Les pères apologistes
ANTOINE LE GRAND (251-356)
Anachorète égyptien bien connu grâce à la biographie panégyrique
d’Athanase, Antoine est le fondateur du monachisme anachorétique. Dès
l’âge de trente-cinq ans, il vit en ermite dans le désert égyptien,
imité par de nombreux disciples. Athanase le présente comme un
personnage riche de « sagesse divine », plein de « grâce
et d’urbanité » (Vie 72).
Il nous reste sept lettres authentiques adressées à différents monastères
(traductions latine et géorgienne). Ces lettres prêchent un ascétisme
exempt de tout mysticisme. Selon Antoine, le principal devoir de chacun
est de se connaître, car ne sauront connaître Dieu que ceux qui se
connaissent eux-mêmes. La connaissance de soi-même est conçue comme
la compréhension de plus en plus profonde de la grâce divine qui agit
en l’homme. Ces lettres présentent la vie monacale comme un combat
incessant contre les tentations et comme un martyre. Le moine doit se
purifier de toutes les passions et résister aux diverses attaques du démon.
ARISTIDE D’ATHENES (IIe siècle)
Aristide est, avec Quadratus, un des premiers pères apologistes.
Selon Jérôme, il continua d’exercer sa profession de philosophe après
s’être converti au christianisme.
Apologie à l’adresse d’Hadrien : adressée en 124 à l’empereur
Hadrien (Eusèbe, HE 4, 3, 3 ; Jérôme, Ep. 70, 4, Ad magnum) ou, selon
une inscription du monastère de Sainte Catherine sur le Sinaï (Cod.
Syr. 16), en 140 à son successeur Antonin le Pieux (Titus Aelius «
Hadrianus » Antoninus Pius). L’Apologie a été conservée dans
une traduction syriaque et dans un remaniement grec.
Dans la littérature chrétienne, cette œuvre représente le plus
ancien écrit de l’apologétique « officielle ». Ayant
d’abord loué Dieu, en tant qu’être sans principe et sans fin, incréé
et immortel, parfait et ineffable, Aristide soutient que son existence
doit être nécessairement postulée si l’on veut expliquer l’ordre
de l’univers créé (chap. 1). Contre les religions « barbares »
des chaldéens, des grecs et des juifs (chap. 2-14), il veut montrer que
seuls les chrétiens ont atteint cette vérité et qu’ils en témoignent
par une vie de pureté et de rectitude (chap. 15-17). L’œuvre atteint
un sommet d’enthousiasme lors de la description finale de la vie
morale du chrétien (qui ressemble à celle contenue dans la Lettre à
Diognète) et dans l’exhortation aux païens, afin qu’ils
abandonnent toute calomnie et qu’ils acceptent « la vérité ».
ARNOBE DE SICCA (env. 260 - env. 327)
Vivant à l’époque de l’empereur Dioclétien, Arnobe se range parmi les apologistes chrétiens. Il se convertit au christianisme vers l’âge de soixante ans, après avoir enseigné la rhétorique à Sicca Veneria (Afrique proconsulaire). L’évêque dont il dépend ayant conçu quelques doutes au sujet de la foi du nouveau venu, en gage de sincérité, Arnobe compose un ouvrage en sept livres (304/312) : Contre les païens. Cet ouvrage constitue le répertoire le plus complet des critiques chrétiennes contre la mythologie. La démonstration se déroule en deux temps : les deux premiers livres réfutent l’accusation fréquemment adressée aux chrétiens d’avoir attiré toutes sortes de fléaux sur l’Empire romain ; les autres livres cherchent à mettre en évidence le ridicule du polythéisme et des cultes païens. L’anthropologie d’Arnobe, au caractère anti-platonicien, renferme l’idée que toute connaissance repose sur la perception. La cause est à rechercher dans l’union très étroite du corps et de l’âme.
Référence : Contre les gentils. Textes, traductions et commentaires par H. Le Bonniec (« Les Belles Lettres », Paris 1982)
ATHANASE D’ALEXANDRIE (295-373)
Athanase est l’une des plus importantes personnalités de
l’Antiquité chrétienne. Né à Alexandrie, il participe au concile
de Nicée (325), où il accompagne l’évêque Alexandre. Auparavant,
il a écrit Contre les païens, un ouvrage en deux parties : Discours
contre les Hellènes et Discours sur l’incarnation du Verbe. En 328,
il est nommé évêque de sa ville natale. L’hostilité des ariens et
de plusieurs communautés entraîne sa destitution en 335 et son exil à
Trèves. De retour à Alexandrie, après la mort de Constantin (338), il
est amené à se réfugier une nouvelle fois en Occident à cause de
l’hostilité de l’empereur Constance. Dès lors, une suite de
rappels et de fuites chez les moines du désert se succèdent, selon la
situation politique. En dépit de ces vicissitudes, Athanase poursuit
une œuvre écrite : Vie de Saint-Antoine. Il dirige son Eglise depuis
son refuge du désert. Il rejoint définitivement son siège épiscopal
en 366, grâce à l’appui indéfectible du peuple.
Ses nombreuses œuvres se rapportent pour la plupart à la défense de
la foi de Nicée : Discours contre les ariens. Il pose les fondements du
développement théologique des siècles à venir. L’Eglise judéo-chrétienne
lui doit les idées fondatrices de la doctrine trinitaire et de la
christologique : Quatre lettres à Sérapion, évêque de Thmuis.
ATHENAGORE D’ATHENES (IIe siècle)
Philosophe chrétien d’Athènes, Athénagore fait partie du groupe
des pères apologistes du IIe siècle. Peut-être dédia-t-il l’un de
ses écrits sur « les expressions difficiles de Platon », dont
parle Photius (Cod. 154), à l’Alexandrin Boethous. Athénagore montre
qu’il connaît la pensée platonicienne et qu’il la partage sous
plusieurs aspects, même s’il s’en détache en quelques points (par
exemple, à propos du rapport de l’âme et du corps de l’homme).
Supplique en faveur des chrétiens (env. 177) : l’œuvre, composée de
trente-sept chapitres, est adressée aux empereurs Marc Aurèle et
Commode, « conquérants d’Arménie et de Samarie et philosophes
surtout ». Elle veut défendre les chrétiens contre la triple
accusation d’athéisme, de cannibalisme et d’inceste (chap. 4-36).
Comme Justin, Athénagore garde une position ouverte à l’égard de la
culture païenne. Pour argumenter ses thèses, il cite les philosophes
grecs, parmi lesquels Philolaos, Platon, Aristote et les stoïciens. Il
pense qu’il n’existe qu’une seule véritable philosophie ou
sagesse. Dans la Supplique, il propose une preuve « rationnelle »
de l’unicité de Dieu : si plusieurs divinités existaient, dit-il,
elles ne pourraient être dans le même lieu car, étant toutes non
engendrées, elles ne pourraient appartenir à la même espèce. Elles
devraient donc exister dans des lieux distincts. Ce qui ne se peut
puisque l’espace au-delà du monde est le siège d’un Dieu unique
qui est une essence différente et supérieure à la matière qu’il a
créée. Un autre dieu pourrait exister dans un autre monde ou autour
d’un autre monde, mais alors, il n’arriverait pas chez nous et, à
cause de sa sphère d’activité limitée, il ne serait pas un véritable
dieu pour nous.
Athénagore souligne que le Dieu des chrétiens est une trinité. Plus
encore que Justin, il soutient la divinité du Fils et son unité avec
le Père dans l’essence, en évitant le subordinationnisme des autres
apologistes grecs. Comme Théophile, Tertullien et Hippolyte, Athénagore
dit que le Fils était, comme « Noûs » et « Logos »,
en Dieu dès l’éternité. Il en sortit pour créer le monde, sans
pour autant être une créature. Le « Logos » est engendré par
le Père, tandis que le Saint-Esprit est une émanation de Dieu
comparable au rayon du soleil.
Sur la résurrection des morts : cette œuvre présente un caractère
philosophique très marqué. Elle cherche à démontrer la doctrine de
la résurrection en s’appuyant sur « la logique ». Il serait
injuste, dit Athénagore, que l’âme seule fasse pénitence à cause
d’un péché auquel le corps l’a poussée. De même, il serait
injuste de ne pas récompenser le corps pour les bonnes œuvres
accomplies grâce à sa collaboration. La détermination avec laquelle
Athénagore soutient, contre la thèse platonicienne, que le corps est
partie intégrante de l’homme et que l’homme n’est pas simplement
une âme qui se sert d’un corps est très significative du point de
vue philosophique.
Référence : Supplique. Présenté par G. Bardy (« Sources Chrétiennes », Ed. Cerf, Paris 1943)
CLEMENT (PSEUDO-)
Dans les manuscrits, l’Epître de Clément de Rome aux Corinthiens est suivie d’une Seconde Epître de Clément de Rome aux Corinthiens. Le contenu et le style montrent qu’il ne s’agit pas d’une lettre et que l’écrit n’est pas de Clément de Rome. Eusèbe et Jérôme l’écartaient déjà. Il s’agit d’une homélie, du plus ancien sermon chrétien qui nous ait été conservé. Le texte peut être daté de l’an 150 environ et venir aussi bien de Corinthe, d’Alexandrie que de Rome. L’auteur présente Jésus comme Dieu et « Juge des vivants et des morts ». Il exhorte à la pénitence, à la fidélité et à la garde du « sceau » du baptême. Il prêche la résurrection de la chair. L’Eglise « spirituelle a été créée avant le soleil et la lune, elle est devenue visible dans la chair du Christ ».
Référence : Homélie du IIe siècle, dite anciennement : Deuxième Epître de Clément de Rome aux Corinthiens. Traduction de Sr. Suzanne-Dominique, in « Les Pères Apostoliques » (« Foi vivante », Ed. Cerf, Paris 1990)
DENYS L’AREOPAGITE (ŒUVRES DU PSEUDO-)
La date et le lieu de composition restent controversés. Il semble cependant que l’œuvre ne puisse être datée après le IVe siècle et qu’elle provienne de Cappadoce. L’influence du Corpus Dionysiacum fut considérable. Pour l’auteur, l’objet de « l’illumination » chrétienne est une « théosophie », c’est-à-dire une sagesse appliquée aux réalités divines. Cette sagesse mérite, pour l’auteur, « le beau nom de philosophie ». Toute théologie est mystique ; de sorte que la théologie apparaît moins comme discussion systématique que comme révélation. La théologie fondamentale, c’est l’Ecriture qui apparaît comme un recueil d’oracles plus ou moins sibyllins venant de Dieu.
Référence : Œuvres complètes du pseudo-Denys l’Aréopagite, traduction, commentaires et notes de Maurice de Gandillac (Ed. Aubier, Paris 1980).
EPIPHANE (env. 315 – 403)
Bien que l’évêque de Salamine de Chypre (367), violent adversaire des ariens et des disciples d’Origène, s’inscrive dans l’après Nicée, nous le retenons dans nos biographies pour son œuvre, le Ponarion (ou Boîte à drogues), qui donne un témoignage intéressant sur l’histoire des idées chrétiennes.
EZNIK DE KOLB (env. 380 – 450)
Nous retenons Eznik dans notre bibliographie, bien qu’il inscrive
son action et son œuvre dans l’après Nicée. En effet, ce disciple
du moine Mesrob Machtotz (l’inventeur de l’alphabet arménien) est
le rédacteur d’un traité théologique et philosophique : De Dieu
(445-448). Cette apologie du christianisme est une réfutation des «
hérésies » des sectes et des religions païennes. Nous ne
connaissons pas le titre original de ce traité théologique. Découvert
et publié pour la première fois à Smyrne en 1762, sous le titre Livre
des controverses, il fut de nouveau édité à Venise, en 1826, sous le
titre Réfutation des sectes. L. Mariès a observé que l’œuvre dans
son ensemble est moins une réfutation, qu’un exposé « de Dieu »,
titre conventionnel qu’il a retenu pour son édition critique et pour
sa traduction française.
L’œuvre apparaît comme une apologie systématique de la conception
judéo-chrétienne du Dieu unique, créateur de l’univers et
absolument transcendant. Son être étant insondable et ineffable, il
n’y a pas lieu d’en parler, sous peine de verser dans la mythologie.
En revanche, il convient d’examiner en quoi ses rapports avec la création
confirment la transcendance et l’unicité de son essence, tout en
justifiant le culte d’adoration qui lui est dû, à lui exclusivement.
A sa propre position qui est celle des fidèles « intérieurs »
à l’Eglise de Dieu, Eznik oppose celle des païens, gens de «
l’extérieur », Grecs ou Perses, qu’il faut convaincre par la
raison naturelle, et des « hérétiques » qui « se prétendent
» de l’intérieur, en sorte qu’on peut leur répliquer aussi
par l’Ecriture (2, 144). Ces deux types d’adversaires correspondent
à deux erreurs opposées sur le rapport entre Dieu et sa création.
Ceux de l’extérieur seront inéluctablement conduits à nier la
transcendance divine et à confondre Dieu avec ces créatures ; ceux de
l’intérieur, comme Marcion, auront tellement le souci de la
transcendance divine que, pour eux, Dieu devient l’Etranger absolu qui
intervient comme compassion dans le monde qu’il n’a pas créé
(358). Mais en réalité, Dieu est à la fois transcendant et créateur,
de toute éternité (350-352).
Après avoir énoncé sa propre conception de Dieu (1-3), Eznik la défend,
d’abord contre ceux de l’extérieur, sur le problème du mal (4,
266) puis sur celui de la cosmologie (267-357), qui sont respectivement
à l’origine du dualisme et du polythéisme (ou du panthéisme).
Contre Marcion, qui symbolise à lui seul « l’hérésie »,
Eznik souligne l’absurdité d’un Dieu « étranger », trop
transcendant pour être créateur, et l’illégitimité radicale de son
intrusion dans notre univers : « Car, s’il était Dieu, il aurait
dû lui-même créer des créatures et non pas convoiter les créatures
des autres. Mais puisqu’il n’a rien fait, il est clair qu’il
n’existe pas ! » (359). Comment, d’ailleurs, prétendre qu’un
tel Dieu, par définition ineffable, ait pu se révéler ? En réalité,
en maintenant à côté de son Dieu, le Créateur et la Matière,
Marcion retombe sans les erreurs dualistes et polythéistes qu’il
croyait avoir évitées. Quant au reste de sa doctrine, selon Eznik,
elle fourmille d’incohérences. Eznik finit, sans conclusion générale,
par une dénonciation de l’indignité personnelle de l’hérésiarque.
Référence : De Deo. Ed. traduction L. Mariès & C. Mercier (PO, XXVIII, 3-4, Paris 1959)
HERMIAS (IIe – IIIe siècle)
Auteur chrétien appelé « philosophe » dans les manuscrits, mais sur lequel on n’a aucun renseignement biographique, Hermias occupe une place particulière dans l’histoire de l’apologétique. C’est en effet la personnalité la plus caractéristique du courant de la pensée chrétienne qui s’opposait à la culture païenne et dont Tatien et Tertullien sont les représentants les plus célèbres. Nous connaissons son ouvrage à caractère apologétique : Dérision des philosophes païens. Hermias est animé par la conviction (partagée avec Clément d’Alexandrie) que la philosophie tire son origine « de la défection des anges » (Chap. 1), c’est-à-dire du diable. Il tourne en ridicule les opinions contradictoires des philosophes païens à propos de l’âme humaine (chap. I - II) et des principes constitutifs de l’univers (chap. III - X). Le but de l’œuvre, explique l’auteur, est de révéler la vacuité de la philosophie païenne dans ses diverses expressions. En effet, toutes les théories philosophiques « procèdent à l’infini et n’ont pas de fin » ; leur objet « est difficile à analyser, absolument inutile, non vérifié ni dans un fait clair ni dans une raison évidente » (chap. 19).
HIPPOLYTE DE ROME (170/175 – 235)
Hippolyte est contemporain d’Origène qui l’entendit prêcher à Rome en 212. Quand, en 217, Calixte étant élu évêque de Rome, Hippolyte refuse de le reconnaître, il devient le premier « antipape » de l’histoire. Il est grec d’expression, peut-être est-il d’origine orientale. Il compose contre Calixte un violent pamphlet où il met en cause la facilité à accorder le pardon des péchés. Il persévère dans son opposition sous les deux papes suivants, Urbain et Pontien. Lors de la persécution de 235, Hippolyte et Pontien se retrouvent compagnons de déportation en Sardaigne où ils finissent par se réconcilier.
Les Philosophumena (222/235) semblent devoir être attribuées à
Hippolyte. Du point de vue de la tradition manuscrite, l’ouvrage se
divise en deux parties fort inégales : la première ne contient que le
livre I ; la seconde va du livre IV au livre X. Les livres II et III
manquent totalement. Le livre I est connu depuis longtemps. Il nous a été
conservé par quatre manuscrits qui se présentent sous le nom d’Origène.
Aussi, a-t-on cru pendant longtemps, sur le témoignage unanime des
manuscrits, qu’Origène était l’auteur de l’ouvrage. La découverte
des sept derniers livres (au Mont Athos) n’ébranla pas, tout
d’abord, cette persuasion, bien que, dans la préface qui est en tête
du livre I, l’auteur revendique hautement des prérogatives et un rôle
qui ne conviennent qu’à un évêque. La controverse s’engagea dès
le XVIIIe siècle. Si l’on était à peu près d’accord pour écarter
Origène de la paternité de l’œuvre, il était difficile de
l’accorder au pamphlétaire Hippolyte, « antipape » de surcroît.
Une chose jetait la confusion dans les esprits : on savait, par différents
auteurs, en particulier par Eusèbe et par Photius, qu’Hippolyte avait
composé un traité contre les hérésies ; or, on ne retrouvait dans
les Philosophumena aucun des caractères du livre d’Hippolyte décrit
par Photius. Mais on ne remarquait pas que l’auteur des
Philosophumena, aux premières lignes de sa préface, parle précisément
d’un autre livre, très court celui-là, qu’il avait jadis écrit
contre les hérésies. Ce premier essai, lu par Photius, était un résumé
des leçons d’Irénée et semblait avoir été intitulé : Somme
contre toutes les hérésies. Il est maintenant perdu. Mais le contenu
nous en a été conservé par le pseudo-Tertullien, Philaster et
Epiphane. Parmi les œuvres faussement attribuées à Tertullien, se
trouve un petit traité, Contre toutes les hérésies, souvent imprimé
à la suite de La prescription des hérétiques. Philaster, évêque de
Brescia, mort vers 397, est également l’auteur d’un opuscule sur
les hérésies : Des hérésies. Comme l’a démontré Lipsius, le
pseudo-Tertullien, Philaster et Epiphane, pour composer leurs propres
livres, ont tous trois fait usage d’un même écrit plus ancien, qui
possède tous les caractères de l’opuscule d’Hippolyte sommairement
décrit par Photius. Harnack s’est rallié à la démonstration de
Lipsius.
Les Philosophumena seraient donc un second ouvrage d’Hippolyte.
L’auteur fait ici un examen minutieux de trente-deux « hérésies »
diverses, gnostiques (depuis les naasènes, les pérates et les
sethiens, à travers les doctrines de Simon de Samarie, de Valentin et
de Marcus, jusqu’à celles de Basilide, de Marcion et de Carpocrate),
mais aussi d’ « hérésies » parfaitement contraires à la
gnose (ébionites, quartodécimans, montanistes, encratites et même
juifs).
Hippolyte a écrit de nombreux ouvrages, dont La Tradition Apostolique
(215), où il rédigea les plus anciennes prières liturgiques romaines
qui aient été conservées. Après La Didachée, c’est la plus
ancienne et la plus importante des constitutions ecclésiastiques. Elle
donne le rituel de l’ordination, de l’eucharistie et du baptême.
Référence : Philosophumena ou Réfutation de toutes les hérésies. Traduction avec introduction et notes de A. Siouville (Arché, Milano 1988)
IGNACE D’ANTIOCHE (fin 1er siècle – env. 110)
La vie d’Ignace (également appelé Théophore) ne nous est guère
connue que par ses propres Lettres. L’absence quasi totale de références
aux Ecritures juives laisse penser qu’Ignace ne venait pas du judaïsme.
Il s’oppose d’ailleurs avec fermeté aux coutumes juives (Magn. 8-9)
et aux « judaïsants ». Il semble qu’il soit d’origine
syrienne. Condamné aux bêtes, il ne saurait être citoyen romain. On
regarde Ignace comme un converti et on le met en parallèle avec Paul,
l’ancien persécuteur. De part et d’autre : même protestation
d’humilité, même conscience vive des grâces reçues. A l’occasion
d’une persécution, sous le règne de Trajan, l’évêque
d’Antioche est condamné à être livré aux bêtes à Rome. Il y est
conduit avec d’autres condamnés. Chemin faisant, il reçoit la visite
d’envoyés des communautés. Il écrit à ces communautés et à
celles des villes où son escorte a fait étape, à Polycarpe, évêque
de Smyrne, aux chrétiens de Rome, qu’il supplie instamment de ne
tenter aucune démarche en sa faveur.
Les Lettres sont la seule œuvre d’Ignace attestée par la tradition.
Malgré les discussions occasionnées par l’existence de trois
recensions du texte, de longueurs différentes, l’accord existe sur
l’authenticité de sept lettres.
Après le Nouveau Testament, les Lettres d’Ignace constituent le
document majeur qui nous est parvenu sur les origines chrétiennes
(l’ecclésiologie, le dogme et la spiritualité). Le chef de la
communauté d’Antioche y exprime, avec autorité et insistance, son
obsession de l’unité autour de l’évêque, pour chaque communauté,
et entre les communautés. Il multiplie les mises en garde contre le docétisme
et la gnose.
- Lettre aux Ephésiens : Cette lettre est la plus longue (presque le
double des autres). Ignace y annonce une deuxième lettre. Il exhorte
les Ephésiens à l’unité, entre eux et autour de leur évêque. Il
met en garde contre l’hérésie et les remercie de l’envoi de leurs
représentants.
Lettre aux Magnésiens : Ignace remercie les Magnésiens de l’envoie
de leurs représentants. Il les exhorte au respect et à la soumission
envers leur évêque et, leur recommandant de garder l’unité et la
foi, il les met en garde contre l’hérésie des « judaïsants ».
C’est dans la Lettre aux Magnésiens qu’on trouve la première
occurrence du terme « christianisme ».
- Lettre aux Tralliens : Ignace fait l’éloge des Tralliens et les
remercie de l’envoi de leurs représentants. Il les félicite surtout
de leur soumission à leur évêque. Il les met en garde contre l’hérésie
et, particulièrement, contre le docétisme. Il leur recommande de
demeurer dans l’unité. On rencontre ici, pour la première fois,
l’image classique de « l’arbre de la croix » comme arbre de
vie.
- Lettre aux Romains : Cette lettre a un seul but : implorer les Romains
de ne pas intervenir pour éloigner d’Ignace le supplice qu’il
considère comme la grâce suprême de sa vie. Elle est un cri passionné
de désir de martyre qui dictera à Origène et à Cyprien leurs propres
Exhortation au martyre. Le début de la Lettre, où l’évêque
s’adresse à « l’Eglise qui préside dans la région des Romains
», a suscité bien des débats. Il est clair qu’Ignace exhorte la
communauté de Rome, comme les autres communautés, à se montrer première
dans la charité.
- Lettre aux Philadelphiens : Après avoir fait l’éloge de leur évêque,
Ignace recommande aux Philadelphiens de fuir l’hérésie. Il signale
surtout celle des « judaïsants ». Il exhorte à rechercher
l’unité dans l’eucharistie et il demande d’envoyer un diacre
comme délégué à Antioche. On note l’accent particulièrement
paulinien de la Lettre : « Pour moi, mes archives, c’est Jésus
Christ ; mes archives inviolables, c’est la croix, et sa mort, et sa résurrection,
et la foi qui vient de lui ; c’est en cela que je désire, par vos prières,
être justifié. »
- Lettre aux Smyrniotes : Ignace met en garde les Smyrniotes contre
l’hérésie du docétisme. Il leur recommande l’union avec l’évêque
et les prie d’envoyer un délégué à Antioche.
- Lettre à Polycarpe : Si le ton est bienveillant, il est aussi «
protecteur ». Tout suggère que Polycarpe est plus jeune
qu’Ignace et trop éloigné de la norme proposée. Il lui est conseillé
de vaquer « sans cesse à la prière » et de demander « une
sagesse plus grande que celle qu’[il] a ».
Référence : Lettres d’Ignace d’Antioche. Traductions et notes de P.-Th. Camelot in « Les Pères apostoliques » (« Foi vivante », Ed. Cerf, Paris 1991)
LUCIEN D’ANTIOCHE (230 – 312)
Prêtre à Antioche, il dirigea une sorte d’école théologique, écrivit des lettres et des opuscules et corrigea les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Son martyre se situe sous Maximin. Le Symbole de Lucien est un credo, une confession de foi qui s’inscrit dans la lignée des symboles primitifs de l’Eglise qui suivent « la tradition évangélique et apostolique sur le Dieu Trinité ».
PAUL (5/15 – 61/63)
Paul est né à Tarse, en Cilicie, dans la diaspora de langue grecque. Son père semble bien avoir été citoyen romain. Il ajoute lui-même à son nom hébraïque, Shaoul, le cognomen romain, Paulus. Venu encore jeune à Jérusalem, il aurait été le disciple de Gamaliel. On trouve l’empreinte des catégories grecques autant que des concepts rabbiniques dans sa pensée. Il était, avant sa rupture, un juif fier de son peuple et un pharisien exemplaire. Il se trouvait en mission contre les chrétiens hellénistes lorsqu’il connut la révélation christique qui allait le jeter sur les routes de l’Empire. Une mission judéo-chrétienne s’est développée sur les traces de Paul. Il dénonce avec vigueur l’action de ces missionnaires qui viennent corriger son enseignement et prêchent un autre évangile et un autre Christ. Il est significatif qu’il y ait à Corinthe un parti de Pierre. De retour à Jérusalem, où il se proposait de remettre à Jacques le fruit de sa collecte (probablement non acceptée), Paul est arrêté (dans des circonstances assez troubles) à l’initiative des juifs et remis au procurateur Felix qui fait traîner l’affaire. Deux ans après, le nouveau procurateur, Festus, défère Paul, sur sa propre demande, au tribunal de l’empereur.
Première Lettre aux Thessaloniciens (49/50) : La Lettre n’indique pas le lieu de rédaction. Elle donne pour information que Timothée est revenu de Thessalonique (III, 1) et que Paul se trouve en sa compagnie avec Sylvain (I, 1). Etant donné que ces indications correspondent à ce qui est dit dans les Actes, la plupart des critiques pensent que Paul se trouve à Corinthe. Cependant, l’absence de salutations finales laisse entendre que le lieu de rédaction n’est pas (encore) le siège d’une communauté. De ce fait, on date le document du tout début de la mission corinthienne (hiver 49-50), deux ans avant la controverse de Jérusalem. Si l’on se tient à ce point de vue généralement partagé, on comprend que la question des observances de la loi ne constitue pas ici le débat. Cependant, la sévérité est extrême à l’égard des juifs (II, 15-16). Elle est avivée par l’acharnement de la synagogue à entraver la prédication de Paul. Quoi qu’il en soit, cette Lettre authentique constitue l’écrit le plus ancien que nous possédons de Paul et du christianisme primitif. Elle constitue un témoignage exceptionnel sur la vie des premières communautés chrétiennes fondées par l’Apôtre, sur sa pensée, les traditions qu’il porte et les premières réponses qu’il donne aux questions que suscite son évangile.
Lettres de captivité (54/55 ?) : Plusieurs indications de la
Correspondance avec Corinthe favorisent l’hypothèse d’un
emprisonnement de Paul à Ephèse. Les Lettres authentiques de captivité,
aux Philippiens et à Philémon, supposent un échange fréquent entre
le lieu de détention et les lieux de résidence des destinataires ; ce
qui suggère Ephèse plutôt que Rome ou Césarée.
La Lettre aux Philippiens est généralement vue par la critique comme
un ensemble de deux ou trois lettres :
Lettre A (IV, 10-20) : Ce billet de remerciement laisse transparaître
l’ambivalence des sentiments qui animent Paul à la réception de
l’aide financière apportée par Epaphrodite de Philippes. L’écrit
laisse percevoir une attitude stoïcienne qui consiste à trouver son
bien-être aussi bien dans le dénuement que dans l’abondance, dans la
solitude que dans la compagnie. L’Apôtre puise son espérance en la
Providence qui veille sur lui comme sur la communauté de Philippes.
Lettre B (I, 1 –III, 1a + IV, 2-7 + IV, 21-23) : Paul est encore en
prison, mais il attend une libération prochaine. La communauté de
Philippes est menacée dans sa cohésion du fait d’une dissension
partisane. L’écrit comporte un hymne pré-paulinien qui chante
l’abaissement et l’élévation de Jésus Christ. Paul le complète
par deux additions révélatrices de sa propre pensée (II, 8c et 11c).
Lettre C (III, 1b-4 + IV, 7-8) : Le genre littéraire du discours
d’adieu est utilisé pour conjurer le danger de la prédication judéo-chrétienne.
L’exposé biographique illustre les qualités que les bons sont exhortés
à mettre en pratique s’ils veulent demeurer dans la voie du salut. Ce
genre littéraire connaissait un évident succès dans la culture juive
; on le retrouve dans le Testament des Douze Patriarches et dans le
quatrième évangile (XIII - XVII).
La Lettre à Philémon : De sa prison, Paul adresse la lettre à Philémon.
Il s’agit d’un membre de rang social relativement élevé qui reçoit
la communauté des croyants dans sa maison, probablement à Colosses ou
dans la région. Onésime a fui de chez son maître Philémon en espérant
trouver refuge auprès de Paul. Sa conversion au christianisme
transcende le lien social fort auquel il est normalement soumis. Paul
renvoie Onésime à Philémon en lui demandant de ne pas appliquer les
peines encourues par l’esclave en fuite et de reconsidérer le lien
social de maître à esclave. Dans l’idée paulinienne, la relation
entre chrétiens, quelle qu’elle soit, ne saurait être une relation
de droit.
Correspondance avec Corinthe (autour de 54/55) : Authentique dans sa
majeure partie, cette Correspondance comporte, de l’avis général,
plus de deux lettres. Elles furent échelonnées sur une période d’au
moins trois années. Elles font apparaître, à la fois, la concurrence
acerbe des missions (les partis de Pierre, d’Apollos et de Paul), la
confrontation et l’emmêlement des idées philosophiques et
religieuses, mais aussi, la maturation de la pensée de Paul.
1 Corinthiens : L’Epître est souvent supposée se présenter dans son
intégralité. Cependant, certains chercheurs ont présenté la thèse
que la lettre mentionnée en 1 Cor. V, 9 ne se serait pas perdue, mais
que d’importants fragments auraient été insérés ultérieurement
dans l’Epître. M. A. Hubaut propose un découpage en quatre lettres :
Lettre A (XI, 2-34) ; Lettre B (V, 1-8 + VI, 12-20 + IX, 24 - X, 22 +
VI, 1-11 + XVI, 13-24 ?), lettre de la fermeté et des principes de séparation
; Lettre C (V, 9-11 + VII + VIII, 1-IX, 23 + X, 23 - XI, 1 + XV + XVI,
1-12), lettre des réponses ; Lettre D (I, 1 – IV, 21), lettre des
partis.
2 Corinthiens : La discontinuité de l’Epître est incomparablement
plus évidente. Aussi l’accord de la critique est-il beaucoup plus général.
On est amené à supposer que plusieurs fragments de lettres, écrites
dans des conditions extérieurement différentes et à des époques
distinctes, furent joints les uns aux autres, pour constituer l’Epître,
dans une disposition qui ne correspond pas à l’ordre des événements
: Lettre A (II, 14- VII, 4), lettre intermédiaire d’apologie du
ministère apostolique ; Lettre B (X-XIII), lettre « dans les larmes
» ; Lettre C (1, 1-2 - XIII + VII, 5-16), lettre apologétique de réconciliation
; Lettre D (VIII), billet préparatif de la collecte de Corinthe ;
Lettre E (IX), billet préparatif de la collecte d’Achaïe.
Lettre aux Galates (54) : Les adversaires judéo-chrétiens de Paul en Galatie ont été diversement identifiés. Comment expliquer que, pour dissuader les Galates de se faire circoncire, Paul se fonde sur la geste d’Abraham et d‘Isaac (Gn XII - XXVII) alors que Genèse XVII célèbre la circoncision comme consécration de l’alliance patriarcale ? C’est le contre argument par excellence ! A moins que Paul n’ait été conduit à se battre sur le terrain choisi par ses adversaires et que la typologie d’Isaac ne soit leur argument essentiel : si vous voulez être les bénéficiaires de l’alliance patriarcale, vous devez passer par le rite d’entrée de la circoncision instituée par Abraham sur ordre de Yhwh et transmis par les patriarches (M. A. Hubaut). Il est vraisemblable de voir les hellénistes d’Antioche comme les adversaires de l’Apôtre (voir le « discours d’Etienne » en Actes VII-VIII)). Leur argument consisterait à dire que la rupture de Paul va dans un sens favorable au judéo-christianisme, celui de la séparation (cet argument sera largement utilisé, plus tard, contre Marcion).
Lettre aux Romains (57) : Alors que les précédentes lettres de Paul ne faisaient que répondre à des difficultés occasionnelles nées de la vie des communautés fondées par lui-même, la Lettre aux Romains est un écrit de synthèse longuement réfléchi et rédigé avec soin au moment où l’Apôtre, qui a achevé son œuvre missionnaire en Grèce et en Asie Mineure, forme le projet de se rendre à Rome (et de continuer vers l’Espagne). Il décide d’expliquer l’essentiel de sa propre pensée à la communauté de Rome en cherchant à montrer qu’elle n’est pas opposée à la leur. Si la Lettre est très généralement considérée comme authentique, des interpolations n’en sont pas moins probablement présentes. Plusieurs raisons parlent en faveur de la reprise d’un credo non paulinien en I, 1-7 ; notamment le motif de la filiation davidienne de Jésus. Considéré en lui-même, le credo reproduit la christologie de la communauté judéo-chrétienne : Jésus légitimé en tant que Messie, grâce à son origine davidienne, a été élevé et il est devenu « Fils de Dieu » en vertu de sa résurrection. La formule ne parle pas de la signification salvatrice de sa mort et ne vise pas davantage au message de la justification. Nombre de critiques considèrent la longue liste des salutations en XVI comme un fragment déplacé à la fin de l’Epître, alors qu’il doit avoir fait partie d’une lettre perdue, écrite à peu près en même temps que la Lettre aux Romains, peu après le départ d’Ephèse, et adressée à cette communauté. Ce fragment suppose la connaissance d’une adversité dont le reste de la lettre ne parle pas.
PORPHYRE (234 – 301/304)
Né à Tyr, en Phénicie, Porphyre vient étudier à Athènes auprès
de Longin. Sa carrière proprement philosophique commence avec la
rencontre de Plotin à Rome, en 263, dont Porphyre devient l’interprète
privilégié. En 268, il se fixe à Lilybée, en Sicile, où il écrit
un grand traité Contre les Chrétiens. Par la suite, il revient à Rome
où il prend la succession de son maître. Il semble qu’il faille
compter Jamblique parmi ses disciples. Vers cette époque, il épouse
Marcella, destinataire de la lettre A Marcella considérée par A. J.
Festugière comme « le testament spirituel du paganisme ». Vers
301, Porphyre compose sa Vie de Plotin et il établit l’édition des
œuvres de son maître. La plus grande partie de l’œuvre de Porphyre
est perdue. Hormis quelques traités complets, elle n’est plus connue
que par des fragments cités par des philosophes grecs, latins ou
arabes.
Les religions ne s’adressent qu’à des dieux inférieurs ou à des démons
; la philosophie la transcende, parce qu’elle est le culte du Dieu
suprême, dont le philosophe est le prêtre. Ce culte ne consiste que
dans l’offrande d’une pensée purifiée de tout ce qui est visible
et sensible. Il conduit à l’union avec le Dieu transcendant, dès
ici-bas, en des moments d’extase, puis définitivement après la mort.
Le philosophe est le seul à pouvoir espérer être délivré pour
toujours du cycle des naissances. Les pratiques religieuses ne peuvent
procurer qu’un seul salut tout relatif, une certaine purification de
la partie inférieure de l’âme qui lui permettra de s’élever dans
les astres sans être délivrée définitivement de sa prison cosmique.
C’est dans cette perspective que Porphyre consacre une grande partie
de son activité littéraire à critiquer les traditions religieuses :
le gnosticisme (en des ouvrages malheureusement perdus), les Oracles
Chaldaïques (avec le traité Sur le Retour de l’Ame), la religion
traditionnelle de la Grèce (lettre A Anébon), la religion chrétienne
(traité Contre les Chrétiens).
Références : Ad Marcellam, édition et traduction allemande de W. Pötscher,
Leyde 1969.
Contra Christianos, Ed. A Harnak, Berlin 1916.
THEOPHILE D’ANTIOCHE env. 120 –200
Sixième évêque d’Antioche, dont il occupe le siège une dizaine
d’année (jusqu’en 180 au moins), Théophile est né dans une
famille grecque, près de l’Euphrate. Dernier apologiste du IIe siècle,
il est le seul à avoir occupé une place importante dans la hiérarchie.
Nous ne connaissons de Théophile que trois Livres à Autolycus. Mais il
écrivit d’autres ouvrages qui sont perdus : Contre l’hérésie
d’Hermogène, Contre Marcion, Sur les Histoires, ainsi que des catéchèses,
des commentaires sur les proverbes et les évangiles. Jérôme mentionne
une Harmonie Evangélique.
Livres à Autolycus (env. 170/177) : Dans cette exhortation à
Autolycus, qui est une des plus importantes apologies du christianisme
au IIe siècle, Théophile répond à un ami païen qui lui reproche de
croire en un Dieu invisible et en la résurrection des corps. L’un des
aspects essentiels de la théologie de Théophile réside dans le fait
que l’âme n’est pas immortelle par nature.
Référence : Théophile d’Antioche, trois livres à Autolycus, Ed. G. Bardy, traduction J. Sender, introduction et notes G. Bardy, Paris 1948.