Les heures dramatiques de
la Vendée mlitaire:
10/03/1793: les Vendéens se soulèvent contre la
Convention
17/10/1793: défaite des Vendéens à Cholet
19/01/1794: les "colonnes infernales" de Turreau
25/06/1795: le coup de folie de Charette
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Le 17
octobre 1793, les insurgés vendéens sont défaits à
Cholet par les Bleus.
Après une progression foudroyante de ville en ville, l'armée «catholique et
royale» a remporté à Châtillon, le 11 octobre, une nouvelle victoire qui s'est
transformée le lendemain en défaite. Mais c'est à Cholet que se produit le premier
revers décisif.
40.000 combattants sont cernés par trois armées républicaines et tentent sans succès
de rompre l'encerclement. Le généralissime d'Elbée est grièvement blessé et doit se
réfugier à Noirmoutier où il sera plus tard capturé et fusillé dans son fauteuil. Ses
compagnons Bonchamps et Lescure sont blessés à mort.
Un cri retentit: «A la Loire! A la Loire!» Charles de Bonchamps, agonisant, se
replie avec l'armée vaincue vers la Loire.
Le pardon
de Bonchamps
A l’instant de franchir le fleuve avec femmes et enfants, les Vendéens se demandent
que faire des 5.000 prisonniers qui les embarrassent. L’idée de les exécuter se
répand: «Mort aux Bleus!»
C’est alors que Charles
de Bonchamps (33 ans) se soulève sur son lit de souffrances et dans un ultime soupir,
lance: «Grâce aux prisonniers!»
Respectueux de son dernier voeu, les Vendéens libèrent les malheureux.
Parmi eux figure le père du sculpteur David d’Angers. En témoignage de
reconnaissance pour le chef ennemi, l’artiste exécutera plus tard son tombeau dans
l’église de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).
Vers la tragédie
Le 18 octobre 1793, 90.000 Vendéens, dont 40.000 combattants, traversent la Loire à
Saint-Florent. Débute un long périple, la «virée de
Galerne» .
Henri de La Rochejaquelein, alors âgé de 21 ans,
est élu généralissime. Il se dirige avec l'armée vers Laval. Il écrase les Bleus
à Entrammes le 27 octobre.
Puis l'armée, contre son avis, se dirige vers Granville dans l'espoir d'y trouver un
secours anglais. C'est un échec. Au retour vers la Loire les républicains barrent la
route.
La Rochejaquelein ouvre le passage par trois victoires: Pontorson, Dol et Antrain, entre
les 20 et 22 novembre. Mais l'hiver, la malnutrition et la dysenterie déciment son
armée. Beaucoup meurent sur la route.
Les Vendéens passent à La Flèche le 2 décembre puis se dirigent vers Angers où ils
subissent un échec le 4 décembre.
Ils entament alors le chemin du retour vers l'est, dans des conditions encore plus
éprouvantes qu'à l'aller.
A Baugé, Kléber, qui garde la Loire, les repousse vers La Flèche. Le pont du Loir est
coupé.
La Rochejaquelein réussit néanmoins à passer à gué près du moulin de la Bruère. Il
fait réparer le pont pour faire traverser son armée et repousse les Bleus.

Quittant La Flèche le 10 décembre, les Vendéens
arrivent au Mans où se livre une terrible bataille les 12 et 13 décembre.
15.000 Vendéens sont massacrés. Les rescapés s'enfuient vers l'ouest jusqu'à Laval
puis se dirigent vers la Loire.
À Ancenis, par manque de bateau, ils sont peu nombreux à pouvoir traverser avec leur
généralissime.
Les républicains les rejoignent et les exterminent à Savenay le 23
décembre. Le soir même, Westermann écrit à la Convention:
«Il n'y a plus de Vendée ; je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois
de Savenay. J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux et massacré les femmes.
Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé!»
C'est la fin de la «Grande Armée Catholique et Royale». Les paysans du bocage
n'auront pas résisté plus de neuf mois au rouleau compresseur de la Terreur
révolutionnaire. Mais le pire est encore à venir pour la Vendée.
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