La
Sublime Porte se réforme
Le 3 novembre 1839, le sultan turc Abdul-Medjid
1er (16 ans) fait publier la célèbre charte (hatti chérif)
de Gulhané qui proclame l'égalité devant la loi de tous les
sujets de l'empire ottoman, quelle que soit leur religion.
La Loi coranique qui fait des non-musulmans des protégés (dhimmis)
ou citoyens de seconde zone se voit contredite par cette charte
audacieuse de la Sublime Porte (surnom du gouvernement
ottoman, d'après une porte monumentale du palais de Topkapi,
à Istanbul).
Le jeune sultan accélère de la sorte la rénovation du vieil
empire ottoman inaugurée par son père, Mahmoud II.
Abdul-Medjid 1er agit sous la pression des événements extérieurs
comme, quelques années plus tard, son voisin le tsar de Russie
Alexandre II.
Les Grecs et les Serbes se sont
émancipés sous le règne précédent avec l'aide des Occidentaux,
Alger a été occupée par les Français et le vice-roi d'Égypte,
Méhémet Ali, menace de marcher sur Istanbul après avoir écrasé
les troupes ottomanes à Nizib le 24 juin 1829.
Au début de 1856, la réforme des institutions s'accélère avec
une nouvelle charte, le hatti hamayun, qui modernise le système
financier, la société civile et l'enseignement.
Trop faible malheureusement, le sultan allait se montrer incapable
de prévenir le réveil des nationalismes et des fanatismes religieux.
Ceux-là allaient ruiner sa tentative de modernisation par le
haut (comme en Russie!) et c'est seulement après la Première
Guerre mondiale et l'abolition du sultanat que la Turquie allait
pour de bon entrer dans la modernité.