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(les titres et les dates ont des liens différents)
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Doctrine et dogmeUn
abus de langage fréquent veut que soit "dogmatique" tout enseignement
fondé sur une vérité révélée. Ainsi, toute religion devient, de fait,
"dogmatique" et, par extension de l'abus, une philosophie, un
système politique peuvent le devenir. En réalité, il
y a confusion avec le terme "doctrine" qui, lui, est propre aux
religions, voire à certaines philosophies et systèmes politiques. C'est sur
la doctrine religieuse que se fondent les dogmes. La doctrine en religion est un système de croyances qui est au fondement d'une interprétation globale du monde. Lorsqu'une autorité religieuse propose une formulation exclusive d'une doctrine, celle-ci prend alors le nom de dogme Le dogme est donc une thèse sans appel
d'une doctrine religieuse, qui est proclamée
comme une vérité intangible de la foi. Si l’on entend dogme au sens moderne, strict, il faut distinguer les affirmations qu’enseigne tout le collège épiscopal successeur des Apôtres (magistère ordinaire) et celles que promulgue solennellement un concile œcuménique ou le pape dans l’exercice de son infaillibilité (magistère extraordinaire). De telles promulgations n’ont pas lieu de façon habituelle. texte
inspiré des articles encyclopédiques "doctrine" et
"dogme" voir le chapitre consacré aux 21 conciles |
Trinité
Les deux conciles de Nicée (325) et de Constantinople I (381) établirent la distinction réelle des trois personnes en Dieu, leur égalité et leur coéternité. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit constituent l'unique nature de Dieu.
La Trinité comme dogme central du christianisme
La foi en un Dieu trinitaire peut être considérée comme le centre de la foi chrétienne. Depuis le IIe siècle, la profession de foi chrétienne (Credo, dit Symbole des Apôtres) a une structure trinitaire. C'est aussi le baptême au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit qui marque l'entrée dans une Église.
Le dogme trinitaire fait ainsi l'unité de toutes les Églises chrétiennes, divisées sur beaucoup d'autres points. Il caractérise la définition proprement chrétienne de Dieu, et permet de différencier le christianisme des autres religions.
Le péché originel
Le terme de « péché originel » n'apparaît pas dans la Bible. Il renvoie au récit de la Genèse (II-III) qui relate comment Adam et Ève transgressèrent la loi divine en mangeant le fruit de l'« arbre de la connaissance du bien et du mal ».
Le terme de péché originel a été créé par saint Augustin, probablement en 397, pour désigner l’état de péché dans lequel se trouve tout homme du fait de son origine à partir d’une race pécheresse ; et, ultérieurement, il a été étendu au péché d’Adam, premier père de l’humanité. La doctrine du péché originel, dont le germe est contenu dans les Écritures juives et chrétiennes, puis dans les œuvres des anciens écrivains chrétiens, a provoqué de siècle en siècle d’innombrables spéculations. Il importe de noter d’abord qu’il s’agit d’un cas particulier des doctrines philosophiques ou religieuses destinées à expliquer l’origine du mal. Le concile de Trente (1546) devait réaffirmer la doctrine traditionnelle
Les canons du concile de Trente peuvent se résumer ainsi : Le premier homme a perdu par sa désobéissance la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été constitué et il a encouru la colère de Dieu, la mort et la captivité par rapport au démon. Adam a nui également à sa descendance et lui a fait perdre la sainteté et la justice ; il lui a transmis le péché qui est la mort de l’âme. Ce péché d’Adam, transmis à tout homme, ne peut être enlevé ou guéri que par le Christ, notamment dans le sacrement du baptême. Les petits enfants contractent le péché originel par leur descendance d’Adam et la réception du baptême pour la rémission des péchés n’est pas pour eux une vaine cérémonie. La grâce du Christ, dans le baptême, fait disparaître tout ce qui a le caractère du péché dans l’état de péché originel. On ne peut se contenter de dire que ce péché est «rasé» (sans être arraché) ou non imputé. Toutefois, la concupiscence persiste chez le baptisé ; mais elle ne peut entraver la vie religieuse de ceux qui la combattent. Cette concupiscence est appelée parfois «péché» par saint Paul, parce qu’elle vient du péché et qu’elle y incline ; mais, en elle-même, elle n’est pas réellement dans le baptisé un péché, c’est-à-dire quelque chose qui le mette en opposition avec Dieu.
Les canons du concile de Trente sont la seule définition absolument solennelle de l’Église catholique sur le point du péché originel.
La vierge Marie "Mère de Dieu" - Conception virginale de Jésus par Marie
Concile d'Éphèse (431), convoqué par l’empereur Théodose II contre Nestorius. En cinq sessions, du 22 juin au 17 juillet 431, les Pères définirent la maternité divine de la Vierge Marie et votèrent six canons. L’accord sur le concile ne fut cependant réalisé dans l’Église qu’en 433.
Dès le IIe siècle, les chrétiens vénéraient Marie en l'appelant «Mère de Dieu», nom qui affirmait le caractère divin de Jésus. En 431, un dogme fut proclamé par le concile d'Éphèse en réaction contre l'hérésie du moine syrien Nestorius, lequel envisageait la séparation de l'homme et de Dieu, faisant de Marie la mère de l'homme-Jésus (voir Nestorianisme). Le concile d'Éphèse, convoqué par Théodose II, condamna les thèses de Nestorius et décida que Marie devait être appelée «Mère de Dieu», terme qui a été utilisé depuis dans les Églises orthodoxe et catholique romaine. L'appellation de Vierge Marie, affirmant la conception virginale de Jésus (Évangile selon saint Luc, I, 35), est liée à celle de Mère de Dieu et attestée dans les Évangiles. Dieu, et non Joseph, est considéré comme le vrai père de Jésus.
Dans la piété mariale qui se développa en Orient au IVe siècle, Marie était vénérée non seulement dans la conception, mais aussi dans la naissance de Jésus. Cette conviction fut clairement exprimée dans les Credos du baptême de Chypre, de Syrie, de Palestine et d'Arménie (373-374). Le terme utilisé était Aieiparthenos («toujours vierge»). Les frères (Évangile selon saint Marc, VI, 3) et les sœurs de Jésus (1re Épître aux Corinthiens, IX, 5; Épître aux Galates, I, 19), mentionnés dans le Nouveau Testament, furent interprétés comme de simples parents. Marie, quant à elle, fut considérée comme vierge charnellement et spirituellement. Selon le concile romain de 680 ( Constantinople III), elle est la «toujours vierge immaculée et bénie».
Définition de la personne du Christ, concile de Chalcédoine
Quatrième concile œcuménique, réuni en 451 par l'empereur d'Orient Marcien sur l'ordre du pape Léon Ier. Le concile condamna l'eutychianisme, également appelé monophysisme, doctrine selon laquelle Jésus-Christ n'aurait possédé qu'une seule nature, divine, et n'aurait pas de nature humaine. La définition chalcédonienne, fondée sur la formulation du pape Léon dans son Tome à Flavien, évêque de Constantinople, et les lettres synodales de saint Cyril d'Alexandrie à Nestor, affirma que le Christ possédait une nature à la fois divine et humaine, inséparables en Lui.
(voir aussi fils de Dieu ; fils de l'homme)
Transsubstantiation
Concile de Latran IV (1215), convoqué par le pape Innocent III, en 1215. En trois sessions, du 11 au 30 novembre, les Pères votèrent dix chapitres, condamnèrent les cathares, définirent la transsubstantiation dans l’Eucharistie et obligèrent les catholiques à une confession et une communion chaque année.
1513, c'est le Vème concile de Latran
Concile de Latran V (1512-1517), 18e concile tenu sous les papes Jules II et Léon X. En douze sessions, du 10 mai 1512 au 16 mars 1517, les Pères condamnèrent le concile schismatique de Pise (1511-1512) et votèrent des décrets de réforme. L'édition de livres sans autorisation ecclésiastique y fut interdite et le concordat de Bologne passé entre le pape Léon X et François Ier, roi de France, qui abrogeait les libertés de l'Église française, y fut approuvé.
L'Écriture sainte reconnue par l'Eglise est inspirée - La messe renouvelle le sacrifice du Christ
Concile de Trente (1545), convoqué par le pape Paul III, le 22 mai 1542. Les huit premières sessions ont été tenues à Trente du 13 décembre 1545 jusqu’en 1547, les sessions 9 à 11 à Bologne en 1548, les sessions 12 à 16 à Trente en 1551-1552 sous le pape Jules III, les sessions 17 à 25 à Trente en 1562-1563 sous le pape Pie IV. Les Pères votèrent des décisions dogmatiques sur la doctrine de l’Écriture et de la Tradition, sur le péché originel et la justification, définirent la doctrine catholique sur le sacrifice de la messe, les sacrements et le culte des saints, et publièrent de nombreux décrets de réforme.
Le Concile de Trente (1545-1563)
19ème concile oecuménique, il traite de la "contre-réforme" catholique et des questions soulevées par la doctrine des réformateurs du XVIème siècle : réaffirmant la foi catholique et précisant certains points. Les réformateurs ne sont pas explicitement nommés.
· confirmation du Canon des Écritures (Luther avait qualifié certains textes du nouveau testament de mineures)
· signification de la Tradition
· réaffirmation de la doctrine du péché originel
· doctrine de la grâce, de la justification, du mérite, de la certitude du salut
· doctrine des 7 sacrements et du sacrifice de la messe
· doctrine du purgatoire, du culte des saints
· doctrine des indulgences
La doctrine catholique ne sera pas précisée avec autant de détails jusqu'au catéchisme de l'Eglise Catholique récemment publié.
Immaculée Conception
La Vierge Marie a été conçue sans le péché originel. Bulle "Ineffabilis Deus" de Pie IX ; Immaculée dès sa conception ! A ne pas confondre avec le dogme de la conception virginale de Jésus par Marie.
Infaillibilité pontificale
Concile Vatican I (1869), convoqué par le pape Pie IX. En quatre sessions, du 8 décembre 1869 au 18 juillet 1870, les Pères définirent la doctrine catholique de la foi, confirmèrent la primauté du pape et définirent son infaillibilité : le magistère du pape est infaillible quand il défini solennellement une doctrine de foi ou de morale.
Assomption de Marie
"Marie a été glorifiée dans son âme et dans son corps"
Proclamé par le pape Pie XII le 1er novembre 1950 dans la constitution apostolique Munificentissimus Deus Ce document déclare que l’Assomption est un «dogme divinement révélé». Il en précise la signification et le contenu dans ces termes: «L’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, une fois achevé le cours de sa vie terrestre a été assumée (élevée) corps et âme à la gloire céleste.»
Le pape se dispensa de réunir un concile et annonça qu’il confirmait de lui-même «l’enseignement unanime du magistère ordinaire de l’Église et la croyance unanime du peuple chrétien»

