Epailly

Epailly
Porte de la Chapelle d'Epailly

Un des plus beaux vestiges templiers renaît lentement à la vie, loin des regards indiscrets : la chapelle d’Epailly.
C'est au début du XIIIe siècle que les chroniques relatent pour la première fois la commanderie templière d’Epailly, siège de la troisième chambre priorale de l’ordre placée directement sous l’autorité de Voulaines.
Dès cette époque, Epailly est dotée de possessions alentour, comme les bourgs de Louesme, de Bissey-la-Côte, donné par un certain Thibaudin, et de Thoires, cédé par Hugues, seigneur des lieux. Quelques années plus tard, les Templiers se voient aussi céder des terres par Evrard de Chastenay (1230).
Le site, entouré de remparts, est judicieusement placé à l’entrée d’une combe, alimentée en eau par un petit ruisseau qui glisse dans la plaine. Témoignage de l’importance du site : à la Révolution, le domaine, devenu bien national, constitue une vaste exploitation agricole de près de 300 hectares. Le principal vestige des années fastes des Templiers reste la chapelle, placée sous le vocable de Saint-Georges. Il reste bien une salle voûtée sous l’actuel logis de ferme, une tour massive à un angle de la propriété. Mais rien de comparable avec l’élégance de cette chapelle aussi vaste qu’une église, et qui faillit bien ne jamais traverser les siècles. En effet, à la fin du XIXe siècle, les propriétaires souhaitaient se débarrasser de l’édifice… avant de se raviser et de le transformer en bâtiment agricole : la chapelle d’Epailly devint une grange. Non sans casse. Les murs ont été enduits, les voûtes sexpartites jetées à terre, les chapiteaux en partie détruits, le sol recouvert d’une dalle de ciment… Autant de dégradations successives auxquelles se seront ajoutés des effets pervers, comme le délitement de la pierre sous l’effet des passages incessants des avions de l’armée de l’Air, ou encore le pillage de matériaux par quelques paysans du village voisin. Aujourd’hui, une association - Les amis de la Commanderie d’Epailly - tente d’inverser la vapeur en redonnant vie à ce site superbe. « Quelques travaux ont été entrepris dans l’urgence, notamment sur la toiture. Mais il faudra rapidement engager des travaux de consolidation », précise Mme Brandt, propriétaire (passionnée) des lieux.
Article du Bien Public Par Julien FRIZOT.