Le 1er septembre de l'an 338
avant JC, Athènes et Thèbes se heurtent à l'armée macédonienne. La bataille a lieu à
Chéronée, en Béotie, au nord de la Grèce.
Le roi Philippe II de Macédoine et son fils Alexandre remportent une victoire complète
grâce à leur infanterie, organisée en redoutables phalanges, et à leur
cavalerie, que commande Alexandre, à peine âgé de 18 ans.
Un siècle plus tôt, Athènes dominait le monde grec sous le gouvernement du grand
Périclès. Ses penseurs et ses artistes créaient des oeuvres vouées à l'immortalité.
Désormais, la cité doit se soumettre comme le reste de la Grèce à un roi à
demi-barbare (ou considéré comme tel).
Philippe II est monté sur le trône de Macédoine en 360
avant JC. Il a transformé son petit royaume des Balkans en une grande puissance grâce à
sa ruse et à son génie militaire. Il a conquis l'Ilyrie et la Thrace avant de se heurter
aux orgueilleuses cités de Thèbes et d'Athènes.
A Athènes, Démosthène s'évertue à ouvrir les yeux de ses concitoyens sur le danger
macédonien. Souffrant dans sa jeunesse d'un ridicule bégaiement, il a réussi à le
surmonter à force de volonté et d'énergie et est devenu l'orateur le plus célèbre de
la Grèce antique, consacrant toute sa vie à la lutte contre Philippe II et Alexandre le
Grand.
Ses harangues dénommées Philippiques et Olynthiennes (du nom
d'Olynthe, une cité portuaire conquise par Philippe II), restent de remarquables
témoignages de l'art oratoire. Mais elles ne suffisent pas à arrêter les phalanges
macédoniennes.
Après la défaite de Chéronée et l'échec d'un ultime soulèvement, Athènes entre dans
l'alliance macédonienne et participe avec Alexandre le Grand à la conquête de l'empire perse.
Démosthène se suicide par le poison quinze ans plus tard, à 62 ans, après avoir tenté
de soulever une nouvelle fois sa cité contre Antipater, le général macédonien qui a
succédé à Alexandre à la tête de la Grèce.