COMMANDERIE d'YDESDe cette commanderie il reste de très beaux témoins traduisant l'influence auvergnate dans la construction et l'architecture. Elle fut créée au milieu du XIIe siècle. La chapelle de la commanderie n'est autre que l'église paroissiale actuelle. C'est le plus beau et le plus intéressant témoin de l'influence locale dans l'architecture des Templiers. Le porche est encadré d'une archivolte ornée des signes du zodiaque dont celui du bélier donne le départ. Plusieurs scènes de chasse ornent le retour horizontal, comme un montreur d'ours, un renard attiré par un coq. Ce porche est orné de scènes religieuses, principalement une annonciation sur le côté gauche : la Vierge est séparée de l'ange par une colonne surmontée d'un chapiteau orné de quatre têtes de lion. Suer le côté droit on remarque le prophète Daniel dans la fosse aux lions recevant deux pains et une cruche d'eau du prophète Habacus que dirige un ange. Les lions sont entrecroisés aux pieds du prophète comme on peut le voir aussi à l'église de Moissac. Le style sculptural rappelle énormément les ateliers du Limousin. La corniche de l'abside repose sur des arcatures qui retombent sur des têtes sculptées : sérieuses, souriantes ou grimaçantes. Sur les chapiteaux on retrouve Daniel dans la fosse aux lions ou Samson terrassant le lion. La chapelle étant dédiée à saint Georges, on peut admirer sur la porte sud la figuration du saint terrassant le dragon. L'église templière de Ydes possède les plus belles sculptures de la Haute-Auvergne. De la commanderie il reste les anciennes fortifications quelque peu délabrées.
Sous l’Ancien Régime, l'institution religieuse la plus importante était la commanderie de l’Ordre du Temple d'Ydes. La date de son établissement est inconnue mais on sait que les templiers sont déjà implantés en Haute-Auvergne en 1176 et qu'au XIIIe siècle, Ydes est l'une des trois commanderies de cette région. En 1309, le commandeur Etienne d’Ydes et le curé Etienne Lajarousse sont compromis dans le procès des templiers et arrêtés.
En 1312, comme tous les biens des templiers, la commanderie est dévolue à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, futur ordre de Malte. Dès 1317, l'église passe sous la sauvegarde directe de Rome, protection qui sera confirmée en 1517. Vers le XVIe siècle, la commanderie est placée sous la dépendance de celle de Pont-Vieux (Puy-de-Dôme). A la Révolution, ses possessions sont vendues comme biens nationaux. Au XIX siècle, la maison du commandeur et ses dépendances sont détruites. Aujourd'hui, seule l'église romane subsiste.
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