17 octobre 1793

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Les Vendéens sont défaits à Cholet

  Les heures dramatiques de la Vendée mlitaire:

10/03/1793: les Vendéens se soulèvent contre la Convention

17/10/1793: défaite des Vendéens à Cholet

19/01/1794: les "colonnes infernales" de Turreau

25/06/1795: le coup de folie de Charette

 Le 17 octobre 1793, les insurgés vendéens sont défaits à Cholet par les Bleus.

Après une progression foudroyante de ville en ville, l'armée «catholique et royale» a remporté à Châtillon, le 11 octobre, une nouvelle victoire qui s'est transformée le lendemain en défaite. Mais c'est à Cholet que se produit le premier revers décisif.

40.000 combattants sont cernés par trois armées républicaines et tentent sans succès de rompre l'encerclement. Le généralissime d'Elbée est grièvement blessé et doit se réfugier à Noirmoutier où il sera plus tard capturé et fusillé dans son fauteuil. Ses compagnons Bonchamps et Lescure sont blessés à mort.

Un cri retentit: «A la Loire! A la Loire!» Charles de Bonchamps, agonisant, se replie avec l'armée vaincue vers la Loire.

Le pardon de Bonchamps

A l’instant de franchir le fleuve avec femmes et enfants, les Vendéens se demandent que faire des 5.000 prisonniers qui les embarrassent. L’idée de les exécuter se répand: «Mort aux Bleus!»

Le pardon de Beauchamp, gravure d'époqueC’est alors que Charles de Bonchamps (33 ans) se soulève sur son lit de souffrances et dans un ultime soupir, lance: «Grâce aux prisonniers!»

Respectueux de son dernier voeu, les Vendéens libèrent les malheureux.

Parmi eux figure le père du sculpteur David d’Angers. En témoignage de reconnaissance pour le chef ennemi, l’artiste exécutera plus tard son tombeau dans l’église de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

Vers la tragédie

Le 18 octobre 1793, 90.000 Vendéens, dont 40.000 combattants, traversent la Loire à Saint-Florent. Débute un long périple, la  «virée de Galerne» .

Henri de La Rochejaquelein, alors âgé de 21 ans, est élu généralissime. Il se dirige avec l'armée vers Laval. Il écrase les Bleus à Entrammes le 27 octobre.

Puis l'armée, contre son avis, se dirige vers Granville dans l'espoir d'y trouver un secours anglais. C'est un échec. Au retour vers la Loire les républicains barrent la route.

La Rochejaquelein ouvre le passage par trois victoires: Pontorson, Dol et Antrain, entre les 20 et 22 novembre. Mais l'hiver, la malnutrition et la dysenterie déciment son armée. Beaucoup meurent sur la route.

Les Vendéens passent à La Flèche le 2 décembre puis se dirigent vers Angers où ils subissent un échec le 4 décembre.

Ils entament alors le chemin du retour vers l'est, dans des conditions encore plus éprouvantes qu'à l'aller.

A Baugé, Kléber, qui garde la Loire, les repousse vers La Flèche. Le pont du Loir est coupé.

La Rochejaquelein réussit néanmoins à passer à gué près du moulin de la Bruère. Il fait réparer le pont pour faire traverser son armée et repousse les Bleus.  

La bataille du Mans

Quittant La Flèche le 10 décembre, les Vendéens arrivent au Mans où se livre une terrible bataille les 12 et 13 décembre.

15.000 Vendéens sont massacrés. Les rescapés s'enfuient vers l'ouest jusqu'à Laval puis se dirigent vers la Loire.

À Ancenis, par manque de bateau, ils sont peu nombreux à pouvoir traverser avec leur généralissime.

Les républicains les rejoignent et les exterminent à Savenay le 23 décembre. Le soir même, Westermann écrit à la Convention:
«Il n'y a plus de Vendée ; je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux et massacré les femmes. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé!»

C'est la fin de la «Grande Armée Catholique et Royale». Les paysans du bocage n'auront pas résisté plus de neuf mois au rouleau compresseur de la Terreur révolutionnaire. Mais le pire est encore à venir pour la Vendée.

 

Mise à jour le 22 février 2003