Invasion de
la Tchécoslovaquie
Au matin du 21 août 1968, les Européens se
réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont
envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid
Brejnev.
Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la
Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie).
Ils prétendent intervenir à l'appel de responsables locaux en vue de sauver le
socialisme dans ce pays d'Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt
par l'Union soviétique à la faveur d'un coup d'État.
Face aux chars, la population s'abstient de toute résistance armée. Les responsables du
pays sont quant à eux rapidement isolés et remplacés.
C’en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l’illusion
d’un «socialisme à visage humain» sous l’égide de Moscou.
L'accession
le 5 janvier d'Alexander Dubcek (47 ans) au secrétariat général du Parti communiste
tchécoslovaque et l'élection ultérieure du général Lutvik Svoboda (73 ans) à la
présidence de la République avaient ouvert la voie à des réformes hardies.
En avril, tandis que la jeunesse
d'Occident s'agitait et se donnait des frissons de Révolution, Alexander Dubcek
supprimait la censure, autorisait les voyages à l'étranger et faisait même arrêter le
chef de la police.
Beaucoup de Tchécoslovaques se ruaient à la découverte de l'Occident sans prendre garde
aux manœuvres prémonitoires du pacte de Varsovie.
Résignés, les Tchèques et les Slovaques vont devoir attendre la démocratie vingt ans de plus.