Fontenotte
Pierre tombale de la commanderie de Fontenotte
Par la grâce d’Aimon IV, seigneur de Til-Châtel
À deux pas de Til-Châtel, sur la route de Dijon à Langres, s’élève encore
une ancienne ferme templière dite « de Fontenotte »
AVANT de partir en croisade en Terre Sainte, où il accompagne le duc Hugues
III, Aimon IV, seigneur de Til-Châtel, fait don de la ferme de Fontenotte aux
chevaliers du Temple « pour le repos de son âme ». Les Templiers reçoivent
ainsi vers 1170 la jouissance d’un vaste domaine, « l’usage sur toute sa
terre tant en bois qu’en eau et en pâturage » qu’ils affilient à la
commanderie de Bure.
Usant de leur droit d’ériger des oratoires, les Templiers font édifier une
chapelle au XIIIe siècle qu’ils dédient à sainte Pétronille.Le domaine
s’agrandit avec l’acquisition, par donation, d’un moulin dit « de Bussières
», qui aurait été actionné par les eaux du ru de Bussières, lit naturel du
ruisseau de Fontenotte avant son détournement au profit du bourg voisin de Lux.
Les moines soldats obtiennent aussi des droits de pâturages à Pichanges et
Spoy d’un certain Étienne, seigneur de Pichanges, cinquième fils de Gui II
et de Guillemette de Coublant. Prêtre templier, il est, à sa mort en 1271,
inhumé dans la chapelle de Fontenotte. Trois ans plus tard, Jean, son frère aîné,
confirme quelques donations qu’il fait à l’établissement templier et plus
particulièrement à Henri de Dole, commandeur : des bois près de la
commanderie, et encore des droits de pâturages sur tout le finage de Spoy.On
l’aura compris, les Templiers accumulent à Fontenotte un important domaine
agricole et forestier dont ils tirent les bénéfices et les diverses dîmes réparties
sur Til-Châtel, Spoy et Pichanges, bien sûr, mais aussi Lux, Gemeaux, et
Saint-Julien, jusqu’aux portes de la capitale ducale.
Après la disparition de l’ordre du Temple, la chapelle aurait été secondée
par une autre bâtisse dédiée à sainte Marie-Madeleine et édifiée par
l’ordre de Malte. Le lundi de Pâques, cette chapelle aurait été le but
d’un important pèlerinage.
Article du Bien Public Par Julien FRIZOT.