Miracles et apparitionsretour sommaire "enigmes"

(du latin mirari, «s'émerveiller»), événement transcendant apparemment les pouvoirs humains et les lois de la nature, attribué à une intervention divine ou à des forces surnaturelles.

Les récits de miracles sont un élément constitutif de toutes les religions. Dans certaines sociétés, on attribue au chaman la faculté d'entrer en contact avec les forces extérieures et de soigner les malades grâce à ce pouvoir. Il est courant que le fondateur d'une religion soit crédité de pouvoirs miraculeux : selon la tradition juive, Moïse et les prophètes d'Israël ont accompli des actes miraculeux à la demande de Dieu, et des récits issus de la tradition musulmane relatent les miracles accomplis par Mahomet, notamment ses guérisons extraordinaires.

Dans le christianisme, des miracles sont attribués non seulement à Jésus mais aussi à plusieurs de ses disciples directs et aux saints chrétiens jusqu'aux temps présents. Outre les miracles accomplis par le Christ mentionnés dans les Évangiles, le Nouveau Testament fait état de la résurrection de défunts, du changement de l'eau en vin, de la multiplication de pains et de poissons pour nourrir une assistance nombreuse, de l'expulsion de démons et de la guérison de malades et de handicapés. Le miracle le plus important du Nouveau Testament est la résurrection du Christ. Sous l'influence de la philosophie grecque, les auteurs chrétiens en vinrent à accepter que les miracles possèdent une valeur de preuve, c'est-à-dire qu'ils prouvent que Dieu intervient dans l'histoire du monde.Lire le contenu encyclopédique (Universalis)

À la lumière de l'analyse historique et critique des Évangiles, on considère généralement que les récits de miracles ne rapportent pas des événements historiques mais servent à inculquer des vérités religieuses. Ainsi, la signification du miracle réside plus dans le signe que dans l'événement lui-même.  (Encarta)    

J'ai pris la liberté de sélectionner, parmi les nombreuses manifestations miraculeuses, les plus significatives, celles qui en quelque sorte en sont les archétypes :

 

  Guérison miraculeuse par l'apposition d'un objet sacré avec "Le miracle de la sainte Épine"

  Apparitions de la Vierge suivies de guérisons miraculeuses avec "Lourdes et Bernadette Soubirous"

  Apparitions de la Vierge qui livre un message à l'humanité avec " Fatima et les trois secrets"

  Mystère des stigmatisés et de la survie de gens qui cessent totalement de s'alimenter avec "Marthe Robin"

  Extases et apparitions, don des langues, bilocation, don des parfums, stigmates avec "Padre Pio"

     Le miracle de la Saint Épine

Prêtée par un ami du monastère, une épine de la couronne du Christ (fragment de la relique pour laquelle Saint Louis avait fait bâtir la Sainte-Chapelle) est vénérée à Port-Royal de Paris au cours d’une cérémonie célébrée le vendredi 24 mars 1656. Dans la procession qui se déroule, marche une pensionnaire âgée de dix ans, Marguerite Périer, nièce de Pascal, affligée depuis plusieurs années d’une fistule lacrymale, ou plutôt d’une sorte de tumeur suppurante à l’œil gauche. La maîtresse des pensionnaires, la sœur Flavie Passart, applique la relique sur le mal. Quelques heures après, l’enfant se déclare guérie.

La guérison persiste et, au bout de quelques jours, le mot de miracle est prononcé. Des chirurgiens, des médecins délivrent des attestations. En mai-juin, l’archevêché de Paris entreprend une enquête auprès de la miraculée et de nombreux témoins, parmi lesquels se trouvait Pascal. Le 22 octobre, il rend une sentence d’approbation.

Comment interpréter cet épisode? Historiquement parlant, ce serait peine perdue que de s’interroger sur la réalité du miracle. Mais la portée attribuée à l’événement offre plusieurs significations. Elle révèle l’existence, en un Port-Royal volontiers raisonneur, d’un sentiment très fort de l’irrationalité de Dieu. Au sein d’un groupe soumis alors à une vive persécution (et qui se défendait à la même époque par Les Provinciales ), elle marque la volonté d’en appeler à Dieu contre ses adversaires, le miracle devenant signe discriminant; il en résulte une abondante littérature polémique. Tandis que la piété populaire se manifeste, tout au long de l’année 1656, par une grande affluence à la chapelle de Port-Royal de Paris et par l’annonce de nouveaux miracles, Pascal amorce une réflexion en profondeur, qui, s’élargissant, donnera naissance au discours apologétique des Pensées .  (Universalis)

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   Lourdes  -  Bernadette Soubirous

Bernadette Soubirous, 14 ans, analphabète et sans instruction religieuse, asthmatique et encore impubère, est la fille d’un meunier ruiné, tombé à l’état de «brassier» (manœuvre louant ses bras à la journée pour 1,50 F). Elle habite le plus minable logis de la ville : le cachot, ancienne prison désaffectée à cause de son insalubrité.

Le jeudi 11 février, vers midi, elle va ramasser du bois et des os à la grotte située au bord du Gave, à 1 km à l’ouest de la ville. En se déchaussant pour passer l’eau, elle entend «comme un coup de vent»; elle s’étonne car l’air est calme et les arbres ne remuent pas. Elle voit la niche de la grotte s’éclairer d’un halo de lumière où apparaît une très jeune fille, silencieuse. Devant elle, Bernadette, d’instinct, récite son chapelet. Lorsqu’elle est sur le chemin du retour, sa sœur lui arrache la confidence, sous le sceau du secret, mais le révèle aussitôt à sa mère. Toutes deux sont battues «avec le bâton à battre les couvertures». Bernadette obtient pourtant de retourner à la grotte le 14, puis le 18 février. Aqueró  (en patois : Cela , ainsi qu’elle appelle la jeune fille du rocher) lui parle pour la première fois : « Voulez-vous avoir la grâce (en patois: aouè la gracia ) de venir ici pendant quinze jours ? » Bernadette se rend chaque matin à la grotte, du vendredi 19 février au jeudi 4 mars. Elle voit l’apparition «tous les jours, sauf un lundi (22 fév.) et un vendredi (26 fév.)». La foule grossit : de 100 personnes le 21 février à 8 000 le 4 mars, dernier jour de la quinzaine, où l’on attend un grand miracle. Rien ne se produit. L’affaire semble finie. Mais, au matin du 25 mars, Bernadette se sent de nouveau attirée à la grotte. Et sur sa demande quatre fois répétée, Aqueró , dont elle ignorait l’identité, répond : « Je suis l’Immaculée Conception. » Bernadette ne comprend pas ces paroles, qui font difficulté à son curé. Le pape Pie IX, en effet, avait défini le dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge en 1854, mais l’identification grammaticale de la Vierge à ce privilège était déroutante.

Bernadette eut encore deux apparitions impromptues et silencieuses : le 7 avril et le 16 juillet. La dernière fut tellement discrète qu’elle faillit échapper à l’histoire.

Après une épidémie de visionnaires (13 avr.-9 juill.) à laquelle Bernadette resta tout à fait étrangère, l’évêque de Tarbes, Mgr Laurence, entame une enquête qui aboutit, le 18 janvier 1862, à la reconnaissance de l’apparition. Le jugement se fondait sur le témoignage de Bernadette, sur le mouvement de prière et de conversions et sur les miracles. Dans la masse confuse des guérisons dont on parlait, la commission épiscopale en sélectionna sept avec un sens clinique et critique très averti pour l’époque (dossier critique in R. Laurentin, Lourdes, Documents authentiques , t. V).

Durant les années suivantes, les guérisons ne sont pas objet de constat. À partir de 1866, on publie les plus frappantes dans les Annales de Lourdes . En 1882, le docteur de Saint-Maclou fonde le Bureau des constatations médicales. Le Bureau retient deux mille cas jusqu’en 1905. À cette date, Pie X demande que les constats soient établis en forme canonique, selon les exigences en vigueur pour les procès de canonisation, avec un double jugement: médical puis religieux. Trente-trois guérisons sont ainsi reconnues de 1907 à 1913. Puis les constats s’interrompent. Mgr Théas les réorganise en 1946 : le Bureau médical établit les dossiers sur place. Un Comité international de médecins éminents en juge. Le Bureau médical est saisi chaque année d’une trentaine de cas; il n’en retient que deux ou trois pour examen; vingt-deux seulement ont été canoniquement reconnus depuis 1946.

Ce petit nombre tient aux raisons suivantes : il est difficile d’établir des dossiers complets. L’exigence des preuves scientifiques est de plus en plus complexe. Les médecins traitants laissent de moins en moins voyager les grands malades. Et presque tous voyagent en étant soumis à un traitement qui doit être normalement présumé cause de la guérison. On ne saurait trop souligner la difficulté de principe en cette matière : un Comité médical  répugne normalement à déclarer une guérison « inexplicable », car le postulat de la méthode scientifique, c’est de ne jamais démissionner devant l’inexplicable. L’allergie aux miracles s’étend aujourd’hui aux évêques et commissions épiscopales, qui ont plus d’une fois refusé d’entériner les dossiers reconnus, au point de vue médical, par le Comité international.

Depuis 1890, Lourdes est de moins en moins axé sur le miracle, mais de plus en plus sur le message reçu par Bernadette : prière et conversion. La pastorale du pèlerinage s’est renouvelée en ce sens, durant ces dernières années.

La facilité des transports aidant, le nombre des pèlerins de Lourdes n’a cessé d’augmenter. Le cap du million fut franchi en 1908. Les 3 millions sont dépassés régulièrement depuis 1964; les 3 500 000, depuis 1972. Plus de 50 000 malades sont accueillis chaque année: 64 354 en 1972, dont 41 608 hospitalisés.

C’est depuis 1874 qu’on organise des trains de malades. C’était une sorte de défi de l’espérance, que ne cessent de renouveler des initiatives fort variées: pèlerinages d’aveugles, de malades mentaux, de polios (10 000 en 1973), y compris des «respiratoires» avec relais de poumons d’acier de l’hôpital au train et à la grotte. Lourdes rassemble aussi des catégories marginales que la rencontre libère de leur isolement: parents d’enfants handicapés, gitans, etc.

Récupéré par le commerce et sa laideur proverbiale, discuté, y compris par des catholiques (qui restent libres de ne pas y croire), Lourdes reste le défi qui impressionna Zola, comme l’atteste son journal de voyage (août 1892), publié en 1958. Ce défi de la prière et de la souffrance ambulante est de toute manière une folie : pour Zola, celle de l’espérance humaine préscientifique; pour les pèlerins, celle de Dieu qui défie la sagesse des sages, et donne aux malades, même non guéris, son don inexprimable qui ne déçoit pas.

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  Fatima    -  Les trois secrets de Fatima     -    

Petite ville portugaise, située sur les plateaux d’Estrémadure (district de Santarém), Fátima est devenue un lieu de pèlerinage qui est (comme le site de Lourdes, avec lequel il rivalise en célébrité) une des expressions les plus massives et les plus populaires du développement (contesté jusqu’au sein du catholicisme lui-même) de la dévotion à la Vierge Marie . Ce pèlerinage a pour origine les apparitions dont se déclarèrent gratifiés, en 1917, trois enfants de la localité, Lucia dos Santos, alors âgée de dix ans, et ses deux cousins, Francisco et Jacinta Marto. Le 13 mai, tandis qu’ils récitaient pieusement leur chapelet en gardant un petit troupeau à la Cova da Iria, ils eurent la vision d’une femme très belle qui leur demanda de revenir le 13 de chaque mois jusqu’au 13 octobre, date à laquelle elle promettait de leur dire qui elle était et ce qu’elle voulait. Les enfants retournèrent donc sur le même lieu aux jours indiqués, avec une foule à chaque fois plus nombreuse. Le 13 octobre, l’apparition se fit connaître comme étant Notre-Dame du Rosaire et comme étant chargée d’appeler les fidèles à changer de vie et à réciter régulièrement le chapelet. En outre, ce jour-là, alors que la foule comptait entre 50 000 et 70 000 personnes, de très nombreux assistants déclarèrent avoir vu, comme les enfants eux-mêmes, le Soleil tournoyer dans le ciel pendant une dizaine de minutes — événement qui, s’il est difficile d’y voir une hallucination collective (étant donné qu’il frappait tant de gens et de manière relativement prolongée), serait à considérer comme un phénomène atmosphérique local plutôt que comme un phénomène solaire.

Un autre problème s’est posé non seulement à l’esprit critique des historiens mais aussi aux autorités ecclésiastiques chargées d’examiner l’ensemble de l’affaire: il s’agit du fameux «secret» que «la dame» — le 13 juillet 1917, donc avant de faire connaître son identité — aurait communiqué aux jeunes visionnaires et sur lequel Lucia n’apporta quelques lumières qu’une vingtaine d’années après les événements. Pour l’essentiel, la Vierge, après une évocation dantesque de l’enfer, aurait déclaré: «Si l’on écoute mon invitation, la Russie se convertira et il y aura la paix. Sinon, ce pays répandra ses erreurs dans le monde et provoquera des guerres et des persécutions [...]. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et un temps de paix sera accordé au monde.» La teneur de ce message révélé si tardivement par la voyante semble avoir été marquée comme après coup par les expériences les plus récentes de celle-ci, en particulier par le rôle que joua l’U.R.S.S. dans la guerre civile d’Espagne et qui avait beaucoup frappé les esprits au Portugal.

Malgré une longue perplexité, comme toujours dans de tels cas, l’Église en vint, le 13 octobre 1930, à la suite d’un minutieux procès canonique et par le truchement de l’évêque du lieu (Leiria), à déclarer «dignes de foi» les visions des trois enfants et à «autoriser solennellement le culte de Notre-Dame de Fátima». Les papes eux-mêmes encouragèrent le pèlerinage, surtout Pie XII, qui marqua une ferveur appuyée pour celui-ci à la fois dans sa piété personnelle et par des actes publics, notamment en consacrant, le 7 juillet 1952, au Cœur immaculé de Marie, «tous les peuples de Russie». Depuis la Seconde Guerre mondiale principalement, la dévotion populaire a pris à Fátima des proportions considérables, attirant chaque année des centaines de milliers de pèlerins du monde entier. Une grande basilique a été construite sur le site des apparitions. On y a aménagé une très vaste esplanade, entourée de couvents, mais en veillant à tenir à bonne distance les installations touristiques et les commerces d’objets de piété qui défigurent habituellement les pèlerinages catholiques les plus fréquentés.

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   Marthe Robin   -   Approche psychanalytique d'une mystique du XX° siècle

Marthe, née le 13 mars 1902, dans la ferme familiale des Moilles, au plateau de la Galaure proche de la vallée du Rhône, y est morte le 6 février 1981. Là, elle a vécu toute son existence sans jamais avoir voyagé, sa santé l'ayant immobilisée définitivement.

Dès 1930, jusqu'à sa mort "son passage en Dieu", elle ne peut ni boire, ni manger, ni dormir. Elle maintient cependant - pendant ces cinquante années - une activité de pensée, de paroles et de création d'œuvres nouvelles.

Pour ce vingtième siècle scientifique, elle est "le cas" qui pose des questions actuellement insolubles, à la biologie, à la médecine, à la psychanalyse.

Marthe Robin est née le 13 Mars 1902, à Châteauneuf-de-Galaure, bourg rural du Nord du département de la Drôme, appelé maintenant la Drôme des collines. 
En 1909, Marthe prit le chemin de l'école, au bas du village de Châteauneuf. Sa santé ne lui permit pas d'accomplir une scolarité suivie : aussi elle ne put passer le Certificat d'Études.
En 1914, elle quitte l'école du village et prend part aux travaux de la maison et de la ferme.
En 1918, Marthe Robin ressent les premiers effets d'une maladie qui ne la quittera plus : une encéphalite. Tout est fait pour la soigner : visites à plusieurs médecins, soins, cure de bains résineux à Saint Péray en Ardèche. Dix ans de luttes contre la maladie, avec espoirs de guérisons et rechutes désespérantes.
En 1928, au cours d'une Mission Paroissiale à Châteauneuf, elle comprend, par une grâce de Dieu, que c'est dans la maladie et par la souffrance désormais acceptée et offerte, qu'elle pourra être unie au Cœur de Jésus en Croix, le Rédempteur de tous.
Le 10 Février 1936, rencontre de Marthe Robin et de l'Abbé Georges Finet, du diocèse de Lyon.

Elle a accueilli de nombreux visiteurs qui viennent de tous les horizons sociaux, culturels, religieux, de France et de l'Étranger. Quand elle ne reçoit pas, elle se fait lire le volumineux courrier qui arrive de divers coins du monde.
Comme elle l'a appris dans son enfance, elle pense concrètement aux plus démunis et fait confectionner et expédier des colis pour les dispensaires et maternités tenus par des missionnaires, pour les assistantes sociales des prisons, pour des malades.
Elle prie, elle offre, elle intercède, pour chacun et pour tous les hommes du monde entier, pour les prêtres en particulier. Elle vit en fille de l'Église, non pas investie d'une mission officielle, mais à sa place, la plus humble possible, dans le silence, l'offrande et la prière incessantes.

Avec l'aide du Curé de la Paroisse, l'abbé Faure, Marthe Robin pénètre de plus en plus dans une vie de silence, d'offrande, de prière. Son union intérieure à Jésus devient telle que chaque vendredi, elle sera associée aux souffrances de Jésus dans sa Passion pour tous les hommes.

Cette petite paysanne alitée pendant 53 ans a reçu chez elle plus de 100 000 personnes et changé la vie de beaucoup en écoutant, en conseillant, en encourageant. Elle a permis de multiples réconciliations, elle a suscité des dizaines de vocations sacerdotales ou consacrées. Plus de 40 évêques et cardinaux sont venus la voir et beaucoup de personnalités engagées dans l'Eglise. Elle a aidé sous une forme ou sous une autre plus de 20 communautés nouvelles. Elle est, avec le Père Finet, à l'origine de la fondation des Foyers de Charité. Ils sont maintenant au nombre de 73 et sont répandus dans 40 pays.
Mais on pourrait dire que ce qui la caractérise, c’est sa discrétion.

Lire l'approche psychanalytique d'une mystique du XX° siècle "Marthe Robin"

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Padre Pio

Jean-Paul II a proclamé au nom de l'Église la béatification d'un religieux italien de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins : Padre Pio. Il s'agit du premier prêtre stigmatisé de l'histoire. Mystique catholique du XXé siècle initiateur d'un vaste réseau de prière mondial, il est aussi le fondateur d'une œuvre hospitalière sans précédent au service des souffrants. Tel fut l'humble capucin qui a ramené vers Dieu une foule immense d'hommes en recherche de raisons d'aimer, de vivre et de croire.

Sud de l'Italie dans ce qui ressemble à l'"éperon de la botte" : San Giovanni Rotondo, près de Foggia. Nous sommes dans ce que l'on appelle le "grenier de l'Italie ", de longues plaines couvertes de cultures. Avant de monter dans le bourg, nous traversons une vaste "mer d'oliviers". C'est un village à flan de montagne, dont on peut dire que toute la vie sociale et économique actuelle dépend de la vie d'un capucin mystique. La plupart des personnes travaillent dans les oeuvres fondées par le padre Pio, principalement un grand hôpital "La Maison du Soulagement de la Souffrance". Actuellement, ont lieu les travaux d'édification d'une troisième église afin d'accueillir la foule des pèlerins qui ne fait que s'accroître dans ce lieu-culte : aujourd'hui 7 millions de personnes par an. On dirait que le petit capucin qui a habité dans le couvent y demeure toujours et continue d'y dispenser une douceur, une paix, une ambiance de prière et de sérénité qui attire une foule de plus en plus grande.

Francesco Forgione, né à Pietrelcina, province du Bénévent, le 25 mai 1887. Quatrième enfant de Giuseppa et Grazio, qui devra s'expatrier deux fois en Amérique pour faire vivre sa famille très pauvre. L'enfant est timide, souffreteux, silencieux, peu joueur, mais ni triste, ni maussade ayant toujours une bonne parole pour ses compagnons. Parlant de lui, le Padre Pio dira : " De toute ma vie, je n'ai jamais joué : j'étais un macaroni sans sel ! ". Solitaire, il va garder les brebis pour aider son père et, gardant le troupeau, prie. Pour un enfant d'à peine sept ans, il porte déjà toute la force d'un "appel" irrévocable. A 15 ans, il entre au séminaire de Mortone en 1903. Il y reçoit l'habit de novice et un an plus tard devient Frère Pio da Pietrelcina. En 1907, Il prononce ses vœux perpétuels et poursuit ses études en vue de la prêtrise. Après avoir étudié à S. Elia a Pianisi, Venafro et à Montefusco, à cause de son état de santé précaire il est envoyé en 1908 à Pietrelcina où il demeurera jusqu'en 1916. Il y aide le curé dans l'espoir que l'air de son pays puisse l'améliorer. Le 10 août 1910, il est ordonné prêtre à la cathédrale de Bénévent. En 1916, il va à Foggia pour aider, avec sa direction spirituelle, Raffalina Cerase une malade, une de ses filles spirituelles qui avait dit de lui : " Faites-le rentrer (au couvent) et faites-le confesser car il fera beaucoup de bien ". Le climat de Foggia est malsain pour le frère de Pieltrelcina. Avec l'autorisation de ses supérieurs, il va à San Giovanni Rotondo, dit alors Couvent de la désolation, où l'air salubre du pays situé aux pieds du Gargano peut l'aider. Dans ce lieu pauvre et isolé va s'accomplir jusqu'au jour de sa naissance à la vie céleste le 23 septembre 1968, une œuvre magnifique de sauvetage d'âmes en détresse.

Prêtre pour faire aimer Dieu

En marchant dans ce qui était l'humble couvent et cellule du Père Pio, l'on respire une présence spirituelle très forte. Le Musée qui retrace la vie du Bienheureux montre clairement ses trois amours : l'Eglise ; l'Eucharistie ; la Vierge Marie. Il conseillait la confession fréquente, la méditation, la lecture de l'Ecriture Sainte et des livres religieux, le Rosaire, l'Adoration du Saint Sacrement.

Lorsqu'il célébrait la Messe une foule énorme ne redoutait pas de camper près du couvent la nuit pour y assister dès avant l'aube. Voici ce qu'en dit un fidèle, extrait du livre "Le Vrai Visage du Padre Pio" : " Je défie les personnes qui ont été à San Giovanni Rotondo d'assister dorénavant à la messe en simples spectateurs " "On dirait que mes yeux se sont dessillés, - m'a dit quelqu'un, - je découvre dans la messe ce que je ne soupçonnais même pas ". Je comprends soudain que par la messe nous accédons à l'éternel. Le mystère de la Croix échappe au temps-durée dans la mesure exacte où cet Homme supplicié est Dieu. D'une façon ineffable et absolument inaccessible aux prises de notre intelligence, le Calvaire est présent dans chaque messe et nous sommes présents au Calvaire... Chaque messe n'invite-t-elle pas ses membres à fournir leur part de Passion rédemptrice, puisque c'est Lui-même qui vit, souffre, meurt dans son Corps ? Ne sommes-nous pas tous des ouvriers de la Rédemption ? Et la messe n'est-elle pas, pour chacun de nous, un lieu de transsubstantiation où nos pauvres souffrances, assumées par le Christ, acquièrent un prix d'éternité ? Mais si tel est le rôle du simple chrétien, combien davantage du prêtre ? Hostie par vocation, médiateur entre Dieu et son peuple ? !.

Si l'autel fut son lieu de prédilection, Padre Pio accomplit un grand ministère de don de la miséricorde de Dieu à travers le Sacrement de Réconciliation. Quand sa santé le lui permettait, il lui arrivait de passer jusqu'à 15 heures par jour à recevoir les pénitents. Ainsi se répandit la réputation de ce confesseur et un nombre croissant de pénitents prit le chemin de San Giovanni pour demander conseil et recevoir le pardon du Seigneur. A un visiteur qui lui dit : " Père, je ne crois pas en Dieu ! " il répondit un jour : " Oui, mais Dieu, lui, il croit en toi ". A quelqu'un qui le remerciait pour une faveur obtenue du Ciel : "Mon fils, que puis-je faire, moi ? Tout vient de Dieu. Je suis riche d'une seule chose : d'une misère infinie".

Comme l'écrit le Père Alessandro da Ripabottoni sur Padre Pio la grâce fut vraiment une "pluie torrentielle" dont les signes extérieurs abondèrent en plusieurs phénomènes mystiques extraordinaires :

·         les extases et les apparitions : elles furent fréquentes dès l'âge de 5 ans. Toutes les étapes de son engagement religieux ont été confirmées par de tels signes. Il pensait que c'était "des choses ordinaires à toutes les âmes".

·         La connaissance des cœurs. C'est à travers le sacrement de la réconciliation que Padre Pio exerçait principalement ce don.

·         le don des langues : il comprenait les langues étrangères sans aucun exercice, ni études préalables.

·         La bilocation, de nombreux témoins attestent avoir été sauvé de la mort, notamment pendant la guerre 14/18 sur les champs de bataille, alors que le Père Pio n'a jamais quitté les couvents.

·         Le don des parfums qu'il exhalait.

·         Enfin, et cela mériterait un livre à lui seul -certains l'on fait- : pendant cinquante ans, il a reçu dans sa chair les cinq plaies du Christ Crucifié, en souffrait quotidiennement surtout à partir du jeudi.

Signalons aussi les attaques du diable que subit un prêtre tel que Padre Pio, destiné par le Seigneur à opérer un bien immense pour la Gloire de Dieu et le salut des âmes. Le capucin le surnommait "Barbablu" (Barbe-bleue). Il dut l'affronter dès ses premiers pas sur le chemin de la sainteté et soutenir contre lui un combat continuel. C'est au prix d'énormes sacrifices qu'il mena cette lutte et dut en supporter les conséquences physiques mais il fut toujours vainqueur. Pendant ses apparitions, le démon se montrait toujours sous des formes obscènes, inhumaines, bestiales. Parfois, il prenait des aspects angéliques, ou bien ceux de saint François, de la Vierge, du Christ. Face à celles-ci le religieux ressentait une forte nausée. Un jour, Padre Pio, malade et alité, voit s'ouvrir la porte de sa chambre et entrer le Père Agostino son confesseur. Le capucin en le dévisageant attentivement voit bien qu'il ressemble à Padre Agostino, mais n'est pas convaincu d'autant qu'il note sur ce visage quelque chose d'étrange qui l'inquiète. Alors, pour vérifier si c'est vraiment lui, il commande : " Dis : Vive Jésus ! " A ce moment, le faux Padre Agostino hurle : " Non ! " et il disparaît immédiatement. Les nuits qui précédaient la libération d'une personne possédée, ou la conversion d'un grand pécheur étaient particulièrement douloureuses et exténuantes.

Prêtre blessé par amour

Les stigmates sont les blessures, analogues à celles du Christ en croix, apparues spontanément sur le corps d'un simple mortel. Saint François d'Assise fut le premier stigmatisé de l'histoire. Après lui, on en compte 330, dont 93 au XXe siècle ; 60 sont canonisés, et jamais pour cette raison. On constate qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes, des religieuses et quelques femmes mariées, mères de famille. La grâce de cette " blessure d'amour " se fait d'abord à l'âme, suivie d'une immédiate et douloureuse transposition dans la chair. Le stigmatisé dans ce summum d'amour et de douleur peut expérimenter la joie parfaite (François d'Assise ; Catherine de Sienne). Les stigmates sont alors le signe de la transformation de l'âme dans l'amour divin. Ils ne sont jamais un épiphénomène sensationnel avec exhibition théâtrale. Les stigmatisés sont les témoins vivants du Rédempteur. Ils rappellent que "Jésus Christ est en agonie jusqu'à la fin du monde.."

Dans la nuit du 5 au 6 août 1918 un personnage mystérieux armé d'une épée luminescente apparaît à Padre Pio de Pietrelcina. Dans moins de deux mois, les stigmates seront visibles. Ce sera le même personnage qui imprimera les stigmates sur le corps du P. Pio le vendredi 20/09/1918 alors qu'il priait intensément dans le chœur de l'église. Voici comment le capucin relate l'événement à son père spirituel: "C'était le matin du 20 du mois dernier. J'étais dans le chœur, après la célébration de la sainte Messe, quand je fus surpris par un repos semblable à un doux sommeil. Tous mes sens internes et externes, et même les facultés de mon âme se trouvaient dans une quiétude indescriptible. Et pendant que tous ceci s'accomplissait, je vis devant moi un Personnage mystérieux, semblable à celui que j'ai vu le 5 août au soir. La seule différence, c'est que ses mains, ses pieds et son côté ruisselaient de sang. Sa vue était terrifiante.

Ce que j'ai ressenti à ce moment, je ne saurais le dire. Je me sentais mourir et je serai mort si le Seigneur n'était pas intervenu pour soutenir mon cœur qui sautait dans ma poitrine. La vision du Personnage disparut et je m'aperçus que mes mains, mes pieds et mon côté étaient percés et ruisselaient de sang ! Imaginez le supplice que j'ai alors éprouvé et que je continue d'éprouver presque chaque jour. De la blessure du cœur coule continuellement du sang, surtout du vendredi soir jusqu'au samedi".

Il ne parlera de ces signes qu'au bout d'un mois à son supérieur le Père Paolino. Fin mai la nouvelle est révélée dans un journal et se répand très vite. Les autorités ecclésiastiques devant l'attrait des foules et de plusieurs charismes : guérisons, bilocations, conversions, envoient des enquêteurs. Ils concluent qu'ils ne constatent pas le caractère surnaturel aux faits attribués au Padre Pio. 1923 : un décret du Saint Office l'assigne à l'isolement dans le couvent. Le pape Benoît XV le défend, mais meurt subitement. Le Saint Office commande alors son transfert immédiat loin de San Giovanni ; le peuple fait le siège du couvent, il n'aura jamais lieu. 1931 : on le prive de tout ministère, excepté la Messe qu'il peut célébrer seul dans un oratoire intérieur. Ces dix années de "quarantaine" sont principalement dues à des accusations calomnieuses lancées contre lui par des ecclésiastiques. 1933, il est enfin réintégré grâce à des rapports médicaux du Docteur Giorgio Festa qui concluent que les "plaies" du père sont d'authentiques faits inexpliqués par la science.

Prêtre pour soulager la souffrance humaine

L'Evangile de Jésus nous dit que celui qui pense aimer Dieu et qui néglige son prochain n'aime pas vraiment Dieu. Padre Pio porte en lui depuis un soir du 9 janvier 1940 le projet d'une oeuvre gigantesque destinée à soulager les maux d'une humanité souffrante, non seulement ceux de son âme mais également ceux de son corps. Elle est destinée aussi à mettre en oeuvre la recherche scientifique dans des buts spécifiquement humanitaires, au bénéfice des pauvres qui, en général, en sont privés. Ayant fait vœux de pauvreté et n'ayant rien en propre, le capucin va recevoir les sommes nécessaires du monde entier pour réaliser ce beau projet. Le 5 mai 1956, c'est l'inauguration de l'hôpital " La Maison du Soulagement de la Souffrance ! appelée aussi " Maison de la Souffrance Transfigurée". De 300 lits, la capacité d'accueil en lits passe à 600 lits en 1966, elle est actuellement de 1200 lits. Les malades peuvent y trouver, non seulement le réconfort de la science, mais également celui de la prière, concrétisé par les Groupes de prière du Padre Pio. En 1991, une maison de retraite pour personnes âgées est inaugurée. Dans ce complexe, on trouve tous les secteurs de la médecine, de la pédiatrie à la gérontologie, de la chirurgie à la neurologie, de la pharmacie aux laboratoires de recherche. L'œuvre du "Padre Pio", c'est également un sanctuaire où sont célébrées chaque jour plusieurs messes, une maison d'accueil, un cénacle pour retraitants, un pèlerinage, une revue. Tout un réseau agricole permet d'approvisionner l'œuvre en viande, légumes et fruits, fromages, lait, huile et d'assurer ainsi la nourriture quotidienne.

C'est aussi l'époque où le Padre Pio va traverser une seconde vague de persécution (1956-1962) qui va toucher son œuvre hospitalière et les "Groupes de Prière". Des religieux sans scrupule iront jusqu'à placer des micros dans le confessionnal du capucin pour enregistrer ses confessions sacramentelles. Il y faudra le sens de la justice du Pape Paul VI pour sortir le père Pio de ce long tunnel d'isolement qui, pendant près de dix ans, le tiendra à nouveau éloigné de ces enfants spirituels. S'adressant aux Supérieurs de l'Ordre des Capucins, Paul VI dit du Padre Pio : " Voyez la célébrité qu'il a eue, la clientèle mondiale qu'il a rassemblée autour de lui ! Mais pourquoi ? Parce qu'il était un philosophe ? Parce qu'il était un savant ? Parce qu'il avait de grands moyens à sa disposition ? Non. C'est parce qu'il disait sa messe humblement, qu'il confessait du matin au soir et était marqué dans sa chair par les stigmates de notre Seigneur. C'était un homme de prière et de souffrance. ! (20-02-1971)

Padre Pio qui fut le guide spirituel de nombreuses personnes leur recommandait de prier sans cesse. C'était la base de son enseignement. Peu à peu les gens formés par lui ressentirent le besoin de se réunir pour prier ensemble. Ces groupes sont nés dans la "Maison du Soulagement de la Souffrance" alors qu'elle était encore en construction. Le Père leur donna des critères bien précis et les groupes devaient s'y conformer s'ils voulaient se nommer Groupes de Prière. Ils doivent prier dans une église ou une chapelle, guidés par un prêtre approuvé par son évêque. Deux points forts animent l'esprit de ces règles : prier avec l'Eglise, pour l'Eglise, dans l'Eglise avec la participation à la vie liturgique et sacramentelle vécue comme le sommet de la communion intime avec Dieu et pratiquer une charité active pour le soulagement des souffrances, comme réalisation pratique de la charité envers Dieu. Actuellement, ils ont au nombre de 2187, dont 1807 en Italie, 65 aux USA et 56 en France.

Prêtre glorifié pour l'éternité

22 septembre 1968, le premier prêtre stigmatisé célèbre sa dernière Messe au cours de laquelle on put constater le commencement de la disparition des stigmates. C'est le grand miracle final pour le Frère stigmatisé du Gargano. La mission que le Seigneur lui a confiée pendant cinquante longue années s'achève. En réalité, il est en train de mourir, il prend congé du monde. Jésus l'a privilégié avec les signes de sa Passion, il le rappelle à Lui et Il reprend ses douloureux dons célestes, laissant à l'homme seulement les chairs intactes de l'existence humaine ordinaire. Vers deux heures du matin dans la nuit du 22 au 23, il se blottit avec sérénité et foi dans les bras du Père. Jusqu'au 26 à midi la foule vint rendre un dernier salut à la dépouille vénérée du défunt. Vers 15h30 une foule de plus de 100000 personnes se dirige de l'église vers le village et se déroule à travers les rues principales : ce n'était pas l'enterrement, c'était le triomphe du Padre Pio. Dans le monde beaucoup reprennent confiance grâce à ces paroles : " Je pourrai beaucoup plus pour vous au Ciel que sur la terre !.

Telle fut la vie de ce mystique, prêtre stigmatisé et prophète, qui fut persécuté comme le Fils de Dieu le fut. Mais par-delà les calomnies, il est réconfortant de constater que l'Eglise reconnaît et proclame au monde ce que Dieu a fait par l'humble capucin. L'Abbé René Laurentin (3) remarque : " Cela est signe d'espérance pour d'autres mystiques, d'autres prophètes qui aujourd'hui souffrent encore d'un jugement prudemment réducteur qui les voue à la diffamation en les réduisant au slogan facile qui a discrédité la Padre Pio en 1923 "Rien de surnaturel". Cette formule conventionnelle signifie seulement : le surnaturel n'est pas prouvé pour les enquêteurs, qui d'ailleurs ne produisent ni les faits ni leurs raisons. Mais pour la presse et le public, ce verdict négatif est compris comme une disqualification voire une condamnation "..

Avril 1947, Karol Wotjila, jeune prêtre polonais visite Padre Pio. Il s'était confessé à lui et avait participé à sa Messe. Devenu Cardinal Archevêque de Cracovie, il revint le 10 novembre 1974, célébrer la Messe dans la crypte devant le tombeau du Padre Pio. Nommé Pape sous le nom de Jean-Paul II, il se rendit à nouveau à San Giovanni Rotondo le 22 mai 1987 et déclare : " Dieu a versé dans cette âme la grâce d'une profonde compassion des pauvres, de ceux qui souffrent, de ceux qui sont dans le besoin. Il nous invite tous, surtout nous les prêtres à l'aider dans cette mission de charité ".

Padre Livio est l'actuel gardien du Couvent de San Giovanni Rotondo, selon lui : " Beaucoup sont restés en dehors du vrai message et n'ont pas compris l'amour qui brûlait son cœur. L'amour n'est jamais banal. Que le Seigneur nous ait aimés jusqu'à donner sa vie, qu'il nous ait associés à la rédemption de l'humanité, cela reste une bonne nouvelle toujours actuelle. Nous connaîtrions mieux ce que signifie l'offrande de soi si nous comprenions jusqu'où va l'amour. Aimer passionnément les hommes, désirer leur salut, suppose le don de soi. Quant à la souffrance, l'humanité en est marquée de mille manières. Ici, nous rencontrons des gens qui souffrent physiquement, moralement, spirituellement. Ils reconnaissent en Padre Pio un ami, quelqu'un qui peut les comprendre. Dans sa vie, il a connu la souffrance, il a partagé les douleurs des autres. Cela explique sa popularité universelle et le nombre sans cesse croissant des pèlerins. Ils viennent se décharger de leurs épreuves, alléger leur croix. Padre Pio n'a pas chercher la souffrance, il ne l'a pas fuie non plus, il en fait une offrande. C'est son exemple et son message. "

Une affluence en constante progression

Le nombre de pèlerins à San Giovanni Rotondo ne cesse d'augmenter d'année en année : 5 millions en 1994 ; cinq millions et demi en 1995 ; 6 millions en 1996 et 7 millions en 1997. Pour le Jubilé de l'an 2000, ce ne sont pas moins de 10 millions qui sont attendus. Pour faire face à cet afflux croissant, un nouveau sanctuaire est en construction. Édifice moderne, conçu par l'architecte Renzo Piano, il pourra accueillir 7000 personnes à l'intérieur et 30000 pèlerins sur le parvis. La façade de l'édifice sera en verre, paroi qui ne séparera pas mais connectera l'extérieur avec l'intérieur. Ainsi les fidèles se trouvant sur le parvis pourront suivre ce qui se passera à l'autel. En sous-sol, il y aura une crypte pouvant abriter 800 personnes, crypte dans laquelle sera transféré le tombeau de P. Pio. Y seront en outre aménagées trois grandes salles de conférences de 1000 places chacune. S'y trouvera également la vaste pénitencerie, c'est à dire l'espace réservé aux confessionnaux dont le nombre (soixante-dix) est bibliquement symbolique.

San Giovanni n'était qu'un pauvre petit village de campagne en 1918, c'est aujourd'hui une ville de 26000 habitants, avec une dizaine de banques, une vingtaine d'hôtels et près d'une centaines de restaurants et bars, sans compter les commerces d'objets de piété et de souvenirs. En 1998, les hôtels ont enregistré plus de 200000 nuitées. En vue de l'an 2000, l'autorité communale espère faire passer le nombre de lits disponibles de 2000 à 6000. Dans une région aussi pauvre et ravagée par un chômage chronique que celle des Pouilles, le boom économique de San Giovanni Rotondo est particulièrement bienvenu.

Par cette béatification, l'Eglise nous montre que la sainteté contient l'énergie du renouveau, toujours nécessaire pour chacun et l'ensemble des croyants. Padre Pio disait : " Il est difficile de devenir un saint, mais non pas impossible ". L'Eucharistie, le Pardon, la Parole, la prière, la méditation l'attachement filial à la Vierge Marie, sont les moyens qu'il a mis sans cesse en pratique pour avancer sur la route de la sainteté. Le 2 mai 1999, l'Eglise catholique a proclamé dans la joie, la sainteté de cet enfant de Dieu. L'évènement précède la grande Fête du Jubilé de l'an 2000 - actualisant pour le passage d'un millénaire à l'autre la présence du Christ ressuscité - une fête où le vénérable Padre Pio de Pietrelcina se réjouira avec toute l'Eglise, de l'événement qui a définitivement changé le but ultime de l'histoire de l'humanité.

Jean-Louis Bru.

Bibliographie :

·         "Padre Pio, transparent de Dieu", Jean Derobert. Editions Hovine

·         "Fioretti de Padre Pio", Pascal Cataneo. Editions Médispaul.

·         "Padre Pio, une pensée par jour !, Médiaspaul.

·         Revue "La Voix de Padre Pio", éditée par le Couvent des Pères Capucins " Santa Maria delle Grazie" 71013 San Giovanni Rotondo (FG) Italie.

·         Padre Pio, image vivante de Jésus, Jean Barbier. Editions du Parvis.

·         Album Padre Pio, texte de D. Alimenti. Editions du Parvis.

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