Le
Bourgeois gentilhomme
Le 14 octobre 1670, Molière donne à Versailles la première
représentation du Bourgeois gentilhomme devant le roi Louis XIV et sa cour.
La musique de Lully fait de cette œuvre un exemple rare de comédie-ballet. C'est une
manifestation du théâtre total comme l'affectionne Molière, associant la comédie, la
danse et la musique.
Le Bourgeois Gentilhomme figure parmi les dernières pièces de Molière et
déjà, derrière la farce, perce le poids de l'amertume, des amours déçus et de la
vieillesse (Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, a alors déjà atteint
l'âge canonique de... 47 ans).
Une vie dramatique dédiée
à la comédie
Né le 15 janvier 1622 à Paris, dans le ménage du tapissier ordinaire du roi Louis XIII,
Jean-Baptiste rompt très tôt avec sa famille pour suivre sa vocation de comédien.
Le 13 juin 1643, il fonde «L'Illustre-Théâtre» avec une dizaine d'acteurs,
dont Madeleine Béjart, ses frères Joseph et Louis, Tiberio Fiorelli, dit Scaramouche.
Cette troupe itinérante fait faillite deux ans plus tard et Molière connaît la prison
pour dettes.
Il triomphe enfin à Paris le 18 novembre 1659 avec Les Précieuses ridicules.
Sans jamais cesser d'être poursuivi par les soucis d'argent, les jalousies et les
médisances, Molière va donner la totalité de ses chefs-d'œuvre dans les quatorze
années qui lui restent à vivre.
A Vaux-le-Vicomte, pour le surintendant Fouquet, puis à
Versailles, pour le roi Louis XIV en personne, il
donne ses meilleures pièces, y compris des comédies-ballets en collaboration avec le
musicien Lully.
Le 26 décembre 1662, peu après avoir épousé Armande Béjart, fille de Madeleine, de 20
ans sa cadette, il fait sensation avec L'École des femmes.
Il doit faire face à une cabale des dévôts autour de la reine mère, Anne d'Autriche,
après la première représentation de Tartuffe, sévère critique de
l'hypocrisie religieuse, le 12 mai 1664, à Versailles.