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1917, année critique de la Grande Guerre:
janvier 1917: 1er mouvement de grève en France; instabilité gouvernementale
6 avril: entrée des États-Unis dans la guerre
16 avril: offensive Nivelle du Chemin des Dames
avril-juin: mutineries sur le front
15 mai: Pétain remplace Nivelle
13 juillet: démission du chancelier allemand Bethmann-Hollweg
19 juillet: motion en faveur de la paix votée au Reichstag de Berlin
24 octobre: défaite italienne à Caporetto
7 novembre: coup d'Etat des bolchéviks
17 novembre: Clemenceau forme un gouvernement de choc
7 décembre: la Roumanie demande l'armistice
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Le
17 novembre 1917, Georges Clemenceau (76 ans) forme un
gouvernement de choc afin de poursuivre et intensifier la guerre avec l'Allemagne.
Il est appelé à la présidence du Conseil par son vieil ennemi, le président de la
République Raymond Poincaré.
Obnubilé par la volonté de poursuivre la guerre jusqu'à la victoire, Clemenceau a
auparavant torpillé une offre de paix séparée
de l'empereur d'Autriche-Hongrie, Charles 1er, communiquée aux Alliés par le prince
Sixte de Bourbon-Parme.
Il prend la tête du gouvernement français à un moment crucial où le pays est saisi par
le doute. Sur le front, des soldats excédés par l'incompétence de leur chef en arrivent
à se mutiner.
Dans son discours d’investiture devant la Chambre des députés, le nouveau
président du Conseil annonce son intention de traquer les défaitistes et les traîtres
de l’arrière.
Son discours fait appel aux tripes des auditeurs:
«Nous prenons devant vous, devant le pays qui demande justice, l'engagement que
justice sera faite, selon la rigueur des lois... Plus de campagnes pacifistes, plus de
menées allemandes. Ni trahison, ni demi-trahison. La guerre. Rien que la guerre. Nos
armées ne seront pas prises entre deux feux. La justice passe. Le pays connaîtra qu'il
est défendu».
Clemenceau veut prouver aux soldats qui se battent dans les tranchées que l’on se
préoccupe d’eux et que l’arrière assume sa part de leurs souffrances. Pour les
besoins de sa démonstration, il va très vite chercher à faire des exemples sans
s’embarrasser de juridisme.
Son ancien ministre des Finances Joseph Caillaux, qui fit
voter en 1911 l’impôt sur le revenu, sera jeté en prison sur une fausse accusation
et échappera de justesse à une exécution dans les fossés de Vincennes.
Un ancien ministre de l'Intérieur, Louis Malvy, échappera aussi de peu à la mort.
D’autres, moins connus et moins entourés, n’auront pas leur chance.
Sa détermination vaut au Président du Conseil d'être surnommé le «Tigre»
ou le «Père de la Victoire». Avec une grande affection pour le vieillard qui
n'hésite pas à ramper jusqu'à eux dans les tranchées, les poilus l'appellent plus
simplement «Le Vieux» .
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