Les grandes heures de la démocratie américaine:
16 décembre 1773: "Tea
Party" de Boston
19 avril 1775: échauffourée de Lexington
4 juillet 1776: "Independance
Day"
17 octobre 1777: victoire de Saratoga
19 octobre 1781: victoire de Yorktown
3 septembre 1783: reconnaissance de l'indépendance des États-Unis
17 septembre 1787: une Constitution
fédérale pour les États-Unis
|
La Constitution
des États-Unis d'Amérique est publiée le 17 septembre 1787, soit 4 ans après l'indépendance du pays et près de dix après la proclamation
de l'Indépendance.
C'est le temps qu'il a fallu aux treize États issus des anciennes colonies anglaises pour
prendre conscience de la nécessité de créer des organes communs de gouvernement et se
mettre d'accord sur les délégations de pouvoir.
Ils se sont aperçus que les Articles de la Confédération, qui régissaient depuis
l'indépendance les relations entre les treize États, offraient un cadre institutionnel
beaucoup trop lâche.
C'est ainsi que la Confédération s'était révélée impuissante à garantir la libre
circulation des marchandises à l'intérieur du pays ou encore à défendre les intérêts
commerciaux américains à l'étranger.
Obligés de se donner de nouvelles institutions, les États conviennent de réunir leurs
délégués à Philadelphie le 25 mai 1787.
Pour mieux souligner l'autonomie de leurs États respectifs, les délégués adoptent la
forme d'un Congrès d'États européens (en anglais «Convention») plutôt que
celle d'un Parlement.
Un compromis durable
Présidés par Georges Washington, héros de la guerre d'Indépendance, les débats sont
très agités. Ils aboutissent à un compromis suffisamment souple pour avoir donné
satisfaction jusqu'à nos jours. La Constitution américaine est la plus ancienne de
toutes celles qui existent aujourd'hui.
Elle s'inspire très directement des thèses exprimées par le philosophe français
Montesquieu dans son ouvrage majeur «L'Esprit des Lois» en 1748.
Elle instaure une stricte séparation des pouvoirs avec un Président de la République
(pouvoir exécutif); un Congrès composé de deux Chambres: le Sénat, qui représente les
États à raison de deux sénateurs par Etat, et la Chambre des Représentants qui
représente les citoyens (pouvoir législatif); enfin, une Cour Suprême dont les
compétences seront plus tard définies (pouvoir judiciaire).
Le caractère fédéral est soigneusement préservé. Tout ce qui n'est pas expressément
délégué à la Fédération revient aux États... C'est la première application
politique du principe de «subsidiarité» que le traité
de Maastricht (1992) a remis à la mode (sans l'appliquer).
Invention d'un Président
Pour la première fois au monde est instituée la fonction de Président de la
République.
Dans un premier temps, les Conventionnels avaient suggéré de conférer la
royauté à Georges Washington, héros de la guerre d'Indépendance. Celui-ci, en
démocrate sincère, avait vigoureusement refusé et opté pour une Présidence modeste,
avec un mandat de quatre ans renouvelable.
Désireux de garder la mainmise sur le choix du Président, les délégués imaginent une
élection très complexe à deux niveaux: les citoyens élisant dans chaque Etat des
grands électeurs, c'est à ces derniers que revient l'élection du Président.
Si aucune majorité absolue ne se dessine autour d'un candidat, les Conventionnels
prévoient que la Chambre des Représentants choisira le Président parmi les cinq
candidats les mieux placés...
Les Conventionnels imaginent que ce cas de figure reviendra systématiquement... et
écartera les aléas du suffrage universel! Dans les faits, il ne se produira qu'une fois,
en 1824.
Très vite, en effet, le mode d'élection du Président va aboutir à l'invention d'un
animal jusque-là inconnu, le parti politique. Les candidats en appelleront directement
aux électeurs de base par le biais d'un cercle de partisans dévoués et... généreux.
La Constitution à
l'épreuve
Dès le début, les hommes politiques américains vont tenter de faire évoluer la
Constitution dans le sens de leurs intérêts et de leurs opinions.
Les «fédéralistes», rassemblés autour d'Alexander Hamilton, sont nombreux
dans le Nord industriel. Ils veulent renforcer le pouvoir central.
De l'autre côté, les «républicains démocrates» groupés autour de
l'idéaliste Thomas Jefferson représentent l'élite aristocratique et «éclairée»
du Sud. Ils aspirent à un minimum d'Etat et un maximum de liberté.
Ce clivage se prolongera jusqu'à la veille de la guerre de
Sécession.
|