Sommereux
Sommereux la fameuse idole Importante commanderie qui rayonnait par ses membres jusqu'à Compiègne, Sommereux fut fondée en 1150 sur les libéralités de plusieurs seigneurs. L'évêque d'Amiens confirma les dons et l'installation des frères du Temple. Jusqu'au procès, dix-sept commandeurs sont connus, le dernier étant Raoul de Gisy, frère sergent qui, dans ses dépositions révèle les pratiques sacrilèges et immorales des Templiers. Après l'abolition de l'Ordre en 1312, les chevaliers de Saint-Jean prirent la place. Les bâtiments, vastes et nombreux furent en partie détruits par les Anglais. La maison conventuelle fut restaurée au XVI siècle et reconstruite au XVIII. C'est le petit manoir que nous voyons encore aujourd'hui. La chapelle de la commanderie est l'église actuelle du village. Remaniée au XIV siècle par le commandeur Jean de Varrines, elle est dédiée à saint Aubin. La nef fut reconstruite après un incendie qui éclata au XVII siècle. Malgré cette partie classique, l'église n'en conserve pas moins son abside et son transept du XIII siècle. Dans la nef, les constructions classiques épargnèrent la corniche romane tardive, tandis que l'ensemble porte les caractéristiques du gothique à lancettes d'influence beauvaisienne. Le chœur est éclairé par trois baies lancettes dont celle du milieu est plus grande. La corniche du chœur se compose d'un double rang de billettes. L'ensemble du XIII siècle est voûté sur croisée d'ogives ; les nervures des voûtes sont reçues par des personnages. Dans le chœur les nervures sont à arêtes vives, et les quelques chapiteaux sont sculptés avec des feuilles en volutes. C'est dans le bras du transept sud que se trouve le "baphomet", sculpture du XIII siècle qui fut à l'origine de la légende de Sommereux, racontant que les Templiers se levaient la nuit pour adorer cette effigie qui se transformait en chat ; cette légende se répandit surtout après les dépositions du dernier commandeur qui ne fit qu'amplifier les dires. Il est d'ailleurs préférable, si l'on veut une effigie baphométique, de prendre comme exemple celle du XIX siècle que l'on peut voir sur le portail de l'église Saint-Merry de Paris. |
