Naissance de
Georges Clemenceau
Georges Clemenceau, dit «le Tigre», est né
à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) le 28 septembre 1841. Son père, un ardent républicain,
le rallie très tôt à ses idées.
Médecin à 29 ans, Clemenceau est nommé maire de Montmartre par le gouvernement de la
Défense nationale, en septembre 1870. Il dénonce l'armistice de janvier 1871, qui
consacre la défaite de la France face aux armées prussiennes.
Le 18 février, il assiste impuissant au massacre des généraux par la populace de
Montmartre. De ce massacre va sortir la Commune.
Sous la IIIe République, grâce à ses talents d'orateur, il prend la tête des députés
de la gauche que l'on dit «intransigeante» ou «radicale».
A cette place, il va s'en tenir longtemps à un rôle d'opposant qui lui vaudra le surnom
de «tombeur de ministères». Evincé de la politique par le scandale de Panama, il revient en grâce avec l'Affaire Dreyfus.
Président du Conseil sur le tard, à 65 ans, son ministère est l'un des plus longs de la
IIIe République, du 25 octobre 1906 au 20 juillet 1909.
Dans ce laps de temps, il mène à son terme la séparation de l'Eglise et de l'Etat,
réprime avec brutalité une grève des mineurs de Courrières et met fin en 1907 au
soulèvement des vignerons du Languedoc.
Son ministre des Finances, Joseph Caillaux, qui deviendra
son ennemi inexpiable, introduit l'impôt unique sur le revenu.
De retour dans l'opposition, pendant les années dramatiques de la «Belle Epoque»
qui précèdent la Grande Guerre, Clemenceau s'affirme comme un revanchard et un
va-t-en-guerre déterminé. En 1913, il écrit dans son journal L'Homme libre un
article à sensation intitulé «Vivre ou mourir». On peut y lire cette adresse
aux jeunes (lui-même a 72 ans):
«Un jour, au plus beau moment où fleurit l'espérance... tu t'en iras... au-devant
de la mort affreuse qui fauchera des vies humaines en un effroyable ouragan de fer. Et
voilà qu'à ce moment suprême... ta cause te paraîtra si belle, tu seras si fier de
tout donner pour elle que, blessé ou frappé à mort, tu tomberas content!»
En 1917, au plus fort de la Grande Guerre, Clemenceau torpille une proposition
autrichienne pour une paix de compromis.
Résolu à poursuivre la guerre jusqu'à la victoire totale, il est appelé à la tête du gouvernement et rassemble alors toutes
les énergies du pays en vue de la victoire.
Sa détermination lui vaut les surnoms de «Tigre» et «Père de la
Victoire». Avec affection, les poilus qui combattent dans les tranchées l'appellent
plus simplement «Le Vieux».
Par haine de l'Allemagne, Clemenceau introduit dans le traité
de paix de Versailles des clauses brutales et inapplicables qui serviront les desseins
d'Adolf Hitler.
Par haine de l'Autriche et des Habsbourg, il brise l'Autriche-Hongrie
en une myriade de petits États vindicatifs et indéfendables qui se révéleront des
proies idéales pour le IIIe Reich hitlérien.
Bibliographie
Sur George Clemenceau, on peut lire avec profit la passionnante biographie de Philippe
Erlanger: «Clemenceau» (Grasset, 1968). Elle met en lumière toutes les
facettes du personnage et le replace dans son époque.