17 novembre 1917

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

 

Clemenceau forme un gouvernement de choc

 1917, année critique de la Grande Guerre:

janvier 1917: 1er mouvement de grève en France; instabilité gouvernementale

6 avril: entrée des États-Unis dans la guerre

16 avril: offensive Nivelle du Chemin des Dames

avril-juin: mutineries sur le front

15 mai: Pétain remplace Nivelle

13 juillet: démission du chancelier allemand Bethmann-Hollweg

19 juillet: motion en faveur de la paix votée au Reichstag de Berlin

24 octobre: défaite italienne à Caporetto

7 novembre: coup d'Etat des bolchéviks

17 novembre: Clemenceau forme un gouvernement de choc

7 décembre: la Roumanie demande l'armistice
 

Le 17 novembre 1917, Georges Clemenceau (76 ans) forme un gouvernement de choc afin de poursuivre et intensifier la guerre avec l'Allemagne.

Il est appelé à la présidence du Conseil par son vieil ennemi, le président de la République Raymond Poincaré.

Obnubilé par la volonté de poursuivre la guerre jusqu'à la victoire, Clemenceau a auparavant torpillé une offre de paix séparée de l'empereur d'Autriche-Hongrie, Charles 1er, communiquée aux Alliés par le prince Sixte de Bourbon-Parme.

Il prend la tête du gouvernement français à un moment crucial où le pays est saisi par le doute. Sur le front, des soldats excédés par l'incompétence de leur chef en arrivent à se mutiner.

Dans son discours d’investiture devant la Chambre des députés, le nouveau président du Conseil annonce son intention de traquer les défaitistes et les traîtres de l’arrière.

Son discours fait appel aux tripes des auditeurs:
«Nous prenons devant vous, devant le pays qui demande justice, l'engagement que justice sera faite, selon la rigueur des lois... Plus de campagnes pacifistes, plus de menées allemandes. Ni trahison, ni demi-trahison. La guerre. Rien que la guerre. Nos armées ne seront pas prises entre deux feux. La justice passe. Le pays connaîtra qu'il est défendu».

Clemenceau veut prouver aux soldats qui se battent dans les tranchées que l’on se préoccupe d’eux et que l’arrière assume sa part de leurs souffrances. Pour les besoins de sa démonstration, il va très vite chercher à faire des exemples sans s’embarrasser de juridisme.

Son ancien ministre des Finances Joseph Caillaux, qui fit voter en 1911 l’impôt sur le revenu, sera jeté en prison sur une fausse accusation et échappera de justesse à une exécution dans les fossés de Vincennes.

Un ancien ministre de l'Intérieur, Louis Malvy, échappera aussi de peu à la mort. D’autres, moins connus et moins entourés, n’auront pas leur chance.

Sa détermination vaut au Président du Conseil d'être surnommé le «Tigre»  ou le «Père de la Victoire». Avec une grande affection pour le vieillard qui n'hésite pas à ramper jusqu'à eux dans les tranchées, les poilus l'appellent plus simplement «Le Vieux» .

 

Mise à jour le 22 février 2003