Neuilly sous Clermont

Neuilly-sous-Clermont

Neuilly sous Clermont

En 1203, la comtesse de Clermont et de Blois révèle dans sa confirmation l'existence de la commanderie de Neuilly. Cette maison du Temple fut construite sur des terres données par Eudes d'Angevilliers et comprenait une grange, un moulin et plusieurs biens, la haute, la moyenne et la basse justice, ainsi que le droit d'afforage. Les bâtiments, d'une grande importance au XIIIe siècle, à en juger par les restes, furent incendiés en 1370 par les Anglais. Ce n'est que cent ans plus tard que les réparations furent effectuées sous le commandeur Jean Perrin (14481489). Si la commanderie, dans son ensemble, fut reconstruite au XVIe siècle, la chapelle garde une facture gothique avec les aménagements du XIVe siècle, dont principalement deux grandes baies en gothique flamboyant de l'Île-de-France. La chapelle située à l'étage était bâtie sur d'anciennes salles qui servirent bien souvent à des écuries, mais qui fort heureusement n'existent plus aujourd'hui ; l'architecture est ainsi remise en valeur. Aux XIVe et XV siècles, la chapelle fut recouverte de fresques où l'on peut encore admirer une bénédiction de la vierge, détériorée par la construction d'une cheminée, démolie aujourd'hui au cours d'heureuses restaurations exécutées par les propriétaires actuels ; ces restaurations sont faites avec goût, connaissance de l'architecture des différentes époques, et surtout, le ciment n'y est pas le roi comme c'est le cas dans certaines restaurations de commanderies. Le choix des matériaux est heureux et la restauration n'a pas été faite à la légère. La commanderie en elle-même se présente comme un vaste rectangle comprenant deux étages sur caves. Un escalier monumental et d'un rare beauté fait communiquer les deux parties. Sur la façade on admire les ornementations de pilastres et les tabernacles rappelant le style du château d'Ecouen, et l'influence de Germain Pilon. Les trois lucarnes rectangulaires, à meneaux et frontons ornementés, comme l'appareillage de l'ensemble de la construction sont caractéristiques de l'architecture civile du XVIe siècle en Île-de-France, et l'édifice ne date pas du XVIIe siècle comme l'ont proclamé certains sur la foi d'une pierre donnant la date de 1645. L'ensemble, très harmonieux, dans un parfait état d'entretien, montre comment une commanderie du Temple, remaniée par les Hospitaliers et laissée dans un état de délabrement important, peut et doit être restaurée.