La Révolution française
(1789-1799)

Déclaration des droits
de l'Homme et du citoyen
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Relations extérieures |
Les
privilégiés contre la monarchie (1774-1788) |
Le 21 janvier 1771, sous le règne de Louis XV, le Parlement
est exilé de Paris par le chancelier Maupeou.
Le vieux roi ne supporte plus que les parlementaires, forts de leurs privilèges,
entravent son pouvoir.
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1774 |
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Le 10 mai 1774, à la mort de Louis XV, son petit-fils devient roi sous le nom de Louis
XVI.
Il n'a d'autre souci que de rappeler au plus vite les parlementaires et de les rétablir
dans leurs privilèges.
C'est le premier d'une longue série d'actes de faiblesse qui mèneront le roi à la
guillotine et feront perdre à la France son premier rang parmi les grandes puissances du
monde.
Confronté à son avènement à une situation financière désastreuse, le roi Louis XVI
avait choisi un ministre des finances compétent pour y faire face, Turgot.
Au début du règne de Louis XVI, la France jouit d'une relative prospérité. La
consommation progresse et les prix des biens manufacturés ou importés augmentent.
Les nobles font leur possible pour accroître les revenus qu'ils tirent de leurs
terres.
Ils raniment de vieux droits féodaux tombés en désuétude et soulèvent contre eux
la colère des paysans.
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A l'avènement de Louis XVI, la France est le pays le plus peuplé d'Europe avec 26
millions d'âmes. Elle en est aussi le plus prestigieux.
La langue et la culture de la Cour de Versailles
rayonnent de Berlin, en Prusse, à Saint Petersbourg, en Russie.

Autoportrait de l'artiste,
par Mme Vigée-Lebrun
La France est aussi le pays le plus puissant d'Europe, voire du monde, malgré
quelques déconvenues dans sa rivalité avec l'Angleterre.
Elle possède une flotte incomparable, la Royale, et ses colonies sucrières comme
Saint-Domingue font la jalousie des Anglais.
La Révolution va changer tout cela.
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1776 |
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Le 12 mai1776, le roi se sépare de Turgot et annule
ses réformes sous la pression des privilégiés et de la Cour.
Necker remplace Turgot aux finances.
Le banquier genevois, soucieux de sa popularité, écarte toute idée de réforme fiscale
et recourt aux emprunts pour remplir les caisses de l'État et pourvoir aux dépenses
énormes occasionnées par les interventions militaires en Amérique. |
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Le 4 juillet 1776, les colonies anglaises d'Amérique du nord proclament leur
indépendance.
Le 17 octobre 1777, les insurgés livrent la bataille de Saratoga.
Ils reçoivent l'appui de la noblesse libérale d'Europe.
Le 6 février 1778, la France signe un traité
de commerce avec Benjamin Franklin. Elle reconnaît les États-Unis d'Amérique et
intervient officiellement dans la guerre d'Indépendance.
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1780 |
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À Vienne, l'impératrice Marie-Thérèse meurt après 40 ans de règne. Elle laisse le
trône à son fils Joseph II, qui gouvernait déjà à ses côtés depuis 15 ans.
Amis des philosophes, le nouvel empereur va se révéler commme le prototype du souverain «éclairé»,
ami des Lumières et du progrès (c'est l'«Aufklärung»).
Ses réformes audacieuses vont déboucher sur un échec et n'en inspireront pas moins les
révolutionnaires français.
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1781 |
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Le 19 mai 1781, Necker est remercié par Louis XVI.
Le ministre avait tenté de justifier ses emprunts imprudents en publiant un Compte
rendu au roi qui dévoilait les dépenses somptuaires de la Cour.
Il avait aussi préconisé des assemblées territoriales qui limitaient le pouvoir des
intendants.
La noblesse libérale du royaume, La Fayette en tête, cultive l'idée de transposer
en France les principes démocratiques d'Outre-Atlantique.
Le nouveau contrôleur général, Charles Alexandre de Calonne, comprend que l'état du
royaume nécessite des réformes radicales. «Ce qui est nécessaire pour le salut de
l'État serait impossible par des réparations partielles,» écrit-il au roi le 20
août 1786.
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Le 19 octobre 1781, Américains et Français remportent la bataille de Yorktown.
Le 3 octobre 1783, le traité de Versailles consacre l'indépendance des Etats-Unis.
Louis XVI peut être satisfait de la revanche prise sur les Anglais mais sa
participation à la guerre américaine a creusé le déficit de l'Etat.
Le 18 décembre 1783, William Pitt le Second (20 ans) devient premier ministre en
Grande-Bretagne.
Ce jeune homme conduira la lutte contre la France jusqu'à sa mort en 1806.
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1787 |
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Las, le 22 février 1787, Calonne réunit à Versailles une assemblée de notables pour
faire approuver un programme de réformes calqué de celui de Turgot. Mais les notables
acceptent tout sauf la subvention territoriale. C'est l'échec.
Le 8 avril 1787, Calonne est remplacé par l'archevêque de Toulouse Loménie de Brienne
qui ne réussit pas mieux à faire passer la réforme fiscale auprès des privilégiés.
Les parlementaires refusent d'enregistrer les réformes et réclament les états
généraux. Cette assemblée des trois ordres du royaume (clergé, noblesse et tiers
état) n'avait pas été réunie depuis 1614 et l'époque troublée de la régence de
Marie de Médicis, veuve d'Henri IV.
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Le 17 septembre 1787, la Constitution américaine est
publiée. Elle nourrira l'inspiration des Constituants français.
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1788 |
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Le 3 mai 1788, le Parlement publie une «déclaration des droits de la Nation»
et réclame à nouveau la convocation des états généraux en espérant qu'ils
contraindront le roi à respecter les exemptions fiscales des privilégiés. Beaucoup de
ces parlementaires finiront sur la guillotine.
Tous les privilégiés, y compris le haut clergé, se solidarisent avec les parlementaires
parisiens.
Le 7 juin 1788, la sédition tourne à l'émeute à Grenoble. Pendant la «journée
des tuiles», les habitants bombardent de projectiles les soldats qui tentent de se
saisir des parlementaires.
Les représentants du Dauphiné, au nombre d'environ 500, se réunissent au château de
Vizille et appellent à refuser le paiement de l'impôt.
Louis XVI, comme à son habitude, s'incline et convoque les états généraux pour mai
1789.
Le 25 août 1788, Loménie de Brienne est remplacé par Necker qui se fait fort de
rassurer les créanciers de l'État, les banquiers et l'opinion publique.
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Depuis 1780, à Vienne, Joseph II régne seul sur les États autrichiens.
C'est l'«Aufklärung»: fin du servage, expulsion des Jésuites, édit de
tolérance, suppression des ordres contemplatifs, suppression de la torture, abolition des
corporations,...
Joseph II fait aussi du haut allemand la langue officielle de l’empire, à la grande
fureur des minorités!
Dominé par la haine du clergé et de la papauté, le «joséphisme» va se
solder par un échec cuisant... mais il montrera la voie aux révolutionnaires français.
Ces derniers ne feront guère pire que Joseph II en matière religieuse mais leur propre
intolérance aura pour effet de plonger la France et l’Europe dans d’immenses
désordres guerriers |
Mise à jour le 24 février 2003
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