27 septembre 1660

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Mort de «Monsieur Vincent»

Site Web

Saint Vincent de PaulVincent de Paul meurt en odeur de sainteté à Paris le 27 septembre 1660 au terme d'une vie prodigieuse toute orientée vers la charité et l'Évangile.

Ce prêtre charismatique est né en 1581 dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, dans les Landes. Le village s'appelle aujourd'hui Saint-Vincent-de-Paul et l'on y peut visiter l'humble chaumière familiale.

Après de bonnes études de théologie à Toulouse, il est ordonné prêtre en 1600. Ses débuts sont obscurs. Lors d'un voyage en Méditerranée, il est capturé par les pirates et emmené en captivité à Tunis d'où il s'échappe en 1607 pour gagner Rome.

C'est ainsi qu'avec une recommandation du Saint-Siège, il entre à la cour du roi Henri IV et devient le précepteur de la belle reine Margot ainsi que le disciple du cardinal Pierre de Bérulle et l'ami de François de Salles.

L'épouse de Philippe Emmanuel de Gondi, général des galères, qui appartient à l'une des plus riches familles de France, lui demande d'éduquer ses enfants.

En 1617, au chevet d'un mourant, le destin du prêtre bascule. Vincent découvre les vertus de la confession qu'il va dès lors s'appliquer à populariser.

Il prend surtout conscience de la grande misère du peuple et du recul de la foi chrétienne dans les campagnes autant qu'à la cour, sous l'effet de la pensée rationaliste et «libertine».

C'est l'époque où le philosophe René Descartes place la raison au-dessus de tout et, à son corps défendant, conduit les esprits cultivés à remettre en cause les fondements de la foi.

Vincent se fait nommer curé de Châtillon-les-Dombes, une pauvre paroisse en voie de déchristianisation située au nord-est de Lyon.

Deux ans plus tard, il est nommé aumônier général des galères. Tout cela sans renoncer à ses fonctions à la cour, qui lui permettent de recueillir des fonds pour ses œuvres mais lui valent aussi de se faire de nombreux ennemis.

Grâce à un don de Mme de Gondi, «Monsieur Vincent» (c'est ainsi que chacun le désigne eu égard à son infinie douceur et à sa bonhomie) crée la Société des Prêtres de la Mission en vue de la réévangélisation des campagnes. Ses membres sont connus sous le nom de lazaristes du fait que leur siège est un prieuré de Saint-Lazare.  
 
L'infatigable prêtre fonde plusieurs confréries charitables, notamment les Filles de la Charité ou «Soeurs de Saint Vincent-de-Paul».
 
Cette institution au service des enfants trouvés, des malades et de tous les malheureux, connaîtra un essor considérable sous l'impulsion de Louise de Marillac.
 
Vincent de Paul distribue de la soupe aux enfants des rues, collecte des fonds pour la Lorraine endeuillée par la guerre, réconforte les galériens... Il assiste aussi le roi Louis XIII sur son lit de mort.

Nommé président du Conseil de conscience par la régente Anne d'Autriche, il se tient soigneusement à l'écart des troubles de la Fronde mais gère sans ménagement les affaires ecclésiastiques. C'est ainsi qu'il déplace les évêques déméritants et consacre toute son énergie à améliorer la formation du clergé. 

Par son exemple et son charisme, saint Vincent de Paul participe au renouveau de la foi catholique en France au XVIIe siècle aux côtés de saint François de Sales et Mère Angélique de Port-Royal.

Le prêtre a été canonisé sans difficulté en 1737. Sa dépouille repose dans la chapelle des lazaristes, au cœur de la capitale française.

 

Mise à jour le 24 février 2003