Bonaparte
devient le général «Vendémiaire»
Le 5 octobre 1795 (13 Vendémiaire An IV selon le calendrier républicain), Napoléon Bonaparte fait une
entrée remarquée dans les affaires politiques de la France.
Les députés modérés de la Convention ont éliminé un an plus tôt, le 9 thermidor, Robespierre et l'opposition jacobine de gauche.
Cette Convention «thermidorienne» se prépare à instaurer le Directoire pour préserver les acquis de la Révolution, y
compris les fortunes mal acquises.
La future Constitution prévoit deux assemblées, les Cinq Cents et les Anciens, qui
comprendront au minimum deux tiers d'anciens députés de la Convention.
Cette disposition arbitraire n'a pas d'autre but que d'empêcher une restauration de la
monarchie.
Les royalistes, qui ont la majorité de l'opinion avec eux, s'insurgent avec violence
contre cette disposition. Deux sections parisiennes de sans-culottes et une partie de la
garde nationale prennent les armes.
Paul Barras est chargé de la répression. Ce conventionnel débauché et richissime a
déjà à son actif l'arrestation de Robespierre à l'Hôtel de Ville où il s'était
réfugié sous la protection de la garde nationale.
Face aux royalistes, Barras fait appel à un jeune général inconnu et sans ressources,
Napoléon Bonaparte (26 ans).
Ce nom lui est soufflé par sa maîtresse, la belle et influente... Joséphine de
Beauharnais (32 ans), celle-là même qui épousera le futur empereur.
C’est ainsi que Bonaparte va mitrailler les insurgés royalistes sur les marches de
l'église Saint Roch, au coeur de Paris.
Cette sale besogne lui vaudra d'être surnommé en signe de mépris le général
Vendémiaire.
Elle lui vaudra d'épouser aussi Joséphine en mars 1796 et d’obtenir surtout le
commandement de l’armée d’Italie. Ses victoires feront vite oublier
Vendémiaire... Ce sera l’amorce d’un destin d’exception qui commencera
avec le débarquement de Fréjus, le 8 octobre 1799.