3 novembre 1903

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Le Panama, un État sur mesure

Le 3 novembre 1903, le territoire de Panama fait sécession d'avec la Colombie.

Ce petit territoire a l'insigne privilège d'être l'endroit le plus étroit de l'isthme centre-américain qui unit les deux parties du Nouveau Monde.

Les ingénieurs occidentaux rêvent d'y percer un canal de 75 kilomètres pour relier l'océan Atlantique à l'océan Pacifique, en surmontant l'obstacle de la cordillère centrale.

Après l'échec du Français Ferdinand de Lesseps, dont le projet, mal conçu, a sombré dans un gigantesque scandale financier, les Étatsuniens relèvent le défi et rachètent les droits des Français sur le canal.

Depuis leur guerre contre l'Espagne, les États-Unis ressentent le besoin d'offrir à leurs navires qui relient la Californie à la côte Est un chemin plus court que le contournement de l'Amérique du sud par le détroit de Magellan.

Au grand soulagement de la Colombie, qui exerce sa souveraineté sur l'isthme, ils rejettent une solution qui passerait plus au nord, par le Nicaragua. Ils se rallient au principe d'un canal à écluses, selon la conception de l'ingénieur français Philippe Bunau-Varilla.

Mais au dernier moment, les députés colombiens refusent d'aliéner leur souveraineté et font opposition au projet américain de construire le canal sur leur territoire.

Sans scrupule, le gouvernement américain du président Theodore Roosevelt encourage les habitants de Panama à faire sécession. Les vaisseaux de guerre américain mouillent devant les villes de Colon et Panama, dissuadant l'armée colombienne d'intervenir.

Trois jours après la proclamation de l'indépendance, les États-Unis reconnaissent le nouveau pays. Ils signent un traité pour la construction du canal dès le 18 novembre.

Ce traité porte le nom du secrétaire d'État américain Hay et de l'ingénieur Bunau-Varilla. Il prévoit la cession à perpétuité aux États-Unis d'une bande de 10 miles de large.

Ces conditions léonines sont le reflet de la politique impérialiste et volontiers brutale des États-Unis de ce début du siècle, sous la présidence de Theodore Roosevelt, apôtre de la politique du «gros bâton»  («big stick»).

Les travaux de construction du canal se révéleront éprouvants, sous le climat tropical et dans la crainte de la malaria. Mais le canal sera enfin inauguré au début de la Grande Guerre, le 15 août 1914, pour seulement 40 millions de dollars.

Les Panaméens attendront pendant près d'un siècle la restitution de leur souveraineté sur la zone du canal.

 

Mise à jour le 22 février 2003