16 février 1940

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Débuts des hostilités en Norvège

 De la "drôle de guerre" à la campagne de France:

1er septembre 1939: la Wehrmacht envahit la Pologne

3 septembre 1939: l'Angleterre puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne

16 février 1940: Début des hostilités en Norvège

12 mars 1940: la Finlande cesse de résister à l'URSS, alliée de l'Allemagne

21 mars 1940: Paul Reynaud remplace Edouard Daladier à la tête du gouvernement français

10 mai 1940: Hitler envahit la Belgique et la Hollande; à Londres, le Premier ministre Chamberlain est remplacé par Churchill

14 mai 1940: les blindés allemands font une percée foudroyante à Sedan et prennent les Alliés en tenaille

19 mai 1940: Maxime Weygand prend le commandement des armées françaises

24 mai 1940: les troupes allemandes interrompent leur progression vers Dunkerque

26 mai 1940: entretien entre Churchill et Reynaud à Londres

26 mai 1940: entretien entre Churchill et Reynaud à Londres

27 mai 1940: Léopold III se résigne à capituler

27 mai-5 juin 1940: embarquement des troupes anglo-françaises à Dunkerque

14 juin 1940: les Allemands entrent à Paris

16 juin 1940: Philippe Pétain devient le chef du gouvernement et demande les conditions d'armistice et de paix

18 juin 1940: appel du général de Gaulle

22 juin 1940: signature de l'armistice à Compiègne

25 juin 1940: sonnerie du cessez-le-feu; la campagne de France est finie



Les opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale

 

Le 16 février 1940 au soir, un destroyer britannique pénètre dans un fjord de Norvège et arraisonne l'Altmark, un navire allemand qui s'y était réfugié avec à son bord 299 prisonniers anglais.

Les prisonniers sont délivrés à la grande satisfaction du Premier Lord de l'Amirauté, le ministre de la marine de guerre, qui n'est autre que Winston Churchill (66 ans).

Il s'agit du premier coup d'éclat des Britanniques depuis leur entrée en guerre officielle contre l'Allemagne de Hitler, le 3 septembre 1939.

Après avoir dénoncé en vain pendant sept ans la menace hitlérienne, Churchill a été récompensé de son opiniâtreté par le portefeuille de la Royal Navy, celui-là même qu'il détenait au début de la... première guerre mondiale.

Agir ou ne pas agir?


Le Premier ministre du gouvernement a nom Neville Chamberlain. Il a cédé devant Hitler à la conférence de Munich et continue, même après la déclaration de guerre, de préconiser l'«apaisement».

Ce n'est pas le cas de Churchill qui, à défaut de pouvoir agir sur le Continent, a l'idée de priver l'Allemagne de ses approvisionnements en minerai de fer suédois, essentiels au bon fonctionnement de son industrie.

Le minerai du gisement de Kiruna, en Laponie, est transporté par chemin de fer jusqu'au port norvégien de Narvik.

Churchill suggère de miner la côte de la Norvège pour empêcher les navires allemands de charger le minerai.

Sa proposition est d'abord rejetée par ses collègues. Le ministre des Affaires étrangères, lord Halifax, partisan de l'«apaisement», objecte non sans raison que la Norvège est neutre.

Mais le 30 novembre 1940, l'URSS, alliée de l'Allemagne, attaque la Finlande.

Soucieux de soutenir ce petit pays ainsi que de protéger la Suède, les Français et les Anglais se rangent à l'idée d'une intervention en Norvège. 

Ils vont même plus loin que Churchill en préconisant une attaque terrestre contre les ports norvégiens et même une occupation des mines suédoises,... sous réserve de l'assentiment des gouvernements concernés!

Plusieurs semaines s'écoulent en vaines discussions, le roi de Norvège Haakon IV n'étant pas lui-même disposé à accueillir des soldats anglais.

En ordonnant à sa marine d'arraisonner l'Altmark dans les eaux norvégiennes, Churchill veut mettre fin aux atermoiements du Cabinet de guerre britannique.

Mais Hitler, de son côté, a été piqué au vif par le coup de force et a pris secrètement la décision d'attaquer de son côté la Norvège.

Prenant de vitesse le corps expéditionnaire franco-britannique, les parachutistes allemands se jettent le 9 avril sur les ports norvégiens.

Le corps expéditionnaire tente néanmoins de remplir sa mission. Mais il n'est plus question de miner la côte ni de secourir la Finlande.

Celle-ci a dû rendre les armes le 11 mars face aux Soviétiques, provoquant à Paris, dix jours plus tard, la chute du gouvernement d'Edouard Daladier et son remplacement par Paul Reynaud.

L'échec des Alliés est bientôt patent. Au début mai, la Chambre des Communes désavoue le gouvernement et contraint Chamberlain à la démission, en évitant soigneusement d'accuser Churchill de quoi que ce soit.

Chacun sent que la situation exige un chef de guerre résolu et Churchill est de toute évidence celui-là.

Il est nommé Premier ministre le 10 mai, le jour de l'offensive allemande contre la Belgique. Il pourra désormais faire la guerre sans compromis ni atermoiements.

 

Mise à jour le 24 février 2003