 de la Convention de Genève.
Une guerre par procuration
Le conflit entre l'empire autrichien et la coalition franco-sarde est venu de la promesse
faite par Napoléon III au roi Victor-Emmanuel II de l'aider à faire autour de lui
l'unité de l'Italie en échange de la Savoie et Nice.
L'Autriche occupe la Vénétie et la Lombardie et exerce
un protectorat de fait sur les principautés d'Italie centrale. Elle constitue le
principal obstacle à l'unification de la péninsule.
Victorieuse à Novare,
elle a prouvé au roi de Piémont-Sardaigne qu'il ne pourrait tout seul l'évincer de la
péninsule.
Au cours d'une entrevue secrète à Plombières, en
juillet 1859, le ministre piémontais Cavour convainc l'empereur des Français, Napoléon
III, d'intervenir en faveur du Piémont-Sardaigne en cas de «geste agressif» de
l'Autriche.
Cavour provoque habilement ce geste de l'Autriche. C'est ainsi que la France est
entraînée à son corps défendant dans une guerre entre le Piémont et l'Autriche.
Elle entame les hostilités le 10 mai 1859. Mais l'empereur, ému par les boucheries de
Magenta et Solferino, juge qu'il est temps d'arrêter les frais.
D'autant que sur le Rhin, les patriotes allemands s'exaltent. La Prusse elle-même menace
d'unir les principautés allemandes dans une guerre contre la France, jugée trop
menaçante.
Malgré les réticences des Piémontais qui ont tout lieu d'être satisfaits de cette
guerre par procuration, Napoléon III profite de son avantage pour signer un armistice
avec l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er à Villafranca le 11 juillet 1859.
La guerre entre la coalition franco-piémontaise et l'Autriche n'aura duré que deux mois,
du 10 mai au 8 juillet 1859.
Vienne évacue la Lombardie et la remet à Napoléon III, lequel se fait un devoir
de la restituer au roi de Piémont-Sardaigne. L'unité de l'Italie est en marche...
Mais à Turin, on s'indigne du lâchage prématuré de la France et du renoncement à la
Vénétie et à l'Italie centrale. Cavour lui-même démissionne.
Napoléon III, confus, renonce à réclamer le prix du sang versé par ses soldats: Nice
et la Savoie.
L'intervention bruyante des patriotes garibaldiens en Italie centrale remet les
choses en place.
Se rendant maîtres de la Toscane, de Modène, de Parme et de la Romagne pontificale,
lesdits patriotes forment des assemblées constituantes qui votent leur annexion au
royaume du Piémont.
Napoléon III accepte la décision de ces assemblées révolutionnaires sous
réserve que les annexions soient approuvées par un plébiscite.
Cette caution internationale permet à l'empereur des Français d'obtenir enfin le
prix de son intervention. Un an plus tard, par le traité de
Turin, la France reçoit Nice et la Savoie.
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